Critique

[Critique] Vaiana, la légende du bout du monde : la nouvelle ère Disney ?

Cinéma

Par Elodie le

Vaiana, la légende du bout du monde (Moana en VO pour des raisons de droits), le dernier né des studios Disney, bat des records au box-office et enchaîne les critiques dithyrambiques. Le voyage en vaut-il la chandelle ?

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Direction la Polynésie pour rejoindre Vaiana (interprétée par Cerise Calixte dans la version FR et Auli’i Cravalho pour la VO), la fille intrépide d’un chef polynésien obstinée à découvrir les origines de son peuple pour parvenir à le sauver. Son périple la mènera vers des contrées très éloignées et lui fera rencontrer un demi-dieu Maui, impertinent et immodeste, doublé par Anthony Kanavagh dans la version française (The Rock en VO).

Tendre, émouvant et drôle, avec Vaiana, Disney revient à son meilleur et nous délivre un pur produit maison mêlant tradition et modernité. Tous les ingrédients ayant fait le succès des précédents films sont là : famille, dépassement de soi, courage, aventure, partage, le tout ponctué de chansons où l’héroïne parle de ses rêves et espoirs, bref du feu intérieur qui l’anime, et ce, dans la pure tradition Disney.

Pas une princesse, juste une héroïne

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Vaiana enfant

Fait assez rare et rafraîchissant pour le notifier, notre jeune héroïne se cherche avant tout et n’a pas pour seule ambition de trouver le prince charmant afin de se faire passer la bague au doigt. L’absence de trame amoureuse est à ce titre bienvenue et relativement nouvelle chez Disney. Seule la quête de soi, de ses origines et de sa destinée prévaut. Bref, ce n’est pas une princesse comme Disney sait en créer, mais une future chef de tribu qui refuse de faire ce que l’on attend d’elle.

Pourtant, deux vieux de la vieille sont aux manettes, Ron Clements et John Musker, à qui l’on doit la renaissance des studios Disney dans les années 80 avec La Petite Sirène, Aladdin ou La Princesse et la Grenouille. Vaiana est une création originale, ils ont donc vogué vers les iles Fidji, Samoa ou encore Tahiti pour s’imprégner de la culture Pacifique sud.

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Le demi dieu Maui

Tradition et modernité

D’ailleurs, voulues ou non, certaines parties du film ne sont pas sans rappeler Aladdin et La Petite Sirène, notamment la chanson Pour les hommes et la scène de la rencontre avec un crabe bling-bling et vaniteux, Lalotai, où les séquences sous-marines sont assez somptueuses.

Et ce ne sont pas les seules, l’animation 3D en images de synthèse est particulièrement réussie, les paysages polynésiens, terrestres et sous-marins, sont magnifiques, détaillés à l’extrême, blindés de couleurs et de soleil. Dépaysement garanti !

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Du côté des personnages, si Vaiana porte le film, ses acolytes ne sont pas oubliés. Maui bien entendu, demi-dieu boursouflé d’égo dont les tatouages n’ont pas fini de vous surprendre, leur duo antagoniste fonctionne à merveille et leur joute oratoire font la part belle à l’humour et au second degré. Le coq halluciné et hilarant de Vaiana et son cochon peureux ne sont pas en reste et rappellent certains complices d’anciens personnages Disney. Si le scénario est relativement classique, on ne s’ennuie pas, l’énergie insufflée dans le film dynamise l’ensemble, les images éblouissent, et l’on passe un très bon moment.

Au delà des océans

Par ailleurs, en plaçant son intrigue au cœur Polynésie, Disney fait de mère Nature l’autre personnage principal de son film. Vaiana, la légende du bout du monde porte en lui un vibrant, mais subtil (tout de même) message écolo : protège la nature, laisse là être ce qu’elle est pour profiter de ses bienfaits, ou subis son courroux : sécheresse, épuisement des ressources, etc.

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Une initiative initiée avec Oceans by Disney avec la sortie des films Le Monde de Dory, Vaiana et bientôt Blue (Disney Nature). Si vous êtes passés par l’exposition Walt Disney – le mouvement par nature » au Musée Art Ludique vous ne pourrez que constater la nouvelle ère qui s’amorce du côté des studios Disney. Bref, embarquez, si la destination importe peu (happy end oblige), le voyage vaut le détour.