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La France va simuler un black-out électrique, et plonger tout le pays dans le noir

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Plusieurs ministères, les armées, et les fournisseurs Enedis vont simuler une panne d’électricité à l’échelle nationale. Combien de temps faudrait-il pour tout rallumer ?

Le 28 avril 2025, l’Espagne et le Portugal ont disparu du réseau électrique européen. En quelques secondes, près de 50 millions de personnes se sont retrouvées sans courant ni Internet et, bien souvent, sans moyen de paiement. Huit mois plus tard, une trentaine de parcs éoliens et solaires polonais étaient visés par une cyberattaque en pleine tempête de neige. En marge du catakit de la Croix-Rouge, qui entend nous apprendre à survivre en cas de catastrophe naturelle, la perspective d’une crise énergétique se fait de plus en plus pressante.

Un black-out national pour s’entraîner

L’annonce est passée presque inaperçue en plein été. Le 8 juillet 2026, le Comité interministériel pour la résilience nationale (CIRN) a acté l’organisation d’un exercice majeur baptisé, sans détour, black-out électrique généralisé. Dans son dossier de presse, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) le présente comme un exercice d’une ampleur inédite, destiné à tester la préparation du pays face à une panne géante dans l’Hexagone.

Rassurez-vous, personne ne va réellement couper le courant du pays à l’échelle nationale. L’exercice se tiendra au second semestre 2027 et prendra la forme d’une simulation sur table, où chacun devra réagir comme si la France entière venait de basculer dans le noir. Les particuliers quant à eux, ne seront pas impactés.

Parmi les organismes qui prendront part à la simulation, on retrouve l’administration militaire, plusieurs ministères, les préfectures et les collectivités, mais surtout les deux gestionnaires du réseau : RTE pour les lignes à haute et très haute tension, Enedis pour la distribution des particuliers. L’exercice doit aussi aboutir à un inventaire, classé secret, des menaces et des vulnérabilités du réseau.

Autre point de tension qui sera vérifié lors de l’exercice : l’État veut s’entraîner à communiquer avec la population alors que les réseaux téléphoniques seraient eux-mêmes hors service. Logique : sans électricité, une antenne relais ne tient que quelques dizaines de minutes sur batterie. Au-delà, les notifications FR-Alert, il va falloir apprendre à communiquer autrement.

Le timing n’est pas anodin. La liste des alertes s’allonge : outre les précédents européens, un pylône scié à Villeneuve-Loubet et un poste électrique incendié à Tanneron ont privé 160 000 foyers des Alpes-Maritimes d’électricité l’année dernière. Faut-il pour autant s’attendre à revivre le scénario espagnol ? A priori, RTE est optimiste sur la question : le réseau français est exploité avec des marges plus confortables que ses voisins : la tension y est plafonnée à 420 kV en fonctionnement normal, contre 435 kV côté espagnol.

Il va falloir rallumer la lumière

L’intérêt de l’exercice n’est pas tant de savoir si le pays supporte un black-out que de mesurer ce qui se passe ensuite. Un réseau électrique ne redémarre pas d’un claquement de doigts. Il faut d’abord des centrales capables de démarrer sans aucune source extérieure, puis la capacité de réalimenter le réseau morceau par morceau, en évitant qu’un nouveau déséquilibre ne fasse tout retomber.

Reste à savoir qui viendrait nous aider en cas de coupure générale, et surtout, ce que le gouvernement déciderait de rallumer en premier.  C’est précisément cette hiérarchie que l’État veut éprouver, avant d’avoir à l’improviser pour de vrai. Notez que l’exercice s’inscrit dans une politique d’anticipation plus large. La loi de programmation militaire actualisée crée un état d’alerte de sécurité nationale, un cran en dessous de l’état d’urgence. Côté citoyens, le guide « Tous responsables », publié en novembre 2025, invite chaque foyer à pouvoir tenir 72 heures en autonomie.

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