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Critique Spider-Man Brand New Day : Marvel connaît son Peter par coeur

Après des mois de bandes-annonces et de tournées promotionnelles, Spider-Man : Brand New Day entame enfin sa carrière sur grand écran avec la promesse d’un monde nouveau. Alors, est-ce qu’on se fait une toile ?

On ne dit pas que Spider-Man : Brand New Day ressemblait à une publicité mensongère. On dit juste que la dernière fois que le MCU nous a promis un monde nouveau, c’était Captain America : Brave New World et la seule nouveauté consistait à voir jusqu’où Marvel pouvait encore creuser son déclin. Réponse : très profondément. Mais le Tisseur n’est pas le bouclier étoilé et la cote de popularité du personnage reste l’une des plus élevées de tout le cinéma de super-héros. Voire la plus élevée. Au point où les estimations semblaient lui promettre un week-end d’ouverture à “seulement” 800 millions de dollars. Oui, quasiment le milliard avant même sa première semaine d’existence. C’est fou ? Pas vraiment, la bande-annonce elle-même se place au-dessus d’Avengers : Doomsday et de GTA 6 en termes de visionnages.

Tout ça pour dire que le rendez-vous avec les fans est pris depuis longtemps et, de notre côté, nous étions emballés par le seul véritable changement de cet opus par rapport à ses prédécesseurs : Destin Daniel Cretton à la réalisation, en lieu et place de Jon Watts, papa de la trilogie Tom Hollandesque initiale. Désolé pour Watts, mais sa caméra était incapable de capturer la verticalité de l’araignée et la mise en scène restait le gros point noir de ses films. Là où le réalisateur de Shang-Chi a démontré bien plus d’aisance à faire balancer le Tisseur au bout de sa toile en quelques plans aperçus dans les extraits. Quitte à ne toujours pas avoir une aventure en solo pour Spidey – qui se coltine encore au moins deux nounous “Avengers” ici aussi avec le Punisher et Bruce Banner / Hulk –, on trouve du réconfort là où on peut.

Critique Spider-Man Brand New Day : Marvel connaît son Peter par coeur
© Sony Pictures

L’action principale de Brand New Day se déroule quatre ans après que Peter ait fait oublier son existence au monde, y compris à ses amis. Il a épousé son destin de Spider-Man et assume ses responsabilités tout en regardant MJ et Ned continuer leur vie sans lui. Un nouvel ennemi entre en scène, capable de mettre en danger la ville sans même apparaître au grand jour. Le moment est mal choisi pour que les pouvoirs de Peter se mettent à évoluer de façon incontrôlable.

Brand New Day met un peu de toile sur les plaies

Le temps nous manquant entre la sortie de projection et l’heure de publication (moment coulisses, quand on voit un film seulement quelques heures avant sa sortie), on ne vous cachera pas que ce qui suit est principalement notre ressenti à chaud, sans, peut-être, le recul nécessaire pour digérer les 145 minutes de Spider-Man : Brand New Day. Avec cette idée en tête et sans tomber dans l’obséquiosité d’un influenceur américain, on se doit d’admettre qu’il s’agit de notre meilleure expérience depuis que Spidey a rejoint le MCU.

Critique Spider-Man Brand New Day : Marvel connaît son Peter par coeur
© Sony Pictures

Le premier artisan de cette réussite est confirmé : Destin Daniel Cretton. Fortement influencé par les jeux vidéo d’Insomniac Games, dont certains combats font office de clin d’œil, le réalisateur redonne ses lettres de noblesse à l’agilité du super-héros en n’hésitant jamais à penser sa mise en scène non plus de gauche à droite, mais de haut en bas. Qu’il s’agisse des moments de voltige, bien plus présents et plus “raimiesques”, ou des affrontements où l’araignée n’est plus constamment au ras du sol, on a l’impression de retrouver un Spider-Man virevoltant.

Toutefois, ce n’est pas suffisant pour gommer les principales errances de ses prédécesseurs. Bien qu’on ait apprécié la trilogie originale dans son ensemble, attention. Mais il lui manque quelque chose, mise à part un réalisateur, c’est cette impression d’avoir une véritable aventure dédiée à Spider-Man. Iron Man dans Homecoming, Mysterio et Nick Fury dans Far From Home, Doctor Strange puis les deux précédents Spidey dans No Way Homele Peter Parker du MCU a toujours été un gamin ayant besoin d’être babysitté, y compris dans son rôle de héros. Résultat, le garçon-araignée finissait souvent comme faire-valoir de ses propres films.

Critique Spider-Man Brand New Day : Marvel connaît son Peter par coeur
© Sony Pictures

Brand New Day est une authentique histoire Spider-Man. Certes, il y a des seconds rôles illustres comme Punisher ou Hulk, mais ils n’interfèrent jamais assez solidement dans le récit pour en prendre le contrôle. Leur présence pourrait presque se résumer à conserver le côté univers partagé du MCU (on schématise) et on n’a pas le sentiment que leur absence handicaperait Peter Parker. Ils sont là pour donner de la matière à l’intrigue, pas pour empêcher la tête d’affiche d’exister par elle-même.

La meilleure version de Peter Parker ?

Et quelle tête d’affiche ! Malgré toute notre sympathie pour lui, on n’a jamais eu la sensation que Tom Holland habitait réellement le rôle, sans doute à cause de ses fameuses nounous dont nous parlions. Sous la plume de Chris McKenna et Erik Sommers, le héros gagne en maturité, l’acteur aussi. Peter est maintenant un adulte qui doit comprendre que dans la vie, tout n’est pas noir ou blanc et que la conscience de ses limites est la première pierre sur le chemin de l’évolution. Le comédien n’est plus un jeune premier s’amusant dans le costume, on sent maintenant tout le poids sur les épaules de celui qui sait que sa carrière sera toujours marquée par le rôle. Dans l’expression de ses émotions, dans sa façon de bouger, tout montre qu’il est désormais LE seul et unique Peter Parker / Spider-Man et qu’après lui, seul Miles Morales ne devra exister. En préparant la fin, Tom Holland vient de faire ses vrais débuts.

Critique Spider-Man Brand New Day : Marvel connaît son Peter par coeur
© Sony Pictures

Il faut saluer la direction d’acteurs dans son ensemble puisque tout le monde est bien à sa place et répond présent. Jon Bernthal rend presque une association Spidey / Punisher évidente (alors que bon), le talent de Zendaya et sa vie privée influencent considérablement chaque scène entre MJ et Peter, on a plaisir à retrouver le véritable Hulk, disparu depuis Thor : Ragnarok et Sadie Sink ne se prive pas de voler quelques scènes à ses copains avec ce qu’elle dégage.

Forcément, pour faire coexister tout ce petit monde, Spider-Man : Brand New Day a largement besoin de ses 145 minutes. Parce que oui, le spectacle est généreux, mais cela ne l’empêche pas de faire ressentir par moment sa durée. Cependant, il parvient à éviter les longueurs flagrantes (contrairement à des effets numériques franchement baveux, la faute à Disney qui a viré une bonne partie de ses techniciens en effets spéciaux), au point où on se dit régulièrement que oui, le temps passe, mais le plaisir reste.

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Notre avis

Spider-Man : Brand New Day est l'aventure du Tisseur la plus réussie depuis qu'il a rejoint le MCU et sûrement le film canon à l'univers Marvel le plus attachant depuis... très longtemps. Tom Holland est désormais le seul vrai Peter Parker (et on dit ça en aimant très très fort les deux autres).

L'avis du Journal du Geek :

Note : 9 / 10

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