Pas de grand show retransmis en direct, pas de nouvelle promesse fracassante, simplement quelques dizaines de voitures dorées et un service qui commence, pour l’instant, à très petite échelle.
- Tesla a lancé discrètement son Cybercab à Austin, un robotaxi sans volant ni pédales, après deux ans de développement.
- Le service débute avec une flotte limitée de 45 véhicules, dans un cadre réglementaire encore en évolution.
- Malgré des ambitions initiales élevées, le déploiement du Cybercab ressemble davantage à une expérimentation qu’à une révolution des transports.
Le Cybercab est enfin en service
Tesla a organisé jeudi 3 septembre un événement privé à Austin pour marquer le lancement du Cybercab. La soirée, accessible sur invitation, réunissait notamment des influenceurs et des utilisateurs du service Robotaxi. Contrairement aux habitudes de la marque, l’événement n’a pas fait l’objet d’une présentation publique retransmise en direct, et Elon Musk n’était même pas présent.
Mais cette fois, le Cybercab n’est plus seulement un prototype. Le véhicule a rejoint le service Robotaxi de Tesla et les premières courses ont débuté dans des zones limitées d’Austin. Les trajets sont commandés depuis l’application de la marque, même si le client ne peut pas nécessairement choisir le Cybercab car l’attribution dépend notamment de la disponibilité des véhicules.
Tesla avait déjà lancé son service de robotaxi dans la ville en juin 2025, mais avec des Model Y adaptés à la conduite autonome. Le Cybercab représente donc une étape supplémentaire car il a été conçu dès le départ pour fonctionner sans conducteur humain. Et la flotte reste pour le moment particulièrement modeste. Les registres texans faisaient état de 45 Cybercab et de centaines de Model Y autorisés à participer au service. Au 4 septembre, le nombre total de véhicules autonomes enregistrés par Tesla au Texas atteignait environ 420, dont toujours 45 Cybercab.
Une voiture sans volant, pensée comme un taxi
Le Cybercab conserve la silhouette de coupé doré présentée en octobre 2024, avec ses portes papillon et son habitacle réduit à deux passagers. Mais la principale curiosité est évidemment ailleurs puisqu’il n’y a ni volant ni pédales. Tesla explique que le véhicule repose sur son système de vision par caméras et sur son logiciel de conduite autonome pour se déplacer dans les rues, les intersections ou encore les parkings. La voiture dispose également d’un grand écran central de 22 pouces destiné aussi bien au suivi du trajet qu’au divertissement. Son coffre peut accueillir deux valises de soute et deux bagages cabine.
L’idée est donc assez différente d’une Tesla classique équipée du Full Self-Driving. Ici, aucune commande permettant à un occupant de reprendre la conduite n’est prévue. Tesla fait ainsi le pari d’un véhicule entièrement consacré au transport autonome. L’autre choix technique important concerne les capteurs. Tesla privilégie une architecture basée sur les caméras et le traitement logiciel, sans LiDAR, contrairement à Waymo, qui combine caméras, radars et LiDAR sur ses robotaxis. Cette différence d’approche est l’un des débats récurrents autour de la stratégie de conduite autonome de Tesla.
Le lancement tombe au moment où la réglementation évolue
Le dossier réglementaire est toutefois plus subtil que ne le laisse penser la simple absence de volant. La réglementation américaine est justement en train d’évoluer pour tenir compte des véhicules conçus exclusivement pour la conduite automatisée. En juin, la NHTSA a lancé une procédure visant notamment à supprimer l’obligation d’une pédale de frein manuelle pour certains véhicules conçus pour fonctionner uniquement avec un système de conduite automatisée.
Mais Tesla n’échappe pas pour autant au contrôle des autorités. Au lendemain du lancement, la NHTSA a indiqué examiner le déploiement du Cybercab et être en contact avec Tesla. L’agence cherche notamment à déterminer comment le véhicule se conforme aux différentes normes fédérales de sécurité, compte tenu de l’absence de commandes de conduite traditionnelles et même de rétroviseurs.
Le lancement texan ne signifie donc pas que toutes les barrières réglementaires ont disparu. Il montre plutôt que Tesla a trouvé un cadre lui permettant de commencer à exploiter le véhicule dans un périmètre limité, pendant que le cadre fédéral continue lui-même d’évoluer.
La production de masse attendra encore
C’est probablement là que le contraste avec les annonces de 2024 est le plus frappant. Tesla avait présenté le Cybercab comme un véhicule appelé à transformer le transport individuel et avait évoqué un prix inférieur à 30 000 dollars. Deux ans plus tard, le véhicule commence effectivement à transporter des passagers, mais dans une flotte qui se compte encore en dizaines.
Le premier exemplaire de production est sorti de la Gigafactory Texas en février 2026 et Tesla a confirmé au printemps le démarrage de sa production. Mais dans sa communication financière du deuxième trimestre, publiée le 22 juillet, l’entreprise a abandonné la formulation annonçant une production en volume dès 2026. Tesla expliquait alors vouloir encore augmenter sa capacité de production de batteries, notamment autour des cellules 4680, avant de pouvoir accélérer véritablement les volumes.
Pourtant, en octobre 2024, le Cybercab était présenté comme le symbole d’une nouvelle ère pour Tesla. En septembre 2026, il est bien réel, mais son déploiement ressemble encore davantage à une expérimentation grandeur nature qu’à une révolution des transports.
Tesla a enfin son robotaxi. Maintenant, il faut le faire rouler
Le Cybercab franchit malgré tout une étape importante pour Tesla. Pour la première fois, la marque exploite commercialement un véhicule conçu dès l’origine sans conducteur humain ni commandes permettant de reprendre la main.
Mais le lancement montre aussi le chemin qu’il reste à parcourir. Une flotte de 45 Cybercab au Texas, une zone de circulation limitée et une production qui ne devrait pas atteindre immédiatement les volumes promis dessinent un démarrage beaucoup plus prudent que le discours tenu lors de la présentation de 2024. Tesla a finalement réussi à faire rouler son taxi sans volant, mais il reste maintenant à savoir combien elle sera capable d’en faire rouler.