Critique

[Critique] Le Voyage d’Arlo : Petit pied, grand Disney ?

Cinéma

Par Elodie le

Avec Le voyage d’Arlo, réalisé par Peter Sohn, dont c’est le premier long métrage, Pixar revient aux grands fondamentaux de la vieille maison Disney, pour le bonheur de tous ?

THE GOOD DINOSAUR

Petit pied deviendra grand

Et si l’astéroïde qui a préfiguré l’extinction des dinosaures avait raté sa cible et l’histoire suivi son cours ? Le Voyage d’Arlo débute ainsi.

Arlo, c’est un apatosaure aussi petit que craintif, qu’un événement tragique va mener loin de chez lui. Son retour sera semé d’embûches et de rencontres. Du grand classique, jusque dans sa fin, sans surprise.

Et pourtant, tout est ravissement dans ce petit bijou Pixar : on revient aux fondamentaux du film d’animation Disney : tendresse, émotion et humour (premier degré, ok).

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Si les premières minutes vous semblent familière, n’en jetez plus : ce Voyage d’Arlo fait immédiatement penser à Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, réalisé par Don Bluth et produit par Steven Spielberg et George Lucas en 1988, où l’on suivait les aventures de Petit Pied, un jeune Diplodocus (apatosaure également, c’est-à-dire un « long-cou »).

On retrouve ici les mêmes trames scénaristiques (éculées dirons certains), que l’on peut rencontrer dans beaucoup de films d’animation Disney (le Roi Lion notamment) : le voyage initiatique, la perte d’un être cher, l’apprentissage de la vie et ses épreuves, le côté petite chose chétive et innocente qu’un voyage initiatique fera devenir un homme avant de retrouver les siens, etc.

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Et loin de desservir le film, on suit cette quête avec plaisir, tant les images sont d’une beauté folle – une énorme claque visuelle, les rencontres multiples et les personnages attendrissants. On rit joyeusement, on s’émeut, les plus fébriles auront les lèvres tremblantes et l’œil humide, les enfants retrouveront enfin de vrais méchants bien caricaturaux (tant dans leur bêtise et vilenie que dans leur apparence) à détester, à l’image des hyènes dans le Roi Lion.

La relation entre Arlo et son compagnon de voyage Spot, est d’une simplicité enfantine. Ils s’apprivoisent et se font grandir mutuellement.

Ici, l’humain est déshumanisé en ce qu’il ne parle pas, Spot est un petit sauvageon qui vit au milieu des dinosaures. Pour être clair, transposé dans notre société actuelle Spot serait un chien et Arlo, un humain. Quand Spot ne s’exprime que par des sons : il grogne, aboie, hurle comme les loups, chasse et remue les fesses quand il flaire quelque chose, renifle et laisse pendre sa langue lorsqu’il est content, Arlo parle, cultive la terre avec sa famille (le message écologique est d’ailleurs bien présent dans le film), est intelligent, sensible et s’est fixé un but, une quête.

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Alors oui, Le voyage d’Arlo ne brille pas par sa subtilité, on sort les grosses ficelles et les grandes tirades, mais qu’importe. Là où un Vice Versa était tout en subtilité et avait laissé nombre d’enfants sur le bord de la route, l’humour avec et moi « dans un état proche de l’Ohio, le moral à zéro », on sort du Voyage d’Arlo totalement attendri, le cœur en guimauve.

Ce n’est pas un Nemo ou un Là-Haut, aussi brillant que subtil, drôle et inventif, c’est d’ailleurs difficile de les comparer : dans les autres Disney empruntant la même trame scénaristique, le héros est accompagné tout au long de sa quête par des personnages secondaires forts (Le Roi Lion et Le Monde de Nemo notamment), les dialogues sont fournis faisant la part belle à l’humour et au sous entendus. Le Voyage d’Arlo est dessin animé parfait pour la cible qu’il s’est fixé et qui remplit parfaitement sa mission.

Pour la petite histoire, le scénario original est tiré d’une idée de Bob Peterson, le réalisateur et scénariste de Là-Haut (et du Monde de Nemo) mais finalement c’est Peter Sohn qui a été choisi pour réaliser le dernier opus des studios Disney.

Ah, j’allais oublier : Éric Cantona prête sa voix au rhinocéros dans le film. Bon, la scène est franchement anecdotique, je n’ai pas vraiment compris la cohérence avec le reste. Mais bon, Oh Ah CANTONA !

Alors, on y va ? Oui, pour avoir l’impression de retomber en enfance et retrouver la saveur des premiers Disney. Merci Pixar !

L’avis de Côme et Maé (5 ans)

Côme a pleuré durant tout le film, mais « il est très sensible » nous précise Antoine, son père. Une semaine après, il parle sans cesse des personnages du Voyage d’Arlo.

Pour sa soeur jumelle en revanche, c’est l’exact opposé : Maé n’est pas vraiment fan, n’a pas pleuré et reste une fan inconditionnelle de La Reine des neiges.

Le Voyage d’Arlo sort le 25 novembre au cinéma.

En parlant de Arlo, découvrez aussi la minute du JDG de cette semaine consacrée à Pixar !

La minute du JDG spécial Pixar à l’occasion de la sortie de Arlo (Disney/Pixar).

Posted by Le Journal du Geek on Wednesday, November 25, 2015