Critique

[Critique] La série Hunters sur Amazon Prime Video vise-t-elle juste ?

Série

Par Julie Hay le

La chasse est ouverte. Amazon Prime Video dévoile le 21 février sa nouvelle série, intitulée Hunters. Avec Al Pacino et Logan Lerman dans les rôles-titres, le récit dystopique a tout pour nous séduire. Dans son premier épisode, Hunters évite-elle les pièges ?

Crédits : Amazon Prime Vidéo

En 1977 à New York, une bande de chasseurs de nazis découvre que plusieurs hauts dignitaires nazis se sont cachés en Amérique et préparent l’arrivée d’un IVe Reich. L’équipe se lance alors dans une vendetta sanglante et sans pitié.

Dans Hunters, on grille les nazis comme les saucisses d’un barbecue. L’intrigue, presque dystopique, s’ouvre sur une scène surréaliste dans le pays de l’oncle Sam. Une survivante des camps de concentration reconnaît l’un de ses tortionnaires et la fête tourne rapidement au bain de sang. Au bout de quelques secondes, le décor est posé et on sait Hunters ne fera pas la dentelle. La série sera violente et loufoque, on ne boude pas notre plaisir. Malgré tout, ce premier épisode s’avère un peu moins bon que ce l’on espérait et rapidement la construction, un brin foutraque, pose quelques problèmes. Si, dans l’ensemble, le pilote rassemble les ingrédients d’un bon thriller, il n’est pas toujours efficace dans son exécution. Il souffre de quelques inégalités de rythme et l’introduction s’avère parfois assez laborieuse. Les derniers instants sont un peu précipités et s’inscrivent en totale opposition avec le début de cet épisode. Malgré tout, la mécanique fonctionne et l’on en redemande. L’épisode est le plus long de la série, sans que cela se justifie complètement.

Rendre à Tarantino…

David Weil, à l’écriture du scénario, semble s’être largement inspiré de Tarantino pour nous livrer sa fable. Dans la lignée d’Inglorious Basterds, Hunters interroge la notion de moindre mal et de violence légitime, sans tomber dans les écueils du genre. La série utilise la violence graphique et l’humour noir pour faire passer son message et c’est assez efficace. Plutôt grossière à certains instants, cette dimension comique apporte tout de même une autre lecture au spectacle qui se joue sous les yeux des téléspectateurs. Certaines scènes sont teintées d’une ironie plaisante et renforce cette idée d’une série éminemment politiquement incorrecte. On a tout de même le sentiment que le scénariste ne pousse pas le curseur assez loin et qu’il reste dans la retenue. Dans certaines scènes flashback, il réussit pourtant à nous glacer le sang et nous replonge au cœur de cette période historique terrifiante. En revanche dans les années 70, David Weil use et abuse des références à la pop culture de manière appuyée et assez hasardeuse, il fait un parallèle entre les idéologies de l’Empire dans Star Wars et celles du IIIe Reich.

crédits : Amazon Prime Vidéo

Comics et Hunters, mêmes combats

Deux personnages sont largement introduits dans ce premier épisode, Meyer Hoffman et Jonah Heidelbaum. Les protagonistes se croisent dès les premières minutes et le parallèle avec des personnages de comics est sitôt évident. Logan Lerman incarne un jeune homme dont le destin ressemble étrangement à celui de Peter Parker et son alter-égo araignée. Celui qui vit chez sa tante va se retrouver du jour au lendemain orphelin et c’est cet événement qui va le pousser à entrer en guerre contre les nazis. Si Logan Lerman est assez convaincant dans son rôle, il n’en reste pas moins un archétype du genre.  Catapulté dans un monde qu’il ne connaît pas, il incarne le personnage passif de début de film, que le 7ème art a essoré. Al Pacino s’en sort mieux et oscille brillamment entre la figure du vieux sage et celle du justicier qui agit dans l’ombre. Le monument du cinéma réussit à donner de la profondeur à son personnage, qui ne semble pourtant pas avoir été écrit sur-mesure. Meyer Hoffman ressemble parfois plus à un Bruce Wayne des années 70, qu’un réel chasseur de nazis sans foi, ni loi.

Crédits : Amazon Prime Vidéo

On restera silencieux quant au reste du casting, puisque le premier épisode ne s’attache qu’à introduire le duo. On remarquera quand même que Jerrika Hinton incarne à la perfection cette représentation de la justice, sorte de Jim Gordon au féminin qu’est Millie Malone. Décidément, les parallèles sont nombreux. On espère que le reste du casting s’éloignera de ces schémas et réinventera la série qui a définitivement des airs de déjà vu. La mise en scène est efficace et quelques plans sont mémorables. L’ambiance 70’s est maîtrisée, tant au niveau de la photographie que des décors. Alfonso Gomez-Rejon fait corps avec sa caméra, pas de doute là-dessus.

À la fin de l’épisode, ne reste qu’une chose : l’envie d’en voir plus. On oublie volontiers les petits défauts du pilote pour se concentrer sur cette aventure divertissante qui s’annonce trash à souhait. On espère voir la série prendre de la hauteur, et surtout qu’elle nous offre quelques séquences vraiment intéressantes. Il lui faudra éviter de tomber dans des schémas qui pourraient nuire à l’intérêt qu’on lui porte.

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Notre avis

Hunters est une plaisante incartade dans l’univers dystopique de David Weil. Le scénariste, qui signe sa première série, s’en sort plutôt bien, même s’il n’évite pas les pièges de l’imitation. N’est pas Quentin Tarantino qui veut. S’il parvient à se détacher de cette forte inspiration, il pourrait bien offrir une relecture du devoir de mémoire et proposer une oeuvre aboutie et lourde de sens. Les thématiques abordées font tout de même de cette série une oeuvre importante qui, on l’espère, réussira son entrée dans le vif du sujet.

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