Warner et DC Studios veulent rivaliser avec le Marvel Cinematic Universe, mais pas à n’importe quel prix. Alors que les Avengers dominent le box-office mondial et que Doomsday s’annonce comme l’évènement cinématographique de 2026, DC ne se laisse pas faire. Cette année, le studio dirigé par Peter Safran et James Gunn propose deux long-métrages : Supergirl et Clayface.
En streaming, les abonnés HBO Max ont pu poser les yeux sur Lanterns, centrée sur Hal Jordan et John Stewart. Des projets très indépendants, tellement que certains spectateurs se demandent vers où va DC. L’un d’entre eux s’interroge sur Thread. “Creature Commandos, Clayface et la série Lanterns. Quel est le but de tout ça ?”
Une question légitime mais que Gunn balaie, non sans glisser une petite pique à ses concurrents et anciens employeurs. “L’univers DC est simplement un univers alternatif, nous pouvons y entrer à n’importe quel endroit et à n’importe quel moment et raconter CETTE histoire. Je n’aime pas l’idée que les histoires individuelles n’aient de sens que si elles mènent à autre chose. Star Wars fait ça depuis 50 ans à travers les films, les séries, les jeux et les livres, même s’il faut l’avouer, le ton est moins varié”.
Il ajoute que Superman : Man of Tomorrow a beau faire intervenir d’autres personnages du DCU, comme John Stewart et ou Guy Gardner, “cela ne signifie pas que ces autres histoires servent uniquement à préparer le terrain pour les événements qui se déroulent ici. J’aimerais que les gens aillent voir Clayface parce que c’est un excellent film d’horreur divertissant en soi, et non pas en fonction des apparitions de Gueule d’Argile dans les trois prochains films”.
La bonne stratégie ?
Si James Gunn met en avant cette manière de concevoir sa saga, c’est qu’il a été à bonne école. Le réalisateur des Gardiens de la Galaxie a lui-même été entravé par la continuité du MCU et en particulier pour le troisième volet de sa saga portée par Chris Pratt et Zoe Saldana. Après avoir introduit Adam Warlock dans une scène post-crédits, James Gunn a été viré après que de vieux tweets satiriques aient été déterrés. Il n’a donc pas pu exploiter le personnage comme il se doit, il a dû attendre Endgame pour enfin revenir chez Marvel et continuer sa licence.
Maintenant à la tête de DC, il semble vouloir laisser aux réalisateurs une plus grande liberté de mouvement. Chaque projet peut avoir son identité propre, son approche et son indépendance. Une manière de vraiment explorer plusieurs genres (l’horreur ou la comédie) et surtout de ne pas noyer le public sous une continuité difficile à appréhender.
À quelques semaines de la sortie d’Avengers : Doomsday, certains s’inquiètent déjà de découvrir un film dont ils ne comprendront pas les tenants et les aboutissants. Il faut dire que le film des frères Russo est une continuité à des films comme Endgame, Shang-Chi et la légende des dix anneaux ou encore X-Men ainsi qu’à des séries comme Loki. Chez DC, vous pourrez visiblement prendre le train en cours de route, voir Clayface (notre critique) sans avoir vu Superman ou Supergirl et même découvrir Batman : The Brave and the Bold sans suivre les aventures de Matt Hagen.