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Sélection : Les cinq BD qu’il ne fallait pas louper en février

bande dessinée

Par Jules le

Certes, février possède moins de jours que les autres mois. Cela ne veut pas dire pour autant que les sorties de bandes-dessinées et autres comics sont moins nombreuses. Heureusement pour notre appétit de lecteur, nous direz-vous. Nous avons donc fait un tour d’horizon des arrivages de ces dernières semaines pour ne retenir que cinq ouvrages qui valent le coup d’oeil.

Ultralazer (tome 1)

Vous l’aurez peut-être remarqué au fil de nos listes de lectures, nous parlons peu, pour ainsi dire pas, de bandes-dessinées destinées à un très jeune public. En effet, la plupart des oeuvres qui retiennent notre attention s’adressent avant tout à des adultes ou des jeunes adultes. Pourtant, la BD jeunesse est loin d’être un sous-genre dépourvu d’intérêt. Et Ultralazer chez Delcourt le prouve bien. Imaginé par Pauline Giraud et Maxence Henry, ce premier volume conte l’histoire de Horb, un jeune guerrier, et Bouko, son cerf/élan de compagnie, qui ont la lourde de tâche de s’occuper du roi des bêtes, l’un des dieux de la planète Topoï. Mais lorsqu’une armée de buzards décide de troubler la paix du quotidien en détruisant tout sur leur passage, les deux gardiens et la divinité s’enfuient en quête d’un immense et mystérieux pouvoir baptisé Ultralazer. Tout en étant simple, l’intrigue reste prenante et a de quoi captiver un jeune public envieux de lire de la bande-dessinée. Mais c’est surtout le coup de crayon de Maxence Henry et Yvan Duque qui ont retenu notre attention. Mélangeant plusieurs styles, tels qu’une forme de cubisme ou la patte graphique de certains films de Miyazaki, Ultralazer déploie un univers qui charme la pupille.

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Ultralazer, tome 1 par Pauline Giraud (scénario), Maxence Henry et Yvan Duque (scénario et dessin), chez Delcourt. Sortie le 27 février, 18,95 euros.

Agent 47 : Birth of the Hitman (One Shot)

Alors que IO Interactive a offert une seconde vie à l’assassin chauve le plus célèbre du jeu vidéo avec les appréciables Hitman (2016) et Hitman 2 (2018), le studio danois s’est tourné vers le monde du 9e Art pour détailler les débuts de l’Agent 47. Et c’est à la plume de Christopher Sebela, couplé aux talents de dessinateurs de Jonathan Lau et Ariel Medel que IO Interactive a fait appel pour donner vie à ce projet. Édité en France par Mana Books, Agent 47 : Birth of the Hitman raconte ainsi, comme son nom l’indique, la vie d’assassin de l’Agent 47 avant qu’il ne rentre au service de l’ICA. Mais l’intrigue ne se contente pas de suivre les pérégrinations du tueur à gages entre Berlin-Est et Tchernobyl dans les années 90, puisque le lecteur est également témoin de l’ascension de Diana Burnwood, sa future agente de liaison au sein de l’ICA. Ainsi, entre deux assassinats, Agent 47 : Birth of the Hitman détaille la psychologie des deux personnages et les événements qui ont poussé leur chemin à se croiser.  Pour peu que vous soyez fan de la licence, cette bande-dessinée a toute sa place dans votre bibliothèque.

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Agent 47 : Birth of the Hitman, par Christopher Sebela (scénario), Jonathan Lau et Ariel Medel (dessin), chez Mana Books. Sorti le 21 février, 15 euros.

Made in France, chronique d’une famille chinoise à Paris (One Shot)

Made in France, chronique d’une famille chinoise à Paris, c’est un voyage dans le passé de la France. Un retour sur le dernier tiers des Trentes Glorieuses, mais vu à travers un filtre différent : celui d’une petite fille chinoise, née à Paris, de parents ayant fui la violence maoïste. Récit à la forme autobiographique, la narratrice évoque son enfance et son adolescence, bercées par la télévision, la musique populaire et surtout sa double-culture. Une vision inédite de la France, largement ponctuée d’humour, et qui surprend le lecteur par ses réflexions touchantes. Le tout magnifié par un coup de crayon léger et des touches d’aquarelles rouge et bleue.

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Made in France, chronique d’une famille chinoise à Paris, par Brigitte Tchao (scénario) et Christel Han (dessin), chez Les Enfants Rouges. Sorti le 7 février, 15 euros.

Isola (tome 1)

Réaliste dans son dessin, Isola se veut plus onirique dans son choix de couleurs. Les nombreuses planches qui déploient un camaïeu de couleur subliment les instants de rêveries qui émaillent le récit. Karl Kerschl et Msassyk font ici montre de tout leur talent pour mettre en scène l’histoire née de l’imagination de Brenden Fletcher. Lui que l’on avait déjà vu à l’écriture de comics de super-héros, comme Batgirl ou Gotham Academy, se tourne ici vers l’heroic fantasy qu’il saupoudre de mythologie grecque. En effet, Isola suit la fuite de la Reine Olwyn, atteinte d’un maléfice, et de sa garde du corps vers le royaume des morts Isola, afin d’y lever l’ensorcellement. Difficile de ne pas y voir l’influence du mythe d’Orphée. Une quête considérablement bien rythmée, faisant la part belle aux questionnements et ressentis du duo sur leur propre condition.

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Isola, tome 1, par Brenden Fletcher (scénario), Karl Kerschl (dessin) et Msassyk (couleurs), chez Urban Comics. Sorti le 22 février, 10 euros.

Jane (One Shot)

Pour son premier crochet dans le monde de la bande-dessinée, la scénariste Aline Brosh McKenna a décidé d’offrir un peu de modernité au roman Jane Eyre de Charlotte Brontë, publié en 1847. En tout cas dans son enrobage puisque Jane raconte toujours l’histoire d’une héroïne du même nom qui tombe amoureuse d’un fortuné et puissant homme d’affaires. Un aventure romantique sur le ton de l’autobiographie qui n’a plus rien de surprenant à notre époque. Sauf que Jane est désormais une étudiante en art à New-York, qui devient la nounou d’Adèle, la jeune fille du richissime Rochester. Alors qu’elle se lie petit à petit d’amitié avec l’enfant, Jane développe d’autres sentiments pour son père mais est tiraillé par la vie mystérieuse qu’il mène. Si le scénario particulièrement convenu ne nous fait pas lever la nuit, le dessin de Ramon K. Pérez et les couleurs d’Irma Kniivila sont époustouflants. Le trait clair du premier se marie à la perfection avec les aquarelles de la seconde et donne au récit une ambiance douce. Mention spéciale à l’apparition progressive de la couleur au début de l’ouvrage qui renvoie efficacement au commencement d’une nouvelle vie, lorsque Jane pose ses valises dans la ville qui ne dort jamais.

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Jane, par Aline Brosh McKenna (scénario) et Ramon K. Pérez (dessin), chez Glénat. Sorti le 20 février, 18 euros.