Critique

Critique de Détective Conan : The Scarlet Bullet, une sortie au cinéma qui tire dans le mile

Cinéma

Par Amandine Jonniaux le

Sorti aujourd’hui au cinéma, Détective Conan : The Scarlet Bullet est le premier des vingt-quatre longs-métrages de la série à se faire une place dans les salles obscures françaises.

Détective Conan the scarlet bullet
© Eurozoom

Avec 1000 épisodes au compteur et 98 volumes répartis sur 27 ans d’existence, Détective Conan fait aujourd’hui partie intégrante de la culture manga, non seulement au Japon mais aussi en France. Pourtant, aucune des vingt-trois adaptations de la série en long-métrage n’avait encore eu droit aux salles obscures françaises. Une hérésie qui touche à sa fin, avec la sortie cette semaine au cinéma de Détective Conan : The Scarlet Bullet, réalisé par Chika Nagaoka. L’occasion de retrouver le plus petit des grands détectives dans une nouvelle aventure inédite et particulièrement explosive.

Une réunion de famille réussie

Pour ce nouveau long-métrage, l’œuvre culte de Gosho Aoyama n’a pas été confiée à n’importe qui. À la tête de The Scarlet Bullet, les spectateurs pourront en effet retrouver la réalisatrice Chika Nagaoka, déjà responsable du dernier film Détective Conan : Le poing de saphir bleu, sorti en 2019. Au scénario, Takeharu Sakurai signe quant à lui sa cinquième collaboration avec la licence, sans compter sa participation antérieure à plusieurs épisodes de la série animée.

Détective Conan the scarlet bullet
© Eurozoom

Force est d’admettre que le résultat est là. En confiant The Scarlet Bullet à des habitués de la saga, ce nouveau long-métrage s’impose brillamment dans la lignée des précédents films. On y retrouve évidemment les personnages principaux de la série animée, mais aussi plusieurs protagonistes secondaires bien connus des fans. En plus de Ran et du Club des Petits Détectives, Conan pourra en effet compter sur des alliés de taille dans cette nouvelle aventure : le film met en effet l’accent sur la famille Akai, et plus particulièrement sur Shuichi Akai, un agent du FBI et tireur d’élite apparu pour la première fois dans l’épisode 230 de l’anime. En plus de ces alliés énigmatiques, le détective pourra aussi compter sur son alter ego féminin Ai Haibara, une ancienne scientifique de l’Organisation des Hommes en noir, elle aussi transformée en enfant après avoir ingéré de l’APTX-4869.

En mettant à l’honneur des personnages secondaires de la licence, Chika Nagaoka et Takeharu Sakurai visent juste, en offrant aux fans une jolie lettre d’amour aux péripéties souvent ubuesques de Conan Edogawa. C’est d’ailleurs l’un des reproches que l’on pourrait faire à The Scarlet Bullet : à trop vouloir parler aux fans, le film oublie parfois que tout le monde n’a pas pris le temps de lire ou de regarder l’intégralité de la série (pour info il vous faudra un peu moins de 10 jours et demi non-stop pour visionner les 1006 épisodes de l’anime). Malgré un briefing nécessaire en début de film, le scénario pourra parfois perdre les plus novices, notamment concernant les liens qui existent entre Conan et la famille Akai.

Un blockbuster hollywoodien à Tokyo

Si Détective Conan : The Scarlet Bullet ne boude pas le fan-service, le scénario de ce nouveau film s’éloigne pourtant de l’ambiance de l’anime, pour prendre des airs de thriller policier hollywoodien. Alors que Tokyo s’apprête à accueillir les Jeux Sportifs Mondiaux (des Jeux olympiques fictifs), le Japon inaugure le lancement de l’Hyper Linear, un train à très grande vitesse similaire à l’Hyperloop de Virgin Galactic. Quelques jours avant le lancement de cet évènement international, plusieurs sponsors des JMS sont kidnappés. En menant l’enquête aux côtés d’Ai Haibara et du FBI, Conan réalise alors que l’affaire ressemble étrangement à des évènements survenus 15 ans plus tôt à Boston.

Détective Conan the scarlet bullet
© Eurozoom

Après Singapour dans Le poing de saphir bleu, la réalisatrice Chika Nagaoka nous plonge cette fois-ci dans le berceau de la liberté, en donnant la parole à de nombreux personnages américains (anglophones dans la version originale). Un moyen de toucher un public international tout en occidentalisant (un peu) la licence nipponne ? Sans doute. Même si le folklore de Détective Conan se suffit largement à lui-même, l’exercice n’est d’ailleurs pas un échec. Avec son scénario à 1000 km/h et ses nombreuses scènes d’action, notamment propulsées par l’Hyper Linear, le film n’innove pas, mais conserve son efficacité. Les puristes regretteront sans doute l’absence de quelques mécaniques devenues cultes dans la série, ainsi que le peu d’apparitions du truculent Kogoro Mouri au sein de l’intrigue, mais le résultat fonctionne. Même constat pour l’animation, qui reste fidèle à l’anime, tout en nous offrant quelques jolies scènes inattendues à bord du Japanese Bullet..

Conan le nostalgique

On ne vous mentira pas en disant que The Scarlet Bullet révolutionne la saga. C’est même tout l’inverse : pendant près de deux heures, Conan Edogawa et ses amis se contentent de nous offrir ce qu’ils savent faire de mieux : enquêter. Malgré un léger glissement de l’autre côté du Pacifique, le long-métrage reprend tous les ingrédients des enquêtes de Shinichi Kudo. Sans être un chef-d’œuvre, le résultat tire inévitablement dans le mile. Car c’est bel et bien sur la nostalgie que s’appuie ce nouveau film Détective Conan. En 27 ans d’existence, le manga a su trouver son public, qui apprécie la licence pour ses personnages attachants autant que pour ses énigmes alambiquées aux résolutions farfelues, parfois à la limite du kitsch. Sur ce point en particulier, la balle écarlate nous touche en plein cœur, à la manière d’une madeleine de Proust dont on ne se lassera sans doute jamais.

Découvrir la saison 1 de Détective Conan

Notre avis

Avec ses airs de blockbuster hollywoodien, Détective Conan marque une première arrivée réussie de la licence de Goyo Aoyama au cinéma français. Sans révolutionner le genre, The Scarlet Bullet reprend tous les bons ingrédients de la série, tout en y ajoutant une dimension plus haletante et spectaculaire qui n’est définitivement pas dénuée d’intérêt. Les salles de cinéma nous avaient manqué, et la sortie de ce vingt-quatrième long-métrage est une excellente excuse pour fêter leur réouverture.

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