Critique

[Critique] Zootopie

Cinéma

Par Pierre le

Disney revient avec un nouveau film d’animation au concept fort et intelligent, qui ne tombe jamais à plat, et ce, grâce au talent d’écriture des auteurs qui empêchent le spectateur de s’ennuyer une seule seconde.

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Imaginez un monde où l’Homme n’a jamais existé. Un monde où les animaux sont devenus civilisés et vivent en paix dans la grande ville de Zootopie. Dans cet univers, Judy Hopps a un rêve, devenir la première policière lapine de l’histoire. Sur sa route, elle va croiser le renard Nick Wilde, truand à la petite semaine. Et c’est ce duo de personnages que nous allons suivre pendant presque deux heures.

La première chose qui frappe dans Zootopie, c’est la profondeur de l’univers. Plus qu’une toile de fond, il a été extrêmement travaillé par Jared Bush et Phil Johnston, les deux scénaristes. Un univers complètement dingue visuellement, mais aussi crédible et utile à l’histoire.

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Et la grande force du film, c’est de ne pas seulement caresser l’univers, mais de nous faire découvrir une multitude de ses facettes. Chaque scène, chaque plan, chaque réplique est là pour l’approfondir, nous en faire découvrir un peu plus. Le spectateur ne lâche pas son attention une seule seconde, tant Zootopie est fouillé et bien mené. On parcourt ainsi les différents quartiers de la ville avec un réel plaisir en compagnie de nos deux personnages. C’est un peu ce qu’il manquait aux Mondes de Ralph, par exemple.

Renard, chenapan !

Si Judy Hopps, la lapine qui sert d’héroïne au film, est bien écrite mais un peu lisse (probablement pour permettre aux petits de s’identifier à elle), il faut saluer le travail effectué pour le personnage de Nick Wilde, le renard. Menteur, voleur, arnaqueur et charmeur, il diffère un peu de ce qu’on a l’habitude de voir dans les Disney. Si les adultes riront de ses blagues ou actions borderlines, les enfants adoreront son côté filou. De même Zootopie présente toute une galerie de personnages biens fichus qui, derrière leurs stéréotypes, se montrent diablement touchants. Mention spéciale au chef Bogo, interprété par Idris Elba en VO.

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Si le scénario se rapproche d’un polar classique, Zootopie a eu l’intelligence d’utiliser à fond son univers pour le faire avancer. Pas question ici de transposer la même histoire dans un monde d’humains, non, puisque le film utilise brillamment son concept jusqu’au bout. Après, l’histoire en elle-même n’est pas non plus fantastique, mais elle a le mérite de se tenir de bout en bout.

Malin comme un singe

Mais le véritable intérêt d’un tel film, c’est bien évidemment son humour. Et sur ce coup, Disney assure encore une fois. La différence entre les deux héros est bien évidemment le moteur de cet humour. Néanmoins, les scénaristes arrivent à nous faire rire avec les différents animaux de Zootopie. Des blagues parfois très fines, cachées dans le décor, et des fois, avouons-le, un peu lourdingues. Cela n’arrive pas souvent, mais c’est tout de même dommage. Ainsi, si vous aviez peur que la séquence des paresseux n’était que le moment fort du film, sachez qu’il y en a plein des comme ça.

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Disney oblige, nous avons également quelques moments d’émotion et une morale. Mais la chose est parfaitement intégrée, et toujours en cohérence avec cet univers qui au final, n’est pas très différent du nôtre.

Verdict

Maîtrisé de bout en bout, Zootopie est une véritable réussite. Original, drôle, bien mené et doté d’un univers intéressant, le dernier né des studios Disney ravira les petits et les grands. Ne prenant pas les premiers pour des neuneus et amusant les deuxièmes, Zootopie est un pur film familial qui marquera par son concept original et son écriture maîtrisée.