Dossier

[Dossier] X-Men : Bryan Singer a-t-il changé le monde ?

De la poule ou de l'œuf

Dossiers / Comparatifs

Par Feel le

Si l’on cherche à étudier l’impact culturel des comics aujourd’hui, il est impossible, voire amateur, d’occulter les films et séries qui pullulent depuis quelques années. Si à une époque pas si lointaine, vouloir adapter un comic book faisait ipso facto de votre projet une production de seconde zone, les super héros en collants ont aujourd’hui droit aux mêmes budgets que les plus gros blockbusters de l’été. Alors certes, la qualité de ces films provoque moult débats et fait s’opposer de nombreux fans de par le monde, mais là où tout le monde devrait tomber d’accord, c’est sur le fait que les X-Men ne seraient aujourd’hui pas aussi connus s’il n’y avait pas eu les deux premiers X-Men de Bryan Singer. Et c’est un fait, indépendamment de ce que l’on peut penser de ces films.

Singer fait partie de ces réalisateurs qui ne se sont pas contentés d’adapter des super héros au cinéma ; ils ont décidé de les réinventer, quitte à remodeler certains aspects au marteau piqueur et à, de ce fait, brosser certains fans à rebrousse-poil. Le but de cet article n’étant pas de savoir qui des détracteurs ou des fans de Singer et de son travail ont raison, mais bien de mesurer l’impact de ses œuvres au sein du mainstreamage (néologisme gratuit, c’est cadeau, ça me fait plaisir) des X-Men et plus généralement des super héros issus de comics.

Je chante, je chante soir et matin…

Bryan Singer, donc. Responsable (entre autres) de l’histoire et de la réal’ des deux premiers X-Men, absent du catastrophique X3 car en tournage de Superman Returns, Singer a très rapidement tenu à revenir sur les X-Men. Et plutôt que d’oublier la première trilogie pour simplement repartir sur les bases établies par First Class, il a décidé de lier les deux univers, faisant du film se situant dans les années 60 non plus un reboot, mais bel et bien une préquelle. Ballsy (ça veut dire « courageux », en anglais. Apprenez en vous divertissant, ça ne peut pas vous faire de mal).

On pourrait alors être tenté de reprocher à Singer d’avoir absolument tenu à conserver une continuité entre les deux univers, quitte à provoquer quelques inconsistances scénaristiques, mais ce serait tout de même faire preuve de mauvaise foi et d’un tri sélectif qui n’a rien à voir avec les sacs jaunes. En effet, si l’on veut être totalement honnête, les soucis chronologiques sont légion (et je ne parle pas du fils de Xavier), dans les comics. Alors il serait dommage de se concentrer sur cet aspect, et de passer à côté de la richesse que nous propose cette fusion des deux univers. Mais râler, c’est une tradition.

02