Passer au contenu

Pour le créateur de Womanizer, le futur de la sextech est là

De passage à Paris pour la sortie du film Pour le plaisir, librement inspiré de leur histoire, Michael et Brigitte Lenke les fondateurs de Womanizer sont revenus sur la démocratisation de la sextech, et sur ce qui pourrait bien sonner comme une nouvelle révolution. 

Leur passage en France était assez rare pour qu’on s’y intéresse. En 2014, Michael et Brigitte Lenke inventaient le Womanizer, rapidement devenu la référence ultime sur le marché du sextoy. L’occasion de poser la question qui obsède toute l’industrie de la sextech : après la stimulation clitoridienne à air pulsé, une nouvelle révolution est-elle seulement possible ? Douze ans après son arrivée sur le marché, le jouet pour adulte s’est écoulé à plus de 12 millions d’exemplaires dans 90 pays, tout en imposant une technologie sans aucun équivalent. Aujourd’hui, son créateur reste lucide sur ce que son invention a changé. Et surtout sur ce qui, désormais, semble très difficile à dépasser.

Découvrir la gamme Womanizer

Un sextoy né dans une cave, devenu phénomène mondial

Avant le Womanizer, Michael Lenke n’avait rien d’un acteur de l’industrie du plaisir. C’est une étude américaine, indiquant que près de la moitié des femmes n’atteignaient pas régulièrement l’orgasme, qui le pousse à bricoler un premier prototype à partir d’une pompe à aquarium trouvée dans son garage. Son épouse Brigitte sera la première testeuse. Si les débuts ne sont pas glorieux, le déclic, lui, est statistique : “Quand on a fait un test à grande échelle, 60 femmes de 18 à 65 ans, 98 % ont connu une amélioration significative. C’est là que j’ai compris qu’on tenait un produit révolutionnaire“, nous explique-t-il.

Womanizer (1)
© LAURA DE COMARMOND

Le principe tient en une phrase : une stimulation sans contact. “Le produit ne vibre pas. C’est un champ d’air alterné qui stimule le clitoris sans jamais le toucher“, résume l’ingénieur. Cette absence de contact direct, longtemps présentée comme un simple argument technique, a fait du Womanizer bien plus qu’un gadget. Lenke en a pleinement conscience : il n’a pas lancé un produit, il a fondé une typologie de stimulation. “On a créé une nouvelle catégorie. Aujourd’hui, copies comprises, environ 100 millions de femmes ont transformé leur vie sexuelle grâce à notre technologie“, détaille l’inventeur allemand, qui prend l’arrivée de la concurrence avec philosophie : “C’est normal que les bons produits soient copiés. Mon seul souhait, c’est qu’ils soient bien copiés“.

Après le Womanizer, quelle révolution ?

C’est précisément cette réussite qui complique la suite. Interrogé sur ce qui pourrait re-révolutionner la sextech, Lenke ne cache pas sa confiance : “Inventer un nouveau produit pour les femmes sera très difficile. Avec 98 % de satisfaction, on ne peut pas vraiment faire mieux”. Et force est d’admettre qu’il n’a pas complètement tort. Toute la difficulté est là. Depuis dix ans, chaque marque promet sa propre rupture, l’objet qui changera la face du secteur. Dans les faits, et malgré l’apparition de plusieurs technologies disruptives (le Dot de Lelo et la technologie Magnetic Engine de Satisfyer en tête de liste), la révolution se fait attendre.

Womanizer (2)
© LAURA DE COMARMOND

Et pour les pénis ?

Reste un angle mort. Si la technologie Pleasure Air a bouleversé le plaisir féminin, l’équivalent masculin se fait toujours attendre. Michael Lenke a pourtant essayé, avec un produit pensé pour eux il y a quelques années. Sauf que le Orctan (c’est son nom) n’a jamais eu le succès escompté. “Pour les hommes, c’est très difficile“, admet l’inventeur allemand. “Ils sont beaucoup moins portés sur les jouets. Beaucoup se disent que tant qu’ils ont deux mains en bonne santé, ils n’ont besoin de rien d’autre”. 

L’inventeur ne ferme pas la porte, mais la prochaine révolution ne viendra pas de lui : “Un jour, un esprit brillant inventera le bon produit, celui que tout le monde utilisera” En attendant cette tête bien faite, la prochaine grande secousse de la sextech reste, de son propre aveu, à venir.

Un couple à Paris

Si les Lenke se prêtaient au jeu de l’interview, c’est qu’ils accompagnaient la sortie de Pour le plaisir, la comédie de Reem Kherici portée par Alexandra Lamy et François Cluzet. Le film, sorti le 6 mai 2026, est librement inspiré de leur parcours : Fanny et Tom, mariés depuis vingt ans, voient leur quotidien basculer lorsqu’elle avoue n’avoir jamais connu l’orgasme. L’ingénieur se met alors en tête de fabriquer l’objet qui y remédiera.

L’opération ne doit évidemment rien au hasard. Le film a noué en début d’année un partenariat avec Passage du Désir, premier revendeur mondial du Womanizer, dont le fondateur Patrick Pruvot s’est affiché en partenaire officiel du long-métrage. Coffret collector, jeux-concours et campagne d’affichage massive dans le métro parisien : l’enseigne a transformé la sortie en salle en vitrine grandeur nature pour le sextoy le plus connu du monde.

Découvrir la gamme Womanizer

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode