Critique

[Alors, on regarde ?] Legion, la série qui bouscule les codes des super-héros

Série

Par Pierre le

Première série X-Men produite par Marvel et la Fox, Legion s’est lancée dans le grand bain cette semaine sur la chaîne FX. Créée par Noah Hawley, déjà derrière l’excellente série Fargo, Legion casse les codes super-héroïques en nous contant une histoire intéressante et surtout magistralement mise en scène.

Legion 3

Avant de commencer, il faut signaler que cette série ne s’inclut pas dans le Marvel Cinematic Universe, puisqu’elle est tirée d’une licence X-Men. Mais elle ne s’intègre pas non plus dans l’univers mutant au cinéma, puisque la série cherche avant tout à mettre en place son propre univers.

Dans l’antre de la folie

Legion nous fait suivre David Haller. Si dans les comics d’origine, Haller est le fils du professeur Xavier, rien ne semble l’indiquer dans la série. David, donc, est un jeune homme à problèmes. Diagnostiqué schizophrène, il est enfermé dans un asile psychiatrique, gavé de pilules et coupé du monde extérieur. Mais notre héros n’entend pas seulement des voix. Il est également à l’origine de phénomènes inexpliqués et dévastateurs.

Certaines séquences reprennent une esthétique très 70's
Certaines séquences reprennent une esthétique très 70’s

Legion n’est pas une série de super-héros. Ce n’est même pas une série sur les super-héros. En réalité, elle prend à contre-pied le spectateur en offrant un thriller qui nous amène au bord de la folie. Une histoire sur plusieurs strates qui joue avec la réalité ainsi que les perceptions du héros (et du spectateur).

Par exemple, les différentes séquences se superposent et ne sont pas montrées dans l’ordre chronologique, afin de mieux jouer sur la perte des perceptions de David. Plus, l’idée brillante est de donner aux différents fils entremêlés une esthétique différente. Alors qu’une séquence offre un look très 70’s, une autre nous plonge dans un univers futuriste froid et inquiétant.

David va faire une étrange rencontre à l'asile
David va faire une étrange rencontre à l’asile

Une mise en scène qui fait douter le spectateur. Tout cela est-il réel ? Un souvenir corrompu, inventé ? Les pouvoirs de David sont-ils réels ou le fruit de son imagination ? Un parti pris qui tranche avec les aventures très premier degré de nos héros en collants. D’ailleurs, le génie de la mise en scène ne s’arrête pas là. Noah Hawley, qui a officié en tant que réalisateur sur le pilote, enchaîne les bonnes idées dans toutes les situations, que ce soit dans les transitions, le montage ou la représentation de la folie. Notons également une bande-son aux petits oignons ainsi que des dialogues ingénieux et vous avez une série très intéressante.

Verdict

Le pilote de Legion se montre très réussi. Série de super-héros qui n’a que son statut d’adaptation pour le justifier, ce premier épisode pourrait même être considéré comme une oeuvre isolée tant il est maîtrisé du début à la fin. Lui reste maintenant qu’à confirmer, mais il faudra attendre le deuxième épisode, la semaine prochaine, pour voir si la série tiendra son propos.