Critique

[Alors, on regarde ?] Westworld Saison 2, épisode 1 : Un secret pour les gouverner tous

Série

Par Elodie le

La série phénomène de HBO signe enfin son grand retour, deux ans après une fin épique où les cartes se trouvaient rebattues. Ce premier épisode est-il a la hauteur des attentes ?

Ces joies violentes ont des fins violentes. Cette citation empruntée à William Shakespeare avait nimbé toute la première saison, trouvant sa parfaite illustration dans un épisode final renversant, annonciateur d’une violence encore jamais égalée au sein de Westworld. Désormais, les hôtes allaient reprendre le contrôle de leur monde et les humains deviendront leurs jouets, leurs cibles toutes désignées.

Le premier épisode Journey into Night se regarde comme la saison précédente, rivé à la pellicule, le cerveau en ébullition, le cœur bien accroché, prêt à vivre mille émotions et pas nécessairement les plus réjouissantes. Un pur plaisir coupable, sans aucun manichéisme, contribuant plus encore à son caractère déroutant.

Brainwashing

Si la vidéo mise en ligne par les producteurs de la série n’avait pour but que de troller les amateurs de théories et autres spoils, elle n’en contenait pas moins les premières images de l’épisode 1. Et à l’instar de Bernard, on se réveille sans bien comprendre ce qui se passe autour de nous. Peu à peu, on remonte le fils des événements de la fameuse nuit, mais ne croyez pas pour autant qu’ils vous donneront les réponses aux questions qui se bousculent déjà dans votre tête.

De nouvelles questions apparaissent, de nouvelles intrigues se nouent, de nouvelles possibilités se font jour, un nouveau parc se découvre, et de nouveaux personnages se font connaitre, notamment cet hôte d’un genre particulier, aussi dérangeant qu’intrigant, que l’on a pu découvrir dans des images dévoilées en mars dernier.

Toujours plus d’intrigues

C’est une saison où la temporalité aura encore tout son rôle à jouer puisque ce premier épisode nous fait suivre deux arcs narratifs simultanés, dont Bernard est le personnage principal, mais qui prennent place à une quinzaine de jours d’intervalle. À la fin de l’épisode, nous découvrons une issue finale en train de se mettre en œuvre dans l’une de ces timelines.

À la manière d’une pièce de théâtre, ce premier épisode sert d’exposition, tous les éléments de l’intrigue s’y trouvent, et certainement ceux de son dénouement. À ce titre, Bernard, plus étrange que jamais, semble avoir mis le doigt sur le but véritable de Delos, la société à l’origine du parc.

Le nouveau personnage est d’ailleurs « lié au secret de la corporation qui est caché, mais pourtant à la vue de tous dans le parc, expliquait Jonathan Nolan à Enternainment Weekly en mars dernier. Comme nous l’avions montré dans le pilote, le parc est une chose pour ses clients, mais une autre totalement différente pour ses actionnaires et sa direction. Nous avons utilisé l’analogie avec Google : pour ses consommateurs c’est un moteur de recherche et une boîte mail, mais pour l’entreprise, c’est une plateforme de publicité. »

« Delos a entrepris de faire quelque chose depuis bien longtemps. Tandis que Bernard doit composer avec les conséquences de la fin de la première saison, il découvre des choses à propos du parc que même lui ignore et tombe sur des créatures », comme ce nouveau personnage

Impitoyable

Ce premier épisode plonge donc Westworld dans une sacrée pagaille, où des sommes d’individualités se confrontent sans qu’un véritable « but » soit encore défini. Si ce n’est celui de vivre ou mourir. Un petit gout survivaliste qui n’est pas pour nous déplaire et qui enrobera certainement l’ensemble de cette saison.

Un seul personnage semble se satisfaire royalement du chaos ambiant. Pas besoin d’élaborer de multiples théories pour deviner de qui il s’agit : l’homme en noir va enfin avoir ce qu’il veut, « des enjeux réels, avec de vraies conséquences ». Et que les amateurs de philosophie existentialiste se réjouissent, nul doute que cette deuxième saison questionnera une nouvelle fois notre humanité.

C’est brutal, sanglant, bouillonnant et glacial, bref implacable. Le tout, servi une nouvelle fois par un casting à la partition parfaite et au scénario millimétré concocté par les showrunners de la série Jonathan Nolan et Lisa Joy.

Alors, on regarde ? Évidemment. Comment faire autrement ?

Westworld est à suivre sur HBO et en France sur OCS (US +24h).