Critique

The Silence : Le blockbuster Netflix qui aurait mieux fait de se taire

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Amandine Jonniaux le

Sorti en 2018, Bird Box avait connu un énorme succès sur Netflix, en mettant en scène des monstres invisibles qu’il ne fallait surtout pas regarder. Quelques mois plus tard, c’est donc armé d’une logique simpliste mais implacable, que la plateforme de streaming revient à la charge en nous offrant The Silence, un film horrifique signé John R. Leonetti, où la menace est aveugle… mais pas sourde.

Crédits – The Silence Netflix 2019

Après nous avoir privés de la vue avec Bird Box, Netflix nous enlève la parole avec The Silence, un film de science-fiction horrifique écrit par John R. Leonetti, et basé sur le best-seller de Tim Lebbon sorti en 2015. Centré sur l’histoire d’Ally Andrews (Kiernan Shipka), une jeune fille de 16 ans devenue sourde suite à un accident de la route, et de sa famille, le synopsis de The Silence revient sur la progression d’une menace inconnue et meurtrière, personnifiée par les vespidés, de mystérieuses créatures volantes, et visiblement pas très amicales.

Un survival horror convenu…

The Silence emprunte tous les codes du survival horrifique moderne, depuis The Walking Dead jusqu’à Bird Box, assumant même quelques références aux Oiseaux, le chef-d’œuvre d’Alfred Hitchcock de 1963. Une recette qui aurait pu être efficace, si elle n’avait pas été aussi prévisible. En 90 minutes, le film de Netflix enchaîne les poncifs du genre, et les scènes nous laissent continuellement une sensation de déjà-vu, ce qui rend le long-métrage particulièrement prévisible. Le concept mis en images par John R. Leonetti est intéressant, mais il n’est malheureusement ni original, ni même novateur sur nos écrans : En juin dernier, Sans un bruit (notre critique dispo ici) faisait mieux pour un synopsis (quasiment) identique.

Crédits – The Silence Netflix 2019

… et édulcoré

Malgré un trailer glaçant, et un début assez prometteur, The Silence peine à s’imposer dans le genre horrifique. Les jumpscares sont littéralement absents, et l’angoisse à peine esquissée. Là où Bird Box réussissait le pari de nous faire peur avec une menace invisible, The Silence essaie maladroitement de suivre le même chemin, mais en montre trop, ou pas assez. L’esthétique des vespidés frôle le grotesque, et leur apparition frontale dès le début du film ne sert pas l’intrigue et tue le peu de suspens qui pouvait subsister. Les rares moments d’angoisse de The Silence tournent rapidement court, au point qu’on se demande pourquoi le long-métrage a été interdit aux moins de 16 ans.

En plus d’être très édulcoré, le film nous confronte aussi à certains détails scénaristiques qui ont du mal à tenir la route. Si on accepte sans poser trop de questions l’idée d’une invasion massive de mini-ptérodactyles aveugles et meurtriers, on comprend plus difficilement qu’en pleine apocalypse, l’électricité et les réseaux sociaux continuent de fonctionner parfaitement.

Chut !

Crédits – The Silence Netflix 2019

The Silence étant centré sur le bruit (ou en l’occurrence, l’absence de bruit), on s’attendait à en prendre plein les oreilles du début à la fin. Dès les premières minutes, le générique s’annonce vraiment prometteur, avec 30 secondes de bourdonnements oppressants, mêlant insectes et brouillard industriel. Dommage, le reste du film ne suit pas. La bande originale imaginée par le groupe électro Tomandandy est réussie, mais les longs silences imposés par le scénario ne sont pas assez exploités, ce qui les rend finalement trop anecdotiques.

Notre avis

Loin de nous laisser bouche bée, The Silence tente maladroitement de surfer sur le succès de Bird Box, mais peine à convaincre. Si le duo Stanley Tucci / Kiernan Shipka fonctionne plutôt bien à l’écran, les rares moments d’angoisse initiés dans le film sont rapidement étouffés, au point qu’on a parfois l’impression de se retrouver dans un crossover entre La Famille Bélier et The Walking Dead. La fin du film est malheureusement à son image, précipitée et convenue. Dommage pour John R. Leonetti, pourtant habitué au genre horrifique avec Annabelle, sorti en 2014.

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