Rejoindre une gare sans prendre sa voiture, rentrer du métro ou se déplacer quand marcher devient difficile : les robotaxis envisagés à Clichy auraient des missions assez ordinaires. Leur particularité serait de pouvoir, à terme, les assurer sans conducteur. Le partenariat présenté il y a quelques jours réunit la municipalité, G7, G7 Taxi Services et Milla, une entreprise française établie à Meudon. Ils souhaitent répondre à l’appel à manifestation d’intérêt européen ADACities. La démarche reste exploratoire : ni la mise en service ni sa date ne sont annoncées.
Des voitures autonomes, avec un chauffeur
Les premiers clients ne seront pas seuls dans l’habitacle. Un chauffeur de taxi les accompagnera systématiquement, comme le prévoit la municipalité. Une exploitation sans opérateur embarqué nécessite de respecter les exigences réglementaires et d’apporter les preuves de sécurité indispensables. Le projet vise une autonomie dite de niveau 4. Derrière cette appellation se cache une capacité bien délimitée : le véhicule peut assurer la conduite lui-même, mais dans un périmètre et des circonstances déterminés.
Milla possède déjà une expérience concrète sur l’A10. Ses deux navettes électriques transportent des volontaires entre Longvilliers et Massy-Palaiseau depuis le mois de mars. VINCI Autoroutes faisait état, fin septembre, de plus de 40.000 kilomètres effectués en autonomie et de près de 150 volontaires transportés.
Ce bilan ne vaut toutefois pas validation pour les rues de Clichy. Sur l’autoroute, les navettes empruntent un parcours connu, elles bénéficient d’équipements connectés et conservent un opérateur à bord. Un service urbain à la demande devra gérer d’autres situations, des livraisons aux changements de circulation.
Chacun apporte sa spécialité : Milla les véhicules et la conduite automatisée, G7 l’organisation des courses et le service aux clients. La municipalité doit s’assurer que l’offre répond aux besoins locaux, notamment autour de la ligne 14 et de la gare de Clichy-Levallois. Quelques véhicules seraient mobilisés au départ. Les partenaires envisagent ensuite de desservir les communes alentour et La Défense, avec jusqu’à 100 robotaxis en 2030. Une perspective, donc, qui dépendra des étapes précédentes.
Les habitants doivent être informés et associés avant le déploiement. Le cadre réglementaire reste lui aussi à préciser : le ministère des Transports prévoit une doctrine d’homologation au premier semestre 2027. L’équation économique n’est elle aussi pas encore réglée. Avec un professionnel dans chaque taxi, l’autonomie ne permet pas encore d’économiser sa présence. Avant de commander une course sans chauffeur, il faudra déjà voir comment fonctionne le service avec lui.