Initialement prévue à l’automne dernier, c’est au cœur du printemps que Mortal Kombat 2 a finalement décidé de se poser dans nos salles obscures. Cette suite a un visage, celui de Johnny Cage, l’un des personnages les plus charismatiques de la licence vidéoludique, pourtant grand absent du film de 2021. Cette fois, l’homme aux lunettes noires est bien là et c’est Karl Urban, Mr Pop Culture (il a joué dans tous les grands univers et presque pour toutes les grandes licences) qui est en charge de lui prêter ses traits.
Billy Butcher au service de Mortal Kombat
Un choix loin d’être surprenant tant l’acteur néo-zélandais joue les caméléons depuis le début de sa carrière, jouant aussi bien les gentils que les méchants avec une facilité déconcertante. Surtout, Karl Urban semblait tout désigné pour jouer ce personnage sur le déclin, vestige d’un cinéma d’action que le public a depuis longtemps boudé ou oublié pour le ranger dans la catégorie du rétro sympa mais pas plus. Son incarnation de Billy Butcher, un aigri, blasé, imbu de sa personne et totalement obnubilé à l’idée de faire tomber les Supers en général dans la série The Boys et le Homelander en particulier, a forcément aidé, tout comme elle a assis un peu plus sa popularité auprès du grand public.

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas par son acting que l’acteur va briller dans Mortal Kombat 2. Mais il fait bien ce qu’on lui demande et cela vaut pour tous les autres incarnants de ce film, dont les qualités ne sont pas – forcément – à remettre en cause – mais plutôt la direction qui leur a été imposée ainsi que les dialogues qui sont les leurs. Mortal Kombat 2 n’est pas là pour verser dans la poésie et contrairement au premier, il n’est plus question de chercher à étendre ou accrocher les wagons du lore existant dans le jeu vidéo par une branche originale.
Back to basics : le tournoi et les combats avant tout
Hier figure de proue du projet en 2021, Cole Young est aujourd’hui un défenseur de la Terre comme un autre et l’histoire ne tourne plus autour de lui. D’ailleurs, en se basant plus fidèlement sur l’univers du jeu cette fois, les scénaristes n’ont pas eu besoin de ses services pour intégrer Scorpion dans les débats. Une sorte de désaveu en quelque sorte pour le personnage joué par Lewis Tan, mais qui répond aussi à une forme de logique tant l’intrigue autour de ce dernier n’avait pas convaincu grand monde et encore moins les fans de la licence, tout de même les premiers visés par le projet.
L’idée, cette fois, c’est de se recentrer sur les éléments de base : un tournoi mortel donc — on ne l’a vraiment pas fait exprès — tournant autour d’un enjeu simple : protéger la Terre du joug tyrannique de Shao Kahn. Rassemblés autour de Raiden, les plus grands champions terrestres doivent donc livrer une série de combats contre les meilleurs combattants de Shao Kahn. L’équipe ayant remporté le plus d’affrontements l’emporte.
Kitana superstar, Johnny Cage beaucoup moins
Si c’est le clan de Shao Kahn, la Terre sera alors à lui et la planète bleue perdue à jamais. C’est en revenant et en se concentrant sur ce pitch que Mortal Kombat 2 oriente son récit. C’est ainsi que le film s’intéresse de près à Kitana, la combattante aux éventails acérés, victime de la domination conquérante de Shao Kahn et contrainte de combattre sous ses ordres.

Le passé du personnage est exploré, de même que son passé avec Jade. Plus finalement que ne l’est, de l’autre côté, celui de Johnny Cage. Si ce dernier est tout de même mis en avant, ses motivations profondes sont clairement passées au second plan et son implication dans le conflit finalement résolue en un coup de cuillère à pot. On sent bien que Karl Urban est avant tout là pour faire du Billy Butcher sur grand écran, claquer quelques vannes et envoyer deux-trois coups de pied où on pense pour donner le change. On n’ira pas jusqu’à dire que son personnage est sacrifié. Mais il n’est pas aussi important et central que promis (prévu ?) et c’est forcément un peu dommage.
Des références en pagaille pour un film spectaculaire, jouissif et sans pitié
En revanche, Mortal Kombat 2 est bien plus fidèle au produit source que ne l’était le premier film. Moins d’histoire en soi (ou plus du tout d’intrigue originale) pour se concentrer sur les préceptes de base. De la violence, du combat, du spectacle et des mises à mort toujours aussi gores et jouissives à regarder, comme si le spectateur avait la manette entre les mains pour les réaliser lui-même. Et pour assurer l’immersion, les clins d’œil et les easter eggs ne manquent pas.

Un coup c’est le créateur du jeu lui-même, Ed Boon, qui joue les figurants pour donner la réplique à Karl Urban. Un autre moment, c’est l’acteur lui-même qui se fend du coup de poing tout droit grand écart, geste signature de Johnny Cage lors de son combat contre Baraka. Et quand il s’agit d’offrir un deuxième round à Scorpion et Sub-Zero, c’est dans une autre version que les deux personnages reviennent, notamment le deuxième, dans la peau de Noob Saibot, au look très proche de celui qu’il adopte dans les dernières versions du jeu vidéo. Le fan service est là et suffisamment distillé en moins de deux heures pour être efficace. Ajoutez à cela une quantité de morts non négligeable — et pas des moindres —, un très grand combat au milieu de l’histoire et une fin appelant clairement un troisième volet, on obtient un résultat efficace, à défaut d’être parfait.
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