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[Dossier] Cowabunga ! L’incroyable histoire des Tortues Ninja (1ère partie)

Chevaliers d'écailles et de vinyle

Pour que les quatre tortues ne soient pas juste des clones les unes des autres, il est important de leur définir des personnalités spécifiques. C’est ainsi que Raphael et son tempérament explosif sont inspirés de Kevin Eastman, tandis que Donatello et son côté génie nerd viennent de la personnalité de Peter Laird. Il est amusant de noter d’ailleurs que d’autres personnages, qui arriveront plus tard dans la série, ont aussi trouvé une origine intéressante. Ainsi, April O’Neil n’est ni plus ni moins qu’une petite amie de Kevin Eastman, qui deviendra sa femme par la suite. Quand à l’hyper populaire Casey Jones, il a en fait été développé avec le personnage de Jack Burton en tête (interprété par Kurt Russel, dans l’excellent Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, de John Carpenter). Splinter, lui, est inspiré par Stick, le mentor de Daredevil.

La réception par le public pour ce premier numéro est incroyable et dépasse complètement ce qu’avaient imaginé Eastman et Laird. L’une des preuves du fait qu’ils ne pensaient au départ pas faire autre chose qu’un one-shot est la mort de Shredder dans ce premier volume. Oui, celui que l’on connait aujourd’hui comme l’éternel rival des tortues, tantôt menaçant, tantôt ridicule, celui qui veut dîner de la soupe de tortues, l’homme qui passe 5 heures à tout retirer avant de franchir les détecteurs à métaux à l’aéroport, Oroku Saki, dit Shredder, est exécuté par les tortues au terme de la quarantaine de pages de ce comic book. À quatre contre un, sous les ordres d’un Splinter presque fanatique.

Eastman et Laird se rendent alors compte qu’ils peuvent potentiellement vivre leur rêve d’écrire et de dessiner des comics, et décident de se pencher sur le second numéro.
The rest is… non, j’déconne. Ce second numéro sort fin 85 et est tiré cette fois à 15 000 exemplaires, qui se vendent tous en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire (ce qui n’est pas totalement vrai, mais l’expression est cool et assez parlante). Ce second numéro leur rapportera d’ailleurs la somme de 4000 dollars, ce qui, à l’époque, leur parait complètement fou. Ils ne réalisent alors pas vraiment qu’ils sont en train de changer la face des comic books pour toujours, tout en écrivant une page importante de la pop-culture.

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