Critique

[Critique] Comme des bêtes

Cinéma

Par Elodie le

Illumination Entertainment, le studio derrière Les Minions, Moi, moche et méchant ou encore Le Lorax, revient avec Comme des bêtes et met en scène nos chers animaux de compagnie une fois laissés seuls avec eux-mêmes. Ou presque.

critique_comme_des_bêtes

Réalisé par Yarrow Cheney (Le Lorax avec Kyle Balda et l’excellent court métrage Puppy) et Chris Renaud, à la manette derrière Moi, Moche et Méchant avec Pierre Coffin, le dernier né des studios (français) Illumination Mac Guff est le 6e opus d’Illumination Entertainment, après le déjanté Les Minions. Toutes les projections débuteront d’ailleurs par un court-métrage consacré aux acolytes de Gru. Le premier réalisé spécialement pour le grand écran.

Après Zootopie (notre critique), L’âge de glace 5, Kung Fu Panda 3, Le Monde de Dory et avant Tous en scène, Comme des bêtes suit la tendance bestiaire contemporain des studios d’animation. Il faut dire que les animaux ont un potentiel comique inégalé et qu’ils parlent à tous les publics.

Cette fois-ci, Illumination se penche sur la vie de nos animaux domestiques une fois laissés seuls, abandonnés après le départ de leur propriétaire partis à l’école, au travail ou en voyage. Que font-ils ? Ils discutent, chapardent, se meurent d’impatience et/ou rendent visite à leur collègue de balcon.

De son côté, le Jack Russel Max (Philippe Lacheau/Louis C.K. en VO) se considère comme le mâle alpha de l’immeuble, persuadé de vivre une histoire (d’amour) unique et privilégiée avec sa maîtresse Katie. Le jour où elle débarque avec Duke (François Damiens/Eric Stonestreet, vu dans Modern Family ou Bad teacher), un énorme bâtard mal léché sorti tout droit de la fourrière, qui fait trois fois sa taille et entend bien s’imposer, son monde est (forcément) bouleversé. Mais ces derniers vont devoir mettre leur amour propre de côté lorsque le lapin psychopathe Pompom (Willy Rovelli/Kevin Hart) dévoile ses intentions de fédérer l’ensemble des animaux abandonnés par leurs maîtres pour se retourner contre les humains.

comme-des-bêtes
Katie & Max au temps du bonheur

Qu’on se le dise, Comme des bêtes n’est pas un Shrek ou un Zootopie, ni même un Moi, Moche et méchant, tant il semble clairement destiné aux plus petits. Les dialogues sont peu poussés, très peu, voire pas du tout référencés, et l’humour se joue surtout sur le comique de situation ou le côté excessif des personnages. Mention spéciale pour Pompom aussi trognon qu’halluciné (le 2e effet kisscool sans doute).

Sorti de là, après un début qui traaaaaine en longueur, le film se suit tranquillement une fois l’histoire (enfin) lancée. Le scénario est sans grande surprise, mais laisse parfois la part belle à quelques scènes sympathiques et autres ressorts comiques, notamment la démonstration de Gidget. Pas de quoi sortir de la séance aussi bouleversés que certains l’ont été après Vice-Versa (notre critique) ou avec le premier fait d’armes d’Illumination que l’on devait déjà (en partie) à Chris Renaud.

En revanche, vous serez au minimum attendri par ces petites bêtes à poil. Oui, c’est mignon. Chapeau bas à l’équipe d’animation qui réussit une nouvelle fois à rendre ses personnages aussi vivants qu’attendrissants. Oui, même le chat Chloé, qui brille par sa nonchalance, son indifférence et sa gourmandise. Et une voix empruntée à Florence Foresti. Il aura fallu pas moins de trois ans et quelque 200 dessinateurs et informaticiens des studios Illumination Mac Guff, la filiale française d’Universal Pictures, pour donner vie à ce nouvel opus.

chloe-comme-des-bêtes
Chloé, résistante de la dernière heure

Si le graphisme est soigné, l’univers n’est pas aussi poussé qu’un Zootopie ou un Vice-Versa (un des rares points positifs que j’ai trouvé au film). Toutefois, vous devrez apprécier certaines vues aériennes de la ville de New York, véritable jungle urbaine recrée à hauteur de Jack Russell.

La musique est quant à elle signée par Alexandre Desplat, compositeur français multirécompensé à qui l’on doit les bandes originales de The Grand Budapest Hotel, Le discours d’un roi ou encore Harry Potter et les reliques de la mort 1&2. Il n’en fallait pas plus pour que ses compositions donnent le La des aventures rocambolesques de la bande à Max.

Sympathique, mais pas hilarant, Comme des bêtes ravira les petits, mais laissera peut-être les plus grands aussi seuls que nos compagnons à 4 pattes une fois la porte refermée sur eux. Un film qui ne restera sans doute pas dans les annales du studio, mais qui truste tout de même le box-office US pour son premier week-end de sortie, engrangeant pas moins de 100 millions de dollars. Le meilleur démarrage de tous les temps pour un film d’animation qui n’est ni une suite, ni un spin-off, ni un prequel.