Critique

[Critique] Jason Bourne

Cinéma

Par Mathieu le

Près de neuf ans après La Vengeance dans la Peau, Matt Damon reprend du service dans la peau du célèbre ex-agent de la CIA, Jason Bourne. Cette fois encore, Paul Greengrass est derrière la caméra (après avoir réalisé La Vengeance dans la Peau et La Mort dans la Peau) et s’occupe également du scénario et de la production du film. Alors que Jason Bourne : L’héritage avait fortement divisé et que beaucoup trouvaient que l’âme de la saga s’était perdue, ce retour aux sources est-il réussi ? La réponse dans les lignes suivantes.

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Une traque sans fin

L’histoire de Jason Bourne, c’est un peu un combat sans fin pour comprendre ses origines, son histoire et tenter de se venger de ceux qui nous ont fait subir un mal obscur. On pensait avoir déchiffré une grande partie des énigmes grâce aux trois premiers épisodes, qui formaient par ailleurs une trilogie (normalement, terminée). Mais il faut croire que nous n’avions pas toutes les cartes en mains et la première bande-annonce du film, intrigante, laissait penser que nous allions en apprendre encore encore un peu plus sur ce personnage décidément plein de mystères.

Se souvenir de tout n’implique pas pour autant que tu sais tout“, lui dit alors Nicky Parsons, son ancienne collègue. C’est en effet de cette idée qu’est né le long-métrage. Oui, Jason Bourne se rappelle de qui il est et de comment il en est arrivé là. Mais sait-il pourquoi ? C’est dans l’optique de comprendre pourquoi il s’est engagé comme mercenaire au solde de la CIA que nous allons le suivre dans une aventure riche en rebondissements. Face à une horde d’ennemis désireux de le stopper, le qualifiant de dangereux pour la nation, Bourne va devoir survivre tout en tenant de percer le mystère.

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Le rythme est effréné et le long-métrage de Paul Greengrass navigue entre le blockbuster estampillé action pur et la réalisation plus orientée espionnage au style bondesque. On a rarement le temps de s’ennuyer tant les rebondissements sont légion – même si souvent attendus.

Parlons des cascades et notamment des courses poursuite. Vous en verrez deux durant le film et sachez d’ores et déjà que la seconde est l’une des plus folles que j’ai vu de ma courte vie de cinéphile. D’une rare intensité et extrêmement bien menée, elle mettra sur les fesses la plupart des amoureux de longs-métrages d’action automobile (oui, j’invente un genre). Préparez-vous sincèrement à en prendre plein la vue car Paul Greengrass a beaucoup joué sur le mélange scène de combat, gun fight et infiltration pour donner à son film une dimension plus populaire intéressante.

Du beau monde au balcon

Bourne 5

Jason Bourne nous donne l’occasion de retrouver Matt Damon, bien évidemment, mais aussi sa partenaire depuis La Mémoire dans la Peau en 2002, Julia Stiles dans le rôle de Nicky Parsons. Côté nouveaux visages, retenons trois comédiens : Tommy Lee Jones qui interprète Robert Dewey, Vincent Cassel qui joue le rôle de l’Asset (un mercenaire) et surtout la sublime Alicia Vikander qui est Heather Lee. Aucune fausse note de ce côté-là puisque chaque acteur rempli parfaitement son rôle.

Matt Damon est égal à lui-même et entre 2002 et 2016, on sent qu’il a eu le temps de parfaire son personnage, ajoutant ainsi quelques nuances dans son jeu. Il faut bien avouer qu’il est exemplaire dans le rôle de Jason Bourne qui lui colle désormais à la peau. Tommy Lee Jones est toujours aussi juste et stupéfiant de profondeur dans la peau de Robert Dewey, le méchant du film. Quant à Alicia Vikander, on la découvre de plus en plus et il est fort probable que vous entendiez parler d’elle dans les prochains mois tant la belle suédoise de 27 ans propose un jeu d’actrice intéressant.

Bourne 5

Notons enfin que le frenchie Vincent Cassel réussit à sortir du lot et nous prouve que le cinéma américain lui correspond toujours aussi bien. Après avoir affronté Edgar Ramirez, Karl Urban et Clive Owen, Matt Damon se voit donc confronté à un adversaire des plus coriaces et dont il ignore le lien qui les unit.

Des images pleins les yeux

Paul Greengrass porte pour la première fois de sa vie la casquette de réalisateur/producteur/scénariste et cela se ressent sur le film. Nerveux techniquement, le long-métrage utilise souvent de nombreux plans les uns après les autres à une vitesse vertigineuse qui peuvent par ailleurs choquer les amoureux des plans fixes. La bande originale, signée David Buckley (The Nice Guys, 50 nuances de Grey) et John Powell (L’âge de Glace, Edge of Tomorrow) est de qualité et immersive. Sans en faire trop, elle sonne juste et s’intègre bien à l’univers de la saga Bourne.

Jason Bourne (2016)

Ce sequel/reboot se veut classique, loin d’être inoubliable, mais d’une grande efficacité dans sa réalisation. Le cahier des charges que s’étaient fixé les équipes de production est sans aucun doute respecté. Ce Jason Bourne renoue avec ses origines sans pour autant oublier d’apporter un peu de fraîcheur aux amateurs de la licence.

Conclusion

Très bon sans être excellent, voilà comment définir Jason Bourne. Le retour aux sources imaginé par Paul Greengrass et les producteurs du film est une bonne chose et prouve que la saga vit à travers Matt Damon. Jouant parfois trop sur la forme en oubliant quelque peu le fond, le long-métrage n’en reste pas moins un excellent divertissement, pas simplement réservé aux fans de la saga mais à tous les spectateurs en manque d’adrénaline. On ne peut que vous conseiller d’aller juger par vous même.