Critique

Critique : Agents presque Secrets

Cinéma

Par Mathieu le

Demain sort sur nos écrans un certain Agents presque secrets, réalisé par Rawson Marshall Thurber (à qui l’on doit notamment Les Miller, une famille en herbe) et surtout porté par le duo Kevin Hart-Dwayne Johnson. Une comédie d’action qui se définit comme burlesque et dynamique, un cocktail qui pourrait faire plaisir en cette fin d’été. Mission réussie ?

Mitraillette de blagues

CENTRAL INTELLIGENCE

L’histoire d’Agents presque secrets est assez simple. Un ancien geek devenu agent d’élite à la CIA (Dwayne Johnson), revient chez lui à l’occasion de la réunion des anciens du lycée dont il était à l’époque le souffre-douleur. Se vantant d’être sur une affaire top secrète, il recrute alors pour le seconder l’homme le plus populaire de sa promo d’alors (Kevin Hart), aujourd’hui comptable désabusé. Avant même qu’il ne réalise ce dans quoi il s’est embarqué, il est trop tard pour faire marche arrière. Le voilà propulsé sans autre cérémonie par son nouveau “meilleur ami” dans le monde du contre-espionnage où, sous le feu croisé des balles et des trahisons, les statistiques de survie deviennent bien difficile à chiffrer, même pour un comptable.

C’est donc de ce concept de retrouvailles qu’est né le film. Le long-métrage présente deux protagonistes aux passés différents, chacun ayant connu des fortunes diverses durant leur jeunesse, mais se retrouvant pour mener à bien une mission. On découvre donc avec le sourire aux lèvres la composition du duo Hart-Johnson qui fonctionne à merveille et qui mêle agréablement deux personnalités totalement opposées. Les blagues s’enchainent les unes après les autres, certaines fonctionnant parfaitement, d’autres tombant quelque peu à l’eau. On frise d’ailleurs parfois l’overdose tant le long-métrage repose essentiellement sur un ton gras, touchant même du doigt une lourdeur gênante. Heureusement, on peut tout de même assister au show assuré par Dwayne Johnson, drôle et touchant dans son rôle de Monsieur Muscule un peu niais et Kevin Hart, toujours aussi hyperactif.

Malheureusement, les personnages principaux n’arrivent pas à faire oublier la faiblesse du scénario, qui se perd parfois en route à vouloir nous proposer un rythme effréné ne diposant d’aucun moment marquant. Certes, les scènes d’action sont, bien produites et fidèlement retranscrites, mais le spectateur n’arrive jamais à pleinement se focaliser sur ce qui se trame devant lui tant tout est trop gros et masqué par les vannes balancées ici et là par Kevin Hart. L’humoriste de 37 ans se montre trop généreux à toujours vouloir faire rire, la crédibilité du film en patissant sur la durée. On s’ennuie finalement parfois à chercher une logique face aux différentes scènes qui s’enchaînent devant nous.

CENTRAL INTELLIGENCE

Dans tout ce méli-mélo, Dwayne Johnson s’en sort quant à lui, remarquablement bien. Proposant une partition juste dans son rôle d’ancien obèse rejeté par ses camarades devenu une montagne de muscles, il prouve à quel point il peut parfois aussi être plus drôle que badass. Notons enfin les participations, brèves, de Jason Bateman et de Aaron Paul, sympas, sans pour autant être totalement marquantes.

Conclusion :

Parfois drôle, mais souvent ennuyant, Agents presque secrets n’est pas une franche réussite. À force de trop vouloir mélanger action, suspense et humour, le réalisateur de “Les Miller, une famille en herbe” oublie le principal : raconter une bonne histoire. Dommage, car son duo d’acteur stars avait un véritable potentiel et certaines idées rafraîchissantes auraient pu faire la différence.