Critique

Critique : Ant-Man – Un film fourmidable

Cinéma

Par Pierre le

Un miracle. Ant-Man est un miracle. Après une production longue, chaotique (Le réalisateur Edgar Wright ayant été débarqué quelques semaines avant le tournage au profit de Peyton Reed), le film sort enfin dans les salles. En plus d’être un bon Marvel, Ant-Man est un film très réussi, tout simplement. Et ça, c’est miraculeux.

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Critique garantie sans spoilers

Adapter Ant-Man au cinéma ? Pari risqué. Très risqué. Mais Marvel Studios n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne les adaptations jugées impossibles, preuve en est Les Gardiens de la Galaxie. Ant-Man est un personnage très important dans l’écurie du studio, néanmoins, son application à l’écran semblait moins évidente. Le génie du studio sur ce coup ? Assumer à fond le côté décalé du personnage par rapport au monde réel, ce que fait Peyton Reed avec brio.

“Ant-Man ? Sérieusement ?”

Comme Les Gardiens de la Galaxie, Ant-Man assume son côté WTF. Un côté WTF accentué par le fait que le personnage évolue dans “le monde réel” (à San Francisco). On ressent bien le fantôme de Wright sous cet angle. En plus de traiter le personnage de manière totalement décomplexée, le film se montre très bien ficelé et surtout très cohérent par rapport au Marvel Cinematic Universe.

Deuxième tour de force de cet Ant-Man, faire une origin story sans faire d’origin story. Comme vous le savez, ce n’est pas Hank Pym (le premier Ant-Man dans les comics incarné ici par Michael Douglas) le héros de ce film. Il sert juste de mentor à Scott Lang (Paul Rudd) qui reprend ici le costume et le titre d’Ant-Man. Il devra apprendre à maîtriser son pouvoir, bien sûr, mais la découverte se fait de manière bien différente d’un film Spider-Man ou Iron Man, par exemple. Lang, ainsi que le spectateur lambda, sont accompagnés dans un apprentissage qui semble évident pour le premier Ant-Man, ainsi que pour le fanboy Marvel.

Fourmission-Impossible

Le feeling d’Ant-Man ressemble un peu à celui ressenti lors d’Iron Man. Scott Lang, c’est le Tony Stark du pauvre, littéralement. Génie (du crime), cabotin, égocentrique, Lang a tout du Tony Stark… mais sans un rond. Cette condition financière est d’ailleurs l’un des moteurs du début du film. Gentleman cambrioleur, Lang doit jouer de son génie pour arriver à ses fins. Une partie de l’oeuvre est d’ailleurs construite comme un film de braquage (tirant plus vers l’Ocean’s Eleven que du Heat, faut pas déconner non plus), avec l’instauration d’un plan par une équipe de bras cassés ainsi que le coup final. Néanmoins, cette inspiration “films de voleurs” ne subsiste que pendant une partie du long-métrage, celui-ci étant globalement construit comme un film de super-héros classique.

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Classique, mais diablement drôle et efficace. Lang est comme le spectateur lambda, il trouve ça con d’être Ant-Man, de rétrécir et de parler à des fourmis. Et comme le spectateur lambda, il acceptera petit à petit cette idée. D’ailleurs, il faut saluer la mise en scène de Reed concernant les pouvoirs du héros. Le réalisateur a réussi à retranscrire parfaitement cette notion d’échelle changeante, malgré, il faut quand même le dire, une 3D un peu dégueulasse dans certains plans. Mention spéciale à la bataille finale qui joue parfaitement sur ce changement d’échelle. Reed ne réussit pas seulement dans les séquences héroïques. Par exemple, les séquences avec le génial Michael Peña (qui survole le film, tant son personnage est délicieux) jouissent d’une mise en scène très, mais alors très bien pensée. Malheureusement, à part ces quelques éclairs de génie, la réalisation ne fait pas vraiment d’étincelles et se montre très convenue. Dommage.

Un film qui fourmille d’idée

Mais alors, il vaut quoi notre nouveau Ant-Man ? Après visionnage, il faut se rendre à l’évidence : Paul Rudd était le choix parfait pour ce rôle. Comme Robert Downey Jr dans Iron Man, on se dit que personne d’autre n’aurait pu aussi bien se glisser dans la combi de l’homme fourmi. De même, l’Hank Pym vieillissant incarné par l’immense Michael Douglas est un choix de grande classe. Nous sentons que l’acteur s’amuse comme un petit fou pour son premier film de super-héros. Déception en revanche pour une Evangeline Lilly assez plate. De même, le méchant incarné par Corey Stoll est tout pourri… comme dans la quasi totalité des films Marvel, quoi.

“Coucou, je suis encore un méchant tout bidon”

Une dernière chose. Parlons du MCU. Edgar Wright, le premier réalisateur, souhaitait faire un film solo, capable de vivre par lui-même. Les producteurs, eux, voulaient clairement interconnecter le héros avec le reste de l’écurie. C’est vrai, quoi, c’est quand même le DERNIER film de la phase 2 ! Le résultat ? Eh bien, le film arrive à jouer parfaitement sur les deux tableaux. Connecté au reste du MCU (plus que n’importe quel autre film, mis à part Avengers) Ant-Man arrive tout de même à vivre par lui-même et à s’apprécier même si vous n’avez vu aucun autre Marvel, malgré une séquence en milieu de film assez poussive. En plus de ça, le résultat est très bon et surtout rafraîchissant. Un miracle, on vous dit.

Ah, et c’est peut-être une évidence, mais nous le rappelons : restez jusqu’à la fin de la séance pour la FUCKING SCENE POST GENERIQUE ! C’est un ordre !

Luis est clairement le meilleur personnage du film
Luis est clairement le meilleur personnage du film

Verdict

Ant-Man est bon, très bon même. Avec Marvel Studios qui accélère la cadence, on peut se dire que les films perdent en qualité. Mais il faut se rendre à l’évidence : depuis Thor 2, tous les films sortis tiennent la route, quand ils ne sont pas excellents. Ant-Man va créer la surprise de la même manière que les Gardiens. Fun, décomplexé, con, le film de Peyton Reed est maîtrisé jusqu’au bout des ongles, malgré quelques défauts évidents comme des effets 3D un peu crado, un méchant tout bidon et une baisse de rythme en milieu de film. Mais globalement, Ant-Man est une réussite. Fourmission accomplie.

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Pour finir, je vais vous partager les dires de mon voisin de salle à la fin du film : “Y’a pas a dire, il maîtrise parfaitement son truc, Kevin Feige. Il sait y faire, s’t’encu**” Ça résume parfaitement le MCU d’aujourd’hui…