À l’ère du numérique, les stocks sont de plus en plus difficiles à protéger des scalpers. La PS5 Pro n’est déjà pas la console la plus facile à trouver, alors Sony Interactive Entertainment vient de mettre en place un système de candidature particulièrement contraignant pour tenter de s’assurer que ses machines arrivent entre les mains de véritables joueurs plutôt que de revendeurs. Pour acheter une PS5 Pro, il ne suffit plus d’avoir l’argent nécessaire.
Sony demande aux joueurs japonais de prouver qu’ils ont réellement utilisé une PlayStation au cours de ces deux dernières années. Pour pouvoir participer, il faut notamment posséder un compte Sony enregistré au Japon, le relier à un compte My Sony et surtout avoir cumulé au moins 60 heures de jeu sur PS4 ou PS5 entre le 27 septembre 2024 et le 27 septembre 2026.
Surprise, même avec ces 60 heures au compteur, rien ne garantit d’obtenir une console. Si le nombre de candidats dépasse les stocks disponibles, La marque organisera tout simplement un tirage au sort. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 octobre à 23h59, heure japonaise, tandis que les résultats commenceront à être communiqués autour du 26 octobre. Les “gagnants” auront ensuite jusqu’au 2 novembre pour acheter leur PS5 Pro, vendue 137 980 yens au Japon.
Le scalping, c’est quoi exactement ?
Le scalping, c’est lorsqu’une personne achète un produit très demandé en grande quantité ou dès qu’il est disponible, non pas pour l’utiliser, mais pour le revendre beaucoup plus cher. Le phénomène touche régulièrement les consoles, les cartes Pokémon, les billets de concert ou encore certaines éditions limitées. Avec Internet, des revendeurs peuvent utiliser plusieurs comptes, automatiser leurs achats ou surveiller les stocks en permanence pour mettre la main sur les produits avant les consommateurs classiques. Une fois les stocks épuisés, ils les proposent sur des plateformes de revente à des prix gonflés.
C’est précisément ce que Sony cherche ici à éviter. L’entreprise interdit explicitement les candidatures destinées à la revente et prévient qu’elle pourra annuler une commande si elle estime qu’elle est liée au scalping. Un même compte ne peut par ailleurs demander qu’une seule console. L’idée des 60 heures de jeu est assez simple, un compte créé uniquement pour acheter puis revendre une PS5 Pro ne devrait normalement pas avoir deux années d’historique de jeu derrière lui.
Une idée qui risque aussi de poser problème
Sur le papier, la méthode permet effectivement de compliquer la tâche des revendeurs qui créent des comptes à la chaîne. Mais elle soulève aussi plusieurs problèmes. Avoir joué 60 heures à une PlayStation ne signifie pas forcément qu’on souhaite revendre sa console, tout comme ne pas avoir joué 60 heures ne signifie pas qu’on est un scalper. Un joueur peut très bien avoir attendu plusieurs années avant de s’intéresser à la PS5 Pro, posséder une autre console ou simplement avoir peu joué pendant cette période, surtout par manque de sous.
On vit à une époque où tout va beaucoup trop vite. Les revendeurs ont souvent une longueur d’avance sur les dispositifs mis en place pour les arrêter. Les boutiques peuvent ajouter des files d’attente virtuelles, des tirages au sort, des limitations par compte ou des systèmes de vérification. Les scalpers, eux, peuvent ensuite chercher de nouvelles failles, multiplier les comptes ou adapter leurs méthodes.
Il n’y a pas encore de solution vraiment fiable pour s’assurer que les scalpers ne sévissent plus. Mais peut-être celle-ci sera un peu plus efficace que les autres.