Critique

[Critique] Sonic : le hérisson Sega-melle sévère

Cinéma

Par Allan Blanvillain le

Le succès surprise (mais pas si démérité) de Détective Pikachu a fait des émules et c’est au tour de Sonic, icône mythique de Sega, de prendre la route du grand écran. Avec son design remanié à la dernière minute, suite à la colère des fans, on peut dire qu’il revient de loin… pour aller nulle part.

Comment adapter un jeu vidéo où le héros ne fait que courir à travers plusieurs décors, cherchant à échapper au maléfique Robotnik ? La réponse est évidente : faire comme les collègues et transposer son personnage dans un univers réel aux côtés d’alliés de chair et d’os. À partir de là, le pitch est des plus simples : un hérisson bleu d’un autre monde se cache sur notre Terre, à Green Hill précisément (en référence au premier niveau du jeu), et lorsqu’il est repéré, il va devoir compter sur James Marsden pour échapper au Dr. Robotnik. Point notable : les fameux anneaux servent ici à voyager d’un monde à l’autre. Ce qui laisse présager quelques changements de décor originaux, à l’image du support initial.

Sonic (Ben Schwartz) in SONIC THE HEDGEHOG from Paramount Pictures and Sega. Photo Credit: Courtesy Paramount Pictures and Sega of America.

Une fainéantise super-Sonic

Hélas, il n’en sera rien. La pauvreté des décors n’a d’égale que celle de l’histoire en général. Malgré le potentiel de Sonic sur grand écran, le film se distingue par une absence totale de fantaisie. Là où Détective Pikachu jouait au moins sur le côté méta de son univers, notre hérisson bleu emprunte un chemin balisé, entrecoupé de blagues et de scènes d’action déjà vues mille fois, notamment chez X-Men. Si le redesign du personnage ne sauvait pas un minimum les meubles, difficile de trouver dans cette production une quelconque volonté de sortir des clous rouillés.

Tika Sumpter, James Marsden, and Sonic (Ben Schwartz) in SONIC THE HEDGEHOG from Paramount Pictures and Sega. Photo Credit: Courtesy Paramount Pictures and Sega of America.

Le fan lui-même ne se sentira pas particulièrement brossé dans le sens du poil au-delà de sa victoire visuelle. Les références présentes tiennent plus du clin d’oeil obligé que d’une véritable volonté de les intégrer au récit, y compris dans ses scènes post-génériques. Du reste, on ne retrouvera rien qui fait la personnalité du jeu, son univers. Au défi de l’adaptation, le métrage a choisi : il prendra le strict minimum et il en fera bien ce qu’il veut.

Car Sonic semble n’avoir qu’un seul objectif : plaire aux plus petits avec les ingrédients les plus remâchés du monde. On est face à un long-métrage fast-food, fainéant, sans inspiration visuelle ou narrative, se reposant uniquement sur son héros mignon et joueur. Une formule facile qui trouve sa cible tout en faisant les poches aux parents piégés.

Sonic (Ben Schwartz) in SONIC THE HEDGEHOG from Paramount Pictures and Sega. Photo Credit: Courtesy Paramount Pictures and Sega of America.

Attention, on ne dit pas qu’on subit le pire film de l’année, du moins pas encore, et rien de profondément désagréable ne se déroule sous nos yeux. Juste qu’on ne lui trouve rien de remarquable, que sa manière d’aborder les thématiques usuelles (famille, amitié, etc.) paraît sortir d’un petit manuel illustré fourni avec les clés du local ménage et que la réalisation de Jeff Fowler ne s’amuse jamais avec son sujet. La vitesse de Sonic n’est rien face à sa rapidité à être oublié.

Un méchant Carrey-ment Jim

« Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » disait Alfred Hitchcock. À défaut d’avoir un méchant ou un film réussi, Sonic peut néanmoins compter sur SON argument de vente : son doublage français ! Plus sérieusement, on veut évidemment parler de la présence de Jim Carrey sur l’affiche.

Neal McDonough and Jim Carrey in SONIC THE HEDGEHOG from Paramount Pictures and Sega. Photo Credit: Courtesy Paramount Pictures and Sega of America.

Si l’acteur trouve en Dr Robotnik surtout l’occasion de se caricaturer, il le fait néanmoins avec un malin plaisir. Chacune de ses scènes lui offre le terrain de jeu idéal pour ses excès et son cabotinage. Il n’en faut pas davantage pour nous rappeler combien son génie comique manque au cinéma. On ne peut que lui souhaiter de retrouver des rôles à sa hauteur, sans avoir besoin de payer le loyer en poursuivant une boule de poils en CGI.

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519 Commentaires

Notre avis

Sans notre affection pour Jim Carrey, Sonic ne vaudrait même pas qu'on fasse l'effort de se souvenir de lui une fois sorti de la salle. Faignant au possible, le film se contente d'user d'une recette facile pour plaire aux gamins en s'assurant une prise de risque minimum. Un pur produit pop-corn pas immangeable, mais difficile à digérer.

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