Critique

[Critique] Shazam! est-il le coup de foudre qui manquait au DCEU ?

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Julie le

Shazam ! d’un mot le super-héros réussit à convaincre et change la donne pour le DCEU. Le but de ce teen movie est de faire rire et on peut dire que c’est réussi.

Créé en 1940 par C.C Beck et Bill Parker, Shazam était connu par les fans de DC comme Captain Marvel jusqu’en 2011. Celui qui possède la sagesse de Salomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, la puissance de Zeus, le courage d’Achille et la vitesse de Mercure, a été renommé pour éviter la confusion avec son homonyme à la maison des idées.

L’intrigue est simple. Il suffit d’un mot à Billy Batson, adolescent de 14 ans, pour devenir un super héros indestructible et capable des plus grandes prouesses. Ce héros malgré lui, va devoir protéger l’humanité des 7 péchés capitaux. Jusqu’ici rien de bien innovant, le long-métrage reprend les codes du film de super-héros. On se retrouve encore une fois face à la figure de l’élu qui n’a d’autre choix que d’embrasser son destin. Bien qu’il repose sur une narration vieille comme le monde, le film fonctionne bien et on ne perd pas le spectateur dans les abîmes d’un récit alambiqué.

Comme beaucoup de films du genre, Shazam s’intéresse aux thématiques de la famille, mais reste parfois trop en surface. L’intégration de Billy dans une famille d’accueil apporte une dose de fraîcheur au récit, sans pour autant prendre la place qui devrait lui être incombé. Le film tient plus du teen-movie que du drame familial et c’est aussi sa force. Les scénaristes ont fait des choix intéressants dans l’intrigue et qui pourraient être exploités dans un deuxième opus (pas annoncé par DC).

Un film de l’ère post-aquaman

Shazam espère bien exploser le box-office.

Les débuts du DCEU ne se seront pas faits sans encombre. Un Batman V Superman anéanti par la critique et deux Superman presque invisibles, l’univers cinématographique avait pris un virage définitivement sombre qui n’a pas plu aux spectateurs. Et quand la firme décidait de verser dans le comique, elle se prenait lamentablement les pieds dans le tapis avec Suicide Squad. Mais le monstre Aquaman a relancé la machine avec Shazam dans son sillage. Le film a fait de l’humour son argument de vente, à coups de trailers et d’extraits exclusifs. Bourré de référence à l’univers des comics, il assume complètement sa forme et se regarde comme une madeleine de Proust, à la manière des Goonies. L’humour est potache, mais ça marche. On regrette tout de même que le film ne pousse pas la blague au point de faire une référence à l’application musicale homonyme, nous on l’aurait fait…

Zachary Levi maîtrise son sujet

Jack Dylan Grazer est une bouffée d’air frais pour le film.

Incarner un enfant piégé dans un corps d’adulte n’est pas une chose aisée et seules quelques grandes pointures du cinéma l’ont fait avec succès. On pense notamment à Tom Hanks dans Big, qui a d’ailleurs le droit à son petit clin d’œil dans le film. Levi réussit haut la main et nous fait rire par son attitude tantôt nonchalante, tantôt arrogante. On le retrouve aussi bon que dans Chuck, la série qui la fait connaître du grand public. Petite ombre au tableau, son alter ego enfant (Asher Angel) ne brille pas à l’écran et vire parfois dans le pathos. La figure de l’adolescent tourmenté agace. Heureusement que Jack Dylan Grazer, qui incarne le meilleur ami de Billy, sauve le tout et nous séduit par sa spontanéité.

Si les personnages de Billy et Freddy sont intéressants, celui qui malheureusement n’arrive pas à convaincre c’est Mark Strong. Son incarnation du Docteur Sivana est fade et lorsqu’il apparaît à l’écran, Strong n’effraie personne, pas même les personnages. L’antagoniste, un peu trop bavard, ne trouve pas sa place dans le récit. Et les rares moments où il doit servir l’humour ne sont pas assez drôles pour que l’on oublie la faiblesse du personnage.

David F.Sandberg ne prend aucun risque

Il a beau essayer Strong n’effraie personne.

Côté réalisation, c’est David F.Sandberg qui a eu la lourde tâche d’adapter le comics au cinéma. Le réalisateur d’Annabelle 2 n’a pris aucun risque et livre un tout très conventionnel. Si Zack Snyder ne faisait pas l’unanimité, on doit reconnaître que le réalisateur avait le goût du cadrage, ce que semble avoir délaissé Sandberg. Les villes souvent essentielles dans les narrations DC, Gotham comme ville de débauche d’une noirceur extrême et Metropolis lumineuse sont bien loin. Dans le film Philadelphie ressemble à une métropole grisâtre sans aucun intérêt. La fadeur des décors vient trancher avec les couleurs criardes des costumes. Le résultat est loin d’être mémorable et la CGI pique parfois les yeux surtout dans les combats aériens.

Notre avis

Shazam est un bon divertissement et coche toutes les cases du film de super-héros. Sans révolutionner le genre, il apporte un vent de fraîcheur dans le DCEU et sonne comme un doux retour à l’adolescence. Zachary Levi est excellent dans le rôle de l’ingénu. On ne s’y attendait pas. Mazette !

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