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Supergirl : les tops et les flops du blockbuster du DCU

On revient sur tout ce qui marche, et ce qui fonctionne moins bien, sur le Supergirl de Craig Gillespie. Et la liste est longue.

Supergirl a enfin débarqué dans nos salles avec l’impossible mission de sauver un box-office domestique et international catastrophique. Néanmoins, malgré une première journée en tête des entrées françaises, le film ne décolle pas d’un point de vue critique où même le public semble à peine lui accorder la moyenne (2,6 étoiles sur Allociné). Est-ce que cela veut dire pour autant qu’on assiste au pire long-métrage dédié à une super-héroïne ? Alors que Wonder Woman 84 et Madame Web existent ?

On a décidé de revenir plus précisément sur les tops et les flops du Supergirl de Craig Gillespie en spoilant légèrement plus que lors de notre critique. Et promis, cette fois on ne parlera même pas du comics !

Flop : Craig Gillespie

On s’attendait à mieux du réalisateur de Cruella qui se contente de nous faire du sous-Gunn dont il reprend les codes, Les Gardiens de la Galaxie en ligne de mire. Tout l’esthétisme du film semble copier la direction artistique du patron, bande-son pop en prime, l’humour en moins. Quant à ses “brigands”, cette fois, c’est du côté de Mad Max que Craig Gillespie va piocher, avec leurs accoutrements post-apocalyptiques, leur recherche de femmes et leurs chevauchées en véhicules dans un paysage désertique. Un rendez-vous manqué.

Critique Supergirl : Woman of Tomorroooooooh
© Warner Bros.

Top : Milly Alcock

L’actrice est un vent de fraîcheur bienvenue dans le DCU, déjà remarquée lors d’une courte scène chez son cousin. Elle incarne une Kara Zor-El hantée par la perte de ses proches, au cœur bien moins léger que Kal-El. Elle a parfaitement cerné les contours de son personnage et maîtrise bien la nuance entre fragilité, nonchalance et sens du devoir. Supergirl est d’ailleurs la seule qui fait preuve d’un véritable cheminement intérieur, non préfabriqué comme chez sa jeune complice.

Critique Supergirl : Woman of Tomorroooooooh
© Warner Bros.

Flop : Lobo

On l’attendait, ce Lobo de Jason Momoa. Lui aussi. L’acteur obtient le rôle qu’il désirait depuis des années et il faut reconnaître qu’il lui va comme un gant. Un protagoniste chaotique comme on les aime. Toutefois, et on s’en doutait malheureusement, Supergirl n’en fera rien. Tout juste s’il a droit à quelques répliques justifiant le salaire de l’acteur, deux-trois scènes et puis s’en va. Un personnage tout ce qu’il y a de plus utilitaire, ou du moins de remplissage, alors qu’il avait le potentiel pour être davantage, comme une sorte de mentor obscur pour Ruthye.

Top : les passages sur Argo

On a beau trouver cet Argo un peu cheap visuellement, ces flashbacks sont néanmoins au cœur du récit pour comprendre notre héroïne. Le bonheur de survivre, puis l’inéluctable fin, le sacrifice et les valeurs… Toute l’essence de Supergirl est dans ces scènes où chaque drame est comme une pierre à l’édifice de ce qui fera sa différence avec Superman. Elles justifient de son existence, bien qu’elles puissent être un peu malhabiles par instants.

Flop : manque de personnalité

Nous le disions par rapport à James Gunn et Craig Gillespie, mais qu’est-ce qui sépare réellement Supergirl d’un bon paquet de blockbusters du genre ? D’une durée finalement plus que raisonnable, le film n’en tire réellement rien d’original, préférant miser sur une action tambour battant. Non, le film n’est pas une catastrophe, mais qu’est-ce qui rend ce Supergirl mémorable ? Là où Superman, que l’on aime ou non, assumait sa colorimétrie et sa naïveté dans le fond comme dans sa forme, ce Supergirl est terne, sans véritable vie. Même lorsque la super-héroïne enfile enfin son costume, la séquence n’aura pas d’impact, ni visuellement ni narrativement parlant.

Supergirl : faut-il rester pour les scènes post-générique ? (Spoilers)
© Warner Bros.

Top : David Corenswet

Le nouveau visage de Superman n’a que quelques scènes, mais il s’en sert pour nous rappeler combien il est important dans ce qu’il transmet du rôle. Une insouciance volontaire, une gentillesse collée à la peau, un sourire chaleureux, la gentillesse absolue et sans compromis. Ce n’est peut-être pas notre incarnation préférée, mais David Corenswet n’a aucunement volé le costume et celui-ci lui va comme un gant.

Flop : les séquences d’actions charcutées

Là où Craig Gillespie ne fait pas dans le James Gunn, c’est peut-être là où il aurait dû davantage prendre exemple. Les scènes d’action sont mal montées, se contentant d’un plan fixe ici et là ou de garder son héroïne en hors-champ pour ne pas s’embarrasser d’une problématique visuelle. Les séquences manquent d’impact concret, zéro jeu ou enjeu avec les caméras et aucune ne nous aura particulièrement marqués hormis une course-poursuite dans l’espace ou deux-trois chorégraphies pour le style. Comme un manque d’énergie globale.

Flop : les effets spéciaux

On peut pardonner beaucoup de choses à Supergirl, mais on accepte mal qu’un film censé être la deuxième force de frappe du DCU fasse une telle économie de moyens sur l’essentiel lorsqu’on part dans l’espace : un minimum de soin pour les effets spéciaux. Dès l’entame, les fonds verts nous sautent aux yeux et tout sonne faux jusqu’à Krypto. Certes, le cabot n’était pas plus crédible dans Superman, mais on a l’impression qu’il est encore moins soigné ici. Comment avoir de la peine pour un animal qui n’apparaît jamais réel ?

Critique Supergirl : Woman of Tomorroooooooh
© Warner Bros.

Flop : la dramaturgie / le masculinisme

Conséquence d’un film qui veut aller à toute vitesse, la dramaturgie ne s’installe jamais. Supergirl évite constamment de se regarder dans les yeux en privilégiant la fuite en avant vers la prochaine scène. On ne prend pas davantage de temps sur la mort des parents de Ruthye que sur la blessure de Krypto, et encore moins sur l’un des moments pourtant climatiques du récit, lorsque Kara manque de mourir sous l’effet du soleil vert. Un climax qui doit placer la Kryptonienne face à la mortalité de tous, y compris d’elle, mais qui s’efface la minute suivante lorsqu’il faut aller péter des genoux.

Même son de cloche du côté de nos brigands enlevant des jeunes filles pour la reproduction. Ou sur une super-héroïne constamment rabaissée par chaque adversaire qu’elle rencontre. Il y aurait des choses à dire sur le sujet et on sent que la scénariste Ana Nogueira veut profiter des blancs pour le faire. Sauf que ce n’est jamais un sujet, simplement une sous-intrigue à peine effleurée, comme si cela n’avait pas d’importance. À partir de là, comment le prendre au sérieux ?

Supergirl, le premier gros échec du DCU de James Gunn ?
© DC Studios

Top et Flop : la force kryptonienne

À celles et ceux qui se plaignaient de voir un Sup’ se faire démonter à chaque combat il y a un an, rassurez-vous, lorsque Supergirl lâche les chevaux, elle ne fait aucun quartier. Néanmoins, comme tout bon film sur un Kryptonien qui se respecte, il est impossible de réellement montrer de quoi elle est capable et le scénario va tenter de la diminuer à chaque occasion. Prouvant ainsi qu’il est toujours aussi difficile de composer avec une figure quasi-divine niveau super-pouvoirs. Ou du moins, de l’assumer pleinement.

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