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Polémique : le roman star de la rentrée a-t-il été écrit par une IA ?

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: Quelques heures après son prix du Roman Fnac, « C’était ça ou mourir » est accusé d’avoir été en grande partie rédigé par IA.

C’est le genre de polémique qui allait fatalement arriver sur la table. Lundi 21 septembre 2026, Thélyson Orélien reçoit le prix du Roman Fnac pour C’était ça ou mourir, son premier roman, paru chez Grasset le 19 août en France. Le livre raconte l’odyssée d’un professeur haïtien contraint de quitter Port-au-Prince pour traverser les Amériques. Ses droits ont été cédés dans plus d’une vingtaine de pays, et il figure dans les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina, du Médicis et du prix Décembre. Un success-story qui vient d’être entachée par des accusations très actuelles.

Écrit par une IA ou pas ?

Le soir même, un compte X anonyme, publie une série de messages, affirmant que le roman est rédigé « presque intégralement » par une intelligence artificielle. À l’appui : plusieurs extraits soumis à Pangram, un détecteur américain de textes générés par IA, qui estime la paternité de la machine à quasiment 100 %. L’auteur canado-haïtien de 38 ans a répondu mardi chez nos confrères de Libération, et dément catégoriquement l’usage de l’IA dans son livre. Il explique notamment que « le logiciel est habitué aux traditions littéraires françaises », et que son manuscrit aurait été rédigé entre 2017 et 2019, bien avant la démocratisation de l’IA générative. Dans un communiqué, la maison d’édition Grasset a réaffirmé sa « confiance absolue » et dénonce une campagne de haine.

Une estimation difficile à prouver

Pangram fait partie des détecteurs les mieux notés du marché. L’entreprise revendique un taux de faux positifs de 0,0041 % sur ses tests de référence en anglais, et 14 faux positifs sur 996 273 documents humains antérieurs à 2022. Comme plusieurs autres médias, nous avons refait l’exercice sur certains passages du roman, de longueurs et de natures différentes : Pangram indique bel et bien une correspondance 100 % IA à chaque fois.

Difficile de crier à l’IA générative pour autant. On sait que ce type de logiciel produit régulièrement des faux positifs, et qu’il suffit d’un style jugé “trop proche” des classiques littéraires sur lesquels se basent les algorithmes pour être estampillés comme tels. Les logiciels comme Pangram repèrent une signature statistique mais pas une preuve matérielle. Plus concrètement, il n’y a pas de preuve formelle, rien qui puisse différencier un texte écrit à l’IA d’un texte écrit par un humain qui ressemble à un texte IA. D’autant plus que certains se sont déjà amusés à passer des textes rédigés bien avant l’IA générative dans le logiciel. Le blog Dans le maelström, a soumis vingt textes écrits par l’auteur entre 2010 et 2017, avec un résultat mitigé : quatorze sont jugés entièrement humains, six « mixtes ». La preuve que le détecteur produit bel et bien des faux positifs, puisque ces textes précèdent l’arrivée de ChatGPT.

Le milieu de l’édition va devoir trancher une question qu’il n’a pas vue venir. Faute de protocole, de contradictoire et de standard de preuve, n’importe qui peut désormais peut éclabousser un livre de scandale en l’accusant d’avoir été généré par IA . En l’absence de preuve formelle, impossible à ce stade de faire la lumière sur cette polémique.

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