Critique

Critique : Ghostbusters 2016 est l’une des meilleure comédie de l’été

Cinéma

Par Elodie le

Redouté par une horde de fans de la première heure, gardiens du temple des films et du casting des années 80 (et quelques sexistes pur sucre aussi), le reboot de Ghostbusters par Paul Feig et son casting 100 % féminin est-il la catastrophe annoncée ?

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Ghostbusters 2016 sort enfin sur les écrans. Détesté avant même sa sortie sur les écrans, le film a subi une campagne promotionnelle des plus catastrophiques poussant son réalisateur et le casting à intervenir à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux et les interview pour défendre leur travail. Leslie Jones a même choisi de quitter Twitter après une campagne raciste d’une violence inouïe dont elle a été victime.

Conspué des mois avant sa sortie en salle

La production n’est pas exempte de reproches. Ghostbusters 2016 n’est pas une suite, ne l’a jamais été, c’est un reboot. Une confusion née dans la bande-annonce dévoilée dans un premier temps par Sony Pictures et qui a poussé McCarthy à en référer au studio. Réponse : « On s’en fout de ce que tu penses ». Ambiance.

Les internautes ont répondu à leur manière faisant du trailer la vidéo la plus détestée sur YouTube, avec plus de 900 000 dislike. Commentaires sexistes, misogynes, racistes, offense faite à l’enfance pour certains, réponse aux dictats d’Hollywood pour d’autres, tout y est passé.

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Pour parler cinéma, l’histoire débute ainsi.

Erin Gabler (Kristen Wiig), docteur en physique des particules, est sur le point d’obtenir un prestigieux poste d’enseignant à l’université Columbia lorsqu’un livre écrit il y a quelques années avec son ancienne amie Abby Bergman (Melissa McCarthy) sur l’existence des fantômes refait surface. Elle ne tarde pas à devenir la risée de l’académie. Elle recontacte alors Abby qui n’a pas abandonné ses recherches pour en découdre, lorsque des fantômes attaquent New York.

Un casting de choix qui fonctionne à merveille

C’est peu dire que Paul Feig était attendu au tournant avec ce reboot 100 % féminin. Pour ceux qui connaissent un peu l’animal, on lui doit l’excellente comédie Bridesmaids, déjà avec Kristen Wiig et Melissa McCarthy, mais aussi The Heat (avec Sandra Bullock et encore Melissa McCarthy) et dernièrement Spy (avec Jude Law, Jason Statham et… toujours Melissa McCarthy).

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S’il est un pari qu’a réussi le réalisateur américain, c’est bien son casting. Ce quatuor féminin fonctionne à merveille, notamment le duo Wiig/McCarthy, habituées à fouler ensemble les planches du Saturday Night Live, à l’instar de leurs collègues chasseuses de fantôme, Leslie Jones (Crazy Amy) et Kate McKinnon (Sisters, Ted 2), badass et déjantée en Géo Trouvetou de la bande dont les interventions flirtent avec la gêne et l’absurde.

Le choix de Chris Hemsworth, totalement à contre-emploi en « Kevin » (son prénom dans le film) des secrétaires écervelés, aussi hot que blond (dans les deux sens du terme), est particulièrement savoureux. Ses (non)interventions sont l’occasion de bonnes poilades et l’acteur semble y prendre un plaisir non feint.

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Un film inégal mais résolument divertissant

La première partie du film est en ce sens réussie, les dialogues filent et s’enchaînent, l’histoire et les personnages s’installent bien, les blagues font mouches, tout cela servi par une bande-son dynamique et entrainante. Et puis… les méchants débarquent.

Et là, on sent un conflit évident entre la comédie et le l’obligation du blockbuster, le réalisateur hésitant entre les deux sans jamais parvenir à les faire coexister réellement. La chasse aux fantômes ressemblant trop à celles précédemment jouées.

Le scénario pâtit d’un air de déjà-vu et perd quelque peu de son intérêt malgré un rythme soutenu. Pour les profanes, aucun risque de s’ennuyer, le film jouit d’une bonne dynamique jusqu’au générique de fin (à ne surtout pas manquer).

Mention spéciale pour les effets spéciaux vraiment réussis, qui retranscrivent bien l’aspect évanescent et parfois dégoulinant des fantômes. Ils impressionnent, sans en faire trop ou à l’inverse, bas de gamme (avec un budget de 154 millions de dollars cela aurait été dommage)

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Petit bémol cependant pour la scène finale, cheap et facultative. J’avoue ne pas avoir compris. De même, sans rien dire des caméos, ils font sourire, mais ralentissent quelque peu le rythme.

Ghostbusters 2016 n’est donc pas la catastrophe annoncée, loin de là. Paul Feig a réussi à imprimer sa marque tout en respectant l’esprit de l’œuvre originale. Le mérite en revient à son casting qui porte le film à lui tout seul et donne envie de d’enfiler la combi pour rejoindre la bande.

Ghostbusters est un bon remake, ce qui est un exploit en soi au regard de ceux commis ces dernières années. Le film tient parfaitement son rôle de comédie de l’été. C’est drôle, frais et pas prétentieux, n’en déplaise aux esprits chagrins. Good feeling en somme.

Ghostbusters (S.O.S Fantômes) sort le 10 août.