Le 30 décembre dernier, vers 11h, des centaines de milliers de foyers ont appris que leur dîner du Nouvel An allait coûter quatre fois plus cher que prévu. Four, plaques, radiateurs : tout ce qui tournait entre 6h et 22h le lendemain serait facturé au prix fort. Cette année, EDF veut éviter de renouveler le fiasco.
Tempo enterre le réveillon rouge
Le 21 octobre 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a décidé d’exclure le 24 et le 31 décembre du tirage des jours rouges de l’option Tempo. La règle s’applique dès cet hiver, et elle tombe à pic : en 2026, les deux réveillons tombent un jeudi, deux jours de semaine qui auraient parfaitement pu être tirés en rouge avec les anciennes règles.
Pour rappel, Tempo est une option du tarif réglementé d’EDF, souscrite par environ 880 000 foyers. Son principe est simple : une saison, du 1er septembre au 31 août, compte 300 jours bleus très bon marché, 43 jours blancs et 22 jours rouges hors de prix. Ces derniers ne peuvent tomber qu’entre le 1er novembre et le 31 mars, en semaine et hors jours fériés. Le 25 décembre et le 1er janvier étaient donc déjà protégés, mais pas les veilles de fêtes.
Depuis le 1er août 2026, le kWh consommé en heures pleines un jour rouge coûte 0,7295 €, contre 0,1654 € un jour bleu, soit environ 4,4 fois plus. Pour une maison chauffée à l’électricité qui reçoit du monde, un réveillon rouge peut vite alourdir la facture.
Le vrai chantier, c’est la fin du chaos de mars
L’exclusion des réveillons fait les gros titres, mais elle n’est que la partie la plus visible d’une réforme plus profonde. L’hiver 2025-2026 a mis l’ancien système en défaut. Faute d’avoir écoulé ses jours rouges pendant un hiver relativement clément, RTE a dû en tirer 13 d’affilée en mars 2026 pour atteindre le quota de 22, alors que le réseau n’était pas particulièrement sous tension. La CRE reconnaît elle-même que ce dysfonctionnement a nui à la crédibilité du signal.
Pour éviter un autre fiasco en mars 2027, le tirage est maintenant encadré mois par mois. Au 31 décembre, on comptera exactement 6 jours rouges, dont 3 au plus en novembre. Janvier devient le gros morceau de l’hiver, avec entre 7 et 13 jours rouges. Mars ne pourra plus en accueillir que deux au maximum.
Attention tout de même : si vous êtes assurés de ne pas payer plein pot pour le réveillon, les 24 et 31 décembre ne sont pas garantis bleus pour autant. La décision ne concerne que les jours rouges, et RTE peut toujours y placer un jour blanc. Le kWh en heures pleines grimpe alors à 0,1921 €, soit environ 16 % de plus qu’un jour bleu.
Ensuite, aucun jour rouge n’est supprimé. Le total reste fixé à 22, et le quota de 6 jours rouges avant la fin de l’année doit être respecté. Les deux journées épargnées seront donc simplement tirées ailleurs.