Critique

[Critique] : Space Force sur Netflix atteint-elle des sommets ?

Série

Par Julie Hay le

“I’m a rocketman”. Netflix prend de la hauteur avec sa nouvelle série, Space Force. Par le scénariste de The Office, elle nous plonge au cœur de la création de la sixième branche des forces armées américaines. Un pari risqué pour la plateforme qui compte sur Steve Carell pour mener la barque. Space Force est-elle à la hauteur de nos espérances ?

Crédits : Netflix

En 2018, Donald Trump annonçait la création d’une sixième branche des forces armées américaines, destinée à asseoir la dominance du pays dans l’espace. C’est cette déclaration qui sera le point de départ de la nouvelle série Netflix, Space Force. Le tout juste décoré de sa quatrième étoile, Général Naird, est nommé à la tête du projet. Il doit désormais conduire les opérations et découvrir par la même occasion de quoi il retourne. Pour l’aider dans cette mission, il pourra compter sur le scientifique Dr. Adrian Mallory (John Malkovich) et le responsable de la communication Tony Scarapiducci (Ben Schwartz). Viser la lune, c’est leur objectif. Pour incarner cette unité d’élite Netflix fait appel à plusieurs grands noms de la comédie, à commencer par Steve Carell qui campe le personnage principal. Du patron tyrannique dans The Office au général méticuleux et autoritaire de Space Force, il n’y a qu’un pas. Il incarne avec justesse ce personnage loufoque, dépassé par la tournure que prennent les événements. Aidé par des dialogues affûtés, l’acteur parvient à plusieurs reprises à nous tirer un large sourire, surtout dans ses échanges avec le personnage incarné par John Malkovich. Ce dernir range la soutane de The New Pope, pour jouer un scientifique désabusé qui doit se battre contre vents et marées pour mener à bien son projet. Les joutes verbales entre les deux personnages sont jouissives et les liens qu’ils tissent au fil des épisodes permettent de s’y attacher réellement. À la manière d’une première rencontre avec un collègue, il nous faudra quelques épisodes pour mieux les appréhender. On soulignera aussi l’admirable performance de Ben Schwartz, parfait dans le rôle du community manager insupportable pour qui la vie se résume à une flopée de hashtag. On retrouvera Lisa Kudrow, qui avait marqué les esprits avec la lunaire de Phoebe de Friends, cette fois-ci dans la peau d’une femme aimante et mère de famille. Malheureusement, sa présence à l’écran sera cantonnée à quelques courtes scènes et c’est bien dommage.

Avec son casting 5 étoiles et son postulat de départ, Space Force avait tout pour être la série comique de l’année. À l’annonce du duo à la tête du projet, nos espoirs étaient grands. Il faut dire que pour écrire le scénario, Netflix a fait appel à deux cadors du genre. La plateforme a débauché le créateur de The Office, Greg Daniels qui après avoir exploré le monde du travail dans l’adaptation américaine de la série anglaise, se penche à nouveau sur le sujet dans Space Force. Dès les premiers instants, Space Force ne cache pas ses intentions. La série qui s’inspire de la réalité dresse le portrait sans concession d’une Amérique paradoxale et d’un Président capricieux et addict aux réseaux sociaux. À plusieurs reprises, les scénaristes s’amusent de la politique du gouvernement et n’hésitent pas à briser le 4e mur. Des uniformes envoyés par la première dame aux tweets problématiques du président, Space Force n’hésite pas à verser dans l’absurde. Certaines séquences font des références appuyées aux gaffes de Donald Trump, sans jamais le nommer pour autant. A l’inverse , la série n’hésite pas à faire passer des messages en s’aventurant sur le terrain du féminisme ou de l’appropriation culturelle. Sans en faire trop, Space Force explore les méandres de notre société mais ne parvient pas toujours à viser juste. Certains gags sont parfois redondants, mais la double lecture du récit permet à la série de prendre de la hauteur. Si le rire n’est pas toujours franc, la série peut compter sur l’humour saignant de ces créateurs pour nous convaincre. Néanmoins, Space Force ne peut être cantonnée au rang de comédie lorsqu’elle explore les relations difficiles entre les personnages. Dans la deuxième partie de saison, l’heure n’est d’ailleurs plus vraiment à la rigolade à mesure que l’intrigue gagne en efficacité. À l’instar d’un diesel, Space Force prend le temps avant d’atteindre sa vitesse de croisière. Mais voilà, au bout de dix épisodes, l’intrigue semble être coupée dans son élan et beaucoup de questions sont laissées en suspens. L’inégalité de l’action dans certains épisodes nous laissera sur notre faim alors que les aventures de nos héros semblent être loin d’être terminées. Une première saison en demi-teinte donc, mais qui est plutôt encourageante pour la suite. On se rappellera de l’accueil mitigé réservé à The Office à sa sortie. Depuis la série, s’est imposée comme une référence et on souhaite à Space Force de connaître le même sort. On espère que Netflix renouvellera la série pour une deuxième salve d’épisodes, au risque de faire quelques déçus. La série est disponible dès aujourd’hui sur Netflix.

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Notre avis

Sans atteindre le firmament, Space Force est un divertissement fort et mené d’une main de maître par Steve Carell et John Malkovich. Le rire n’est pas franc à chaque instant mais la série est une satire efficace de l’Amérique à l’ère Trump. Malgré l’inégalité des épisodes, Space Force a le potentiel pour devenir une série comique incontournable.

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