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On a testé le Samsung Onyx, l’écran LED qui veut révolutionner vos séances de cinéma

Cinéma

Par Henri le

Cela fait un bon moment que Samsung travaille sur une technologie capable de remplacer les moyens de projection traditionnels des films en salle. Avec l’Onyx, le coréen semble tenir le bon bout.

Les technologies d’affichage d’image se suivent et ne se ressemblent pas. Samsung en sait quelque chose puisque la marque fabrique des téléviseurs depuis les années 80. Cela fait déjà quelques années qu’elle peaufine ses écrans QLED pour le grand public (on vous parlait récemment des derniers téléviseurs de sa gamme) face à LG qui a fait le pari de l’OLED pour ses grandes dalles. Mais le géant coréen s’intéresse également au secteur professionnel et voit dans le cinéma un moyen de démontrer son savoir-faire. Si l’industrie a toujours bien résisté aux crises, elle est de plus en plus concurrencée par le streaming et la SVoD. Ses acteurs essayent donc d’offrir une prestation premium en mettant en avant des fonctionnalités exclusives. Salle Dolby Cinéma, Imax, ICE, Screen X ou encore 4DX, il y a désormais l’embarras du choix, à condition de rajouter quelques deniers supplémentaires.

La firme coréenne dispose d’une solide expérience dans l’affichage B2B et a décidé de s’en servir pour moderniser la façon de consommer les films en salle. C’est dans cette optique qu’elle a développé l’Onyx Cinema Led, un écran compatible HDR qui ne réfléchit pas l’image d’un projecteur, mais la diffuse directement, comme le ferait une télévision. Pour ce faire, cette dalle émissive utilise des Leds SMB, qui ont l’avantage de pouvoir s’éteindre complètement, à la manière d’un OLED. Il ne s’agit pourtant pas de MicroLEDs, que nous avions pu voir sur l’installation « The Wall » lors du CES 2018. En empilant 96 panneaux de ce type, Samsung arrive à recréer la qualité d’un écran HDR en taille XXL.

L’intérêt d’une telle installation est également logistique. L’exploitant n’a plus besoin de consacrer de l’espace pour la projection et peut ainsi intégrer plus de sièges dans la salle. Trois tailles d’écran sont pour l’instant disponibles : 5m, 10m ou 14m. En cas de problème sur certains pixels, il suffit de changer le panneau en question. Le recalibrage se fait apparemment rapidement.

Contrairement à une toile, ces LED RVB permettent de profiter d’un taux de luminosité élevé, avec des pics annoncés comme pouvant atteindre les 500 cd/m2. Par conséquent, le contraste est bien plus important, et l’image est sublimée. Cela permet également de pallier un des défauts majeurs lors de la diffusion de films en 3D.

Beaucoup de spectateurs se plaignent en effet que l’image n’est pas assez éclatante lorsqu’il regarde un film avec des lunettes. Samsung promet que son écran Onyx permet une amélioration significative de l’expérience, notamment grâce à un effet de profondeur plus prononcé.

Nous avons pu nous faire notre propre avis lors d’une diffusion en HDR du Chant du Loup (d’Antonin Baudry), premier long-métrage français à être retravaillé pour ce type de salle. La séance se déroulait dans une des salles du Pathé Beaugrenelle… et il faut admettre que l’image est très convaincante. Lorsqu’il est éteint, il est quasiment impossible de distinguer les rebords de l’écran. Le film se déroule dans les profondeurs de l’océan, ce qui nous a permis d’apprécier les différentes teintes bleutées de ce dernier, et la qualité de retranscription générale des couleurs. Même constat en intérieur lorsque les lumières des écrans de contrôle et gyrophares se reflètent sur les acteurs. Cela renforce le réalisme général sans pour autant annuler le grain choisi par le réalisateur. Un très bon point.

Crédits : @Pathé Distribution

Il a également fallu repenser le son, qui ne provient plus cette fois de derrière l’écran. Samsung a donc décidé de placer ses enceintes au-dessus et en dessous de la dalle. L’ensemble reste efficace, mais on ne ressent pas la même claque procurée par le Dolby Atmos, qui se prêtait pourtant particulièrement à ce genre de long-métrage. Chez Samsung, l’image prévaut.

Gary Guillier-Marcellin, directeur de la division display chez Samsung Electronics France, ne s’est hélas pas épanché sur le coût d’un tel écran, qu’on imagine encore très élevé. Idem sur la consommation exacte même s’il nous a été précisé qu’elle était similaire à une solution Xenon.

Quid du tarif ? Pathé annonce que les films diffusés en 3D dans ces salles couteront trois euros supplémentaires. Un tarif assez similaire à ses concurrents. Il faudra donc que les spectateurs concernés (ce qui est loin d’être le cas de tous les Français) choisissent la technologie qui leur convient le mieux. Mais pour cela, il faudra tester !