Dossier

[Reportage] 3 jours dans la ferveur du EVE Fanfest 2016

Par Mathieu le

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Le EVE Fanfest, vous connaissez ? Pour être totalement franc avec vous, moi, je ne savais pas trop de quoi il retournait. Mais c’était avant qu’on me dise que « c’est le salon organisé par CCP Games, les créateurs de EVE Online et EVE Valkyrie. »

D’accord, je situe un peu mieux. Il y a de cela 7 ans, j’avais débuté une seconde vie intergalactique sur le MMO Eve Online, un jeu décidément pas comme les autres que le magazine Joystick conseillait vivement de télécharger via un code pour obtenir des items gratuits (ou quelque chose de la sorte). Tout débuta alors avec un tutoriel des plus compliqué sur lequel j’ai passé une petite dizaine d’heures avant de tout lâcher. Je ne suis pas patient, cela va sans dire.

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Bref, revenons au Fanfest. On m’envoie en Islande, dans la capitale Reykjavik, pour découvrir les futures nouveautés annoncées en avant-première durant le salon. Je suis impatient. Pas simplement parce que j’ai hâte de tester les derniers jeux de CCP Games et de m’envoler à bord d’un vaisseau grâce à la réalité virtuelle ou bien parce que je veux découvrir l’Islande, un pays magnifiquement froid mais dont les paysages sont connus pour être les plus beaux d’Europe. Non. Aussi parce qu’on m’a parlé de ce EVE Fanfest 2016 comme une expérience communautaire mémorable.

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9 heures, arrivée au Harpa, énorme complexe très moderne où se déroulera durant 72 heures le salon. Je suis accompagné de Français, mais aussi d’Américains, d’Anglais, d’Allemands ou de Chinois. Nous sommes accueillis par un membre de CCP qui nous explique que nous allons avoir droit, en tant que journalistes, à un traitement de faveur et que dans les minutes qui suivent, une petite conférence de presse aura lieu, afin de nous annoncer en avant-première ce que nous allons découvrir (le futur de EVE et des jeux développés par CCP). Tout cela m’intrigue. Les Islandais sont d’une rare sympathie et nous présentent leurs jeux comme ils le feraient à des amis, un soir de printemps devant le premier barbecue de l’année. L’humour est l’une de leurs armes favorites et durant la conférence, qui dure à peine une demi-heure, les blagues sont légions. On nous parle donc surtout des Projets NOVA et ARENA, mais aussi un peu du futur de EVE Valkyrie et Online, bien que les plus grosses informations soient gardées pour la grande conférence publique du début d’après-midi.

Eve Online, ce n’est pas qu’un jeu, c’est une communauté. Des frères et des soeurs qui se combattent mais qui peuvent boire une bière le soir venu. Un développeur chez CCP

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Après ce premier moment pour le moins sympathique, on nous emmène dans une grande salle noire, où se trouve à notre droite une douzaine de PC sur lesquels tournent des pré-alpha de Project NOVA, le FPS censé prendre la relève de DUST 514. A notre gauche des membres de CCP nous attendent avec des Occulus Rift pour nous faire tester Project ARENA, le jeu de réalité virtuelle détonnant. Vu que j’avais une coupe de cheveux irréprochable, je me dirige déjà sur un PC et je débute une partie enivrante de Project NOVA. J’étais dans l’équipe bleue, composée de deux Français, deux Allemands, un Chinois et un Américain. On se battait contre l’équipe rouge où il y avait autant de pays différents représentés. Après une vingtaine de minutes à mitrailler dans tous les sens et à retrouver mon sens du frag, j’enlève les doigts de la souris pour me rendre dans la file d’attente afin d’essayer ARENA.

Le producteur du jeu, Morgan Godat, est au bout de la queue et plaisante avec les journalistes. Un mec grand, très costaud et barbu avec qui on a tout de suite envie de devenir ami. Il me demande comment ça va et détecte très rapidement que je suis français, mon accent me jouant des tours. Il me souhaite une bonne séance et je pars mettre un casque sur ma tête, avec l’aide d’un des membres du Fanfest qui finira par m’expliquer comment le jeu fonctionne, le tutoriel étant passé par mon adversaire du jour, un journaliste chinois apparemment pressé d’en découdre. Je joue à cette sorte de Volley-Ball virtuel dans lequel je me perds et…je perds. Fin de la partie. 5-3 en faveur de mon « ennemi » qui s’en va en me gratifiant d’un « merci » comme pour me dire « merci d’avoir tenté de me battre, mais tu es nul« . Je lui réponds « No problem my friend » et je pars à la découverte de Valkyrie et de Gunjack.

Après une très courte pause à attendre mes collègues journalistes français, je décolle donc, encore un casque sur le haut de mon crâne, dans un vaisseau pour tester EVE Valkyrie. Deux équipes de 5 joueurs s’affrontent et j’ai la mauvaise idée de m’équiper d’un vaisseau de type « lourd » qui n’a que pour arme principale un canon très lent à se charger. Après avoir été lancé dans le grand bain gallactique et regardé quelques instants autour de moi la beauté du paysage, je me fais attaquer par mes adversaires. Je pilote aussi bien que je le peux et je réussis même à en dézinguer quelques-uns. Je pense à ce moment-là être le numéro un de mon équipe avant de revoir mes prouesses à la baisse devant le tableau final qui ne me classe que 3ème sur 5. Désappointé, je vais rapidement essayer la version « Gunjack » du jeu, qui marche notamment sur les casques Samsung Gear VR. Une fois encore, un des très sympathiques membres du Fanfest nettoie mon casque et m’explique comment jouer au jeu. Je termine le niveau avec 3 étoiles sur 3, pose le tout avec fierté avant de rejoindre mes collègues.

« L’avenir s’ouvre devant nous. On doit simplement réussir à maîtriser tous les éléments et à les offrir aux joueurs. » Hilmar Pétursson

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Je n’étais pas sorti de ces salles noires depuis plus d’une heure et le Fanfest commençait doucement à se remplir de fans venus du monde entier. En même temps, la grande conférence de présentation allait bientôt débuter. Je me pose sur les balcons de la grande salle du Harpa. Hilmar Pétursson, le CEO de CCP Games commence la cérémonie d’ouverture en nous parlant du salon, de tout ce qui est prévu durant les trois prochains jours et des annonces qui seront faites. Il est rapidement précédé par Andie Nordgren, la productrice exécutive de Eve Online qui fait monter la pression chez les fans en leur promettant monts et merveilles pour le jeu phare de la société. Cela continue et défilent devant mes yeux des personnes dont je n’avais jamais entendu parler mais qui semblaient être des stars tant les applaudissements et les cris étaient puissants à chacune de leur arrivée. Ce que je retiendrais de ce moment et qui prévaudra pour la suite, c’est que les Islandais sont des grands chambreurs et adeptes de l’humour. Il est rare qu’ils finissent une phrase sans y ajouter un peu de sarcasme ou d’ironie afin de faire chavirer la salle.

Après avoir mangé un morceau aux alentours de 13h30, nous sommes reparti dans la salle principale pour assister à la fameuse conférence sur EVE Online. Le jeu a vraiment évolué en 7 ans et les possibilités offertes aux joueurs sont conséquentes désormais.

La diffusion de la bande annonce de l’add-on Citadel fait lever les foules et la musique qui l’accompagne, du hard-rock islando-anglais, composé par un groupe local, reste dans nos têtes durant plusieurs heures. Face à la demande, les représentants de CCP diffusent une seconde fois la bande annonce qui n’en finit pas d’éclabousser les spectateurs. On sent qu’il y a vraiment une ambiance à part dans ce Fanfest. Les joueurs ne sont pas simplement des fans venus pour connaitre les suites de leurs jeux préférés, non. Ils représentent une véritable communauté, la plupart d’entre eux se connaissent et sont mêmes amis. Un fait rare qui prouve que le jeu vidéo peut être bien plus qu’un moment de plaisir sur un écran 22 pouces..

J’ai un coup de mou. Ce Fanfest ne s’arrête jamais. il y a toujours quelque chose à faire. En même temps, j’apprends qu’il faut payer environ 200 euros pour les trois jours du salon. Le prix est un peu excessif mais avec l’ensemble des conférences proposées, c’est assez logique. On peut aller écouter de tout : un mec qui travaille à la NASA et qui explique le lien qui existe entre le jeu et la réalité. Un autre qui nous explique à quel point EVE Online est différent dans milieu du jeu vidéo et qui nous parle de son aspect économique et social dans le monde. On peut assister à différentes keynotes sur les titres de CCP Games mais aussi à des tables rondes entre joueurs ou même à des tournois en direct.

La communauté de EVE est à part dans le jeu vidéo, elle n’a rien à voir avec le reste de l’industrie » un joueur français de EVE Online

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Ma première interview commence vers 15h30. J’ai la chance de rencontrer Snorri Árnason, le producteur executif de Project NOVA. Ma première question est de savoir s’il pense que Project NOVA peut être le successeur de DUST 514 dans le futur. Il me répond : « Nous nous sommes focalisés sur ce jeu pour le rendre meilleur que DUST et apporter de nombreuses choses que nous n’avions pas pu faire avant. La PS3 était en fin de vie et nous voulions trouver un projet sur quelque chose de plus puissant. » Quant au modèle free-to-play du titre, il l’explique par le fait qu’à CCP ils voulait « expérimenter ce type d’offre. Nous voulons que les gens aient plus aisément accès à notre univers »

Au-delà de connaitre son opinion sur son jeu, qu’il allait de façon évidente défendre, je voulais surtout savoir son avis sur la réalité virtuelle, qui a l’air de prendre beaucoup d’ampleur chez CCP.

« C’est un chemin différent pour le jeu vidéo, c’est très excitant mais très dur à réaliser. Nous n’avons actuellement pas les technologies nécessaires pour réaliser un FPS en VR et notre cerveau n’est pas encore prêt. Pas avant les 5 ou 10 prochaines années en tout cas. Mais nous y croyons et pensons que c’est le futur du jeu vidéo. »

Il est bientôt 17 heures et je n’ai toujours rien écrit de concret. Je monte donc en salle de presse écrire le papier sur les différents jeux présentés puis je redescends pour retourner à l’hôtel, situé à quelques minutes du Harpa. Il y a encore pas mal de monde au Fanfest.

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Le second jour, je fais le choix de ne pas trop assister aux conférences mais de m’orienter vers des rencontres avec les membres de CCP et les joueurs français. Tout débute très bien puisqu’on m’a organisé une rencontre avec le CEO de CCP et créateur de EVE Online, Hilmar Pétursson. Très sympathique et amoureux de son jeu vidéo, il m’explique à quel point « EVE Online est à part dans l’offre vidéo-ludique actuelle. » Je suis face à un visionnaire qui ne pense pas pour les douze prochains mois, mais bien les dix prochaines années. Son premier objectif, me dit-il, « c’est de faire plus de progrès sur les 5 prochaines années que durant les 5 dernières. On veut augmenter la galaxie de EVE Online, augmenter le nombre de joueurs présents sur nos serveurs et augmenter les possibilités offertes actuellement. »

Son discours est le même dès que j’aborde l’épineuse question de la réalité virtuelle et où je lui fais comprendre que son prix de départ risque d’être un problème. « Oui, au départ c’est vrai » m’assure-t-il. « Néanmoins, je pense que c’est le futur de l’ordinateur. Le jeu vidéo est une première étape mais il sera nécessaire de démocratiser cette version, cette vision. Nous avons le temps de voir comment les joueurs vont accueillir cette étape puis nous ferons en sorte que la suite leur plaise. J’aimerais par exemple que les gens ne soient pas obligés de venir en Islande pour assister au Fanfest mais qu’ils puissent le faire directement avec un casque. »

Quand j’évoque avec lui l’exclusivité de son jeu pour les PCéistes, il m’explique clairement qu’il ne pense pas que EVE Online « ait un véritable intérêt pour les joueurs consoles. » Néanmoins, il veut s’aventurer sur PS4 et Xbox One dans les années à venir, notamment via la VR et pense que « certains jeux ne seront pas simplement considérés comme de l’eSport mais comme du sport réel. Lorsqu’on voit PROJECT ARENA, on sent à quel point il faudra s’accrocher physiquement pour y jouer sur la durée. »

En France, peu de sites ou de magazines parlent de EVE et on trouve ça dommage. » Un joueur français de EVE Online

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L’une de mes grandes envies lors de ce festival, c’était de rencontrer les joueurs français. Comprendre pourquoi ils étaient si fous de ce jeu, pourquoi ils venaient passer du temps en Islande pour en savoir plus et comment ils faisaient pour aimer, même avec le temps, toujours autant ce jeu, quitte à dépenser des sommes ahurissantes afin de venir à Reykjavik.

Il était environ 14 heures et j’arpentais les couloirs du salon, qui, soit dit-en passant, étaient souvent étrangement vides. N’allez pas croire que c’était parce qu’il n’y avait pas de monde à ce Fanfest, non, loin de là. Mais la mentalité Islandaise est différente. On ne vous demande pas de rester à un seul et même endroit tout au long de votre séjour. Si vous venez au Fanfest, en plus de pouvoir assister à des keynotes, vous pouvez vous faire tatouer un truc de EVE sur le corps, vous faire coiffer bizarrement, aller jouer aux jeux du groupe CCP ou tout simplement…aller dans des bars. Oui, le concept est fou, mais pour rencontrer des développeurs ou des membres de CCP, il est préférable de se rendre dans les bars alentours plutôt que de rester au Harpa. Une bière en main, vous pouvez plus facilement échanger qu’en restant dans une petite salle vide lugubre qui ne donne pas envie de fraterniser.

Bref, pour revenir à ma seconde journée, j’avais deux grands objectifs. Et le premier, rencontrer les français, allait vite se réaliser. Un petit groupe de 6 joueurs se présentait rapidement à moi. Jean (31 ans, joue depuis 4 ans), Corentin (28 ans, joue depuis 6 ans), Baptiste (25 ans, joue depuis 5 ans), Julien (30 ans, joue depuis 12 ans), Jim (24 ans, joue depuis 8 ans) et Rémy (30 ans, joue depuis 5 ans). Je me souviens qu’en arrivant et en se présentant, Julien ait dit « c’est vous les journaleux ? Vous ne jouez même pas et vous venez au Fanfest, n’importe quoi ! » Ambiance…

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Après avoir expliqué ce que je souhaitais faire et tenté de détendre l’atmosphère avec un zeste d’humour, j’invitais mes compatriotes à venir s’asseoir autour d’une table afin de discuter. Fait intéressant pour commencer, aucune des personnes autour de la table ne se connaissait avant le Fanfest. « On s’est croisé sur des forums, on s’est battu mais on a décidé de venir ensemble suite à un topic sur le Fanfest » m’expliquait-on. Intrigué, je leur demandais donc pourquoi ils jouaient à ce jeu que je n’avais jamais eu la patience de continuer. Leurs réponses arrivèrent comme des vagues :

« Je jouais sur d’autres jeux en ligne et quelqu’un jouait à EVE. j’ai regardé et j’ai fait le tutoriel, mais c’était trop compliqué. Puis un jour, j’ai repris. J’ai rencontré des gens et ça m’a amusé. »
« Je me suis remis sur EVE dès que j’ai finis mes études. Depuis, je ne le lâche plus. »
« Un des gars de la team d’OC s’est mis sur la beta d’EVE et je l’ai rejoins. »
« J’ai vu la publicité sur Steam, ça m’a plu et j’ai craqué. Tout simplement. »

Puis, j’ai voulu connaitre leurs opinions sur la réalité virtuelle. C’est vrai, en tant que joueurs des débuts, sur le titre phare qu’est EVE Online, comment accueillaient-ils l’arrivée massive de jeux spécialisés dans les casques de VR ?

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« Le fait que ça puisse donner envie aux personnes de jouer à ces jeux pourrait les amener à ensuite rejoindre les serveurs de EVE Online. C’est intelligent dans les deux sens, puisque ça peut permettre de gagner beaucoup de joueurs sur tous les serveurs. »
« Si ça avait été possible de jouer sans VR ça m’aurait intéressé, mais là non. »
« Les nouveaux jeux de CCP ne sont vraiment pas pour le même public que EVE Online. Ca ne nous intéresse pas. »
« La diversification chez CCP, c’est bien, surtout si ça leur évite de faire des bêtises sur EVE. »
« Je trouve ça fou que CCP ait décidé de se lancer dans VR. C’est précurseur et c’est une bonne chose. »

Des avis mitigés donc, qui montrent à quel point la réalité virtuelle va devoir faire ses preuves pour s’intégrer, même chez les joueurs les plus assidus et fidèles. Cette table ronde m’a permis de découvrir une communauté, des joueurs intéressants et intéressés qui aiment véritablement l’univers autour de EVE et qui n’hésitent pas à dépenser toutes leurs économies pour venir en Islande.
« Au début, c’est comme si on donnait un instrument ou une palette de couleurs au joueur. Il faut lui faire comprendre qu’il faut persévérer et non se décourager pour finir par prendre du plaisir » m’expliquait notamment un vétéran du titre.

J’ai passé le reste de ma journée à rencontrer des gens de chez CCP ou à assister à des conférences. Morgan Godat, avec qui j’avais pu brièvement échanger le jour d’avant, m’a accordé un peu de son temps afin de parler de Project ARENA et de réalité virtuelle. C’est une personne fascinante, qui pense véritablement que le futur du jeu vidéo se trouve dans cette nouvelle technologie. Son enthousiasme à l’égard des casques comme l’Oculus Rift ou le HTC Vive est enivrante et donnerait presque envie d’y croire au moins autant que lui. Lorsque je lui ai parlé de ma conversation avec Hilmar, le CEO de CCP, et le fait qu’il m’ait avoué que Project ARENA pourrait devenir un véritable sport et non seulement un e-sport, Morgan Godat a acquiescé et m’a avoué « Bien-sûr puisque ce jeu utilise une partie physique très importante. On veut donner la possibilité aux joueurs de s’insérer dans un sport virtuel tout en acceptant le fait qu’il leur faudra avoir la capacités physiques nécessaires pour y jouer. »

Mais le fait le plus intéressant, c’était de connaitre son opinion sur la VR. Je lui ai fait comprendre que je trouvais cela un peu gadget pour le moment et surtout bien trop cher pour les foyers avec des revenus normaux. Sa réponse ne s’est pas faite attendre. « Pour l’instant nous avons surtout besoin de s’approprier et d’apprendre ce qu’est la VR. Les gens peuvent rester devant un écran de smartphone s’ils le souhaitent. La VR est un futur que je veux absolument voir, beaucoup plus immersif et intéressant que ce que nous avons vu jusqu’à aujourd’hui. Quant au prix, ce n’est pas moi qui le définit mais même si c’est trop cher, c’est parce que c’est quelque chose de nouveau et il faudra voir comment cela évolue avant de dire si oui ou non c’est une perte de temps. »

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Il était environ 18 heures et j’étais exténué. Mais, c’est au moment où je pensais pouvoir m’effondrer sur mon lit qu’on m’annonça qu’avait lieu le célèbre « Pub Crawl » du Fanfest. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cet événement, c’est simplement le fait de faire la tournée des bars du centre de Reykjavik en compagnie des membres de CCP. La nuit allait être courte mais j’allais pouvoir faire connaissance avec mes amis journalistes venus d’autres pays. Après plusieurs bières, mon anglais était plus instinctif. J’évoquais EVE avec un groupe d’Allemands qui m’expliquaient que dans certaines écoles, le jeu était une religion et qu’il permettait de créer des groupes spécifiques. On devenait amis avec le jeu. Il suffisait de dire qu’on y jouait, de donner son pseudo et le tour était joué. Pour eux aussi, la réalité virtuelle était un gadget et les journaux allemands ne s’intéressaient pas vraiment à cette technologie, privilégiant par exemple la future PS4.5 ou les nouvelles cartes graphiques Nvidia.

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« Merci à CCP d’apporter tant à notre pays. » Ólafur Ragnar Grímsson

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Le lendemain, ma journée se résumait à rejoindre des tables rondes de joueurs mais surtout à assister à la cérémonie de fermeture du Fanfest. Un moment incroyable. Alors que je pensais voir les membres de CCP défiler les uns après les autres pour nous remercier et résumer rapidement ce qui avait été annoncé, c’est en réalité…le Président de l’Islande qui est arrivé. Le chef d’Etat islandais, âgé de 73 ans, est en fonction à ce poste depuis le 1er août 1996. Ólafur Ragnar Grímsson, puisque c’est son nom, est arrivé sur scène, totalement décontracté, pour parler de CCP et du Fanfest. On sent que le jeu créé par Hilmar Pétursson est très important économiquement au sein du pays. Il a permis de créer de nombreux emplois et de développer le tourisme au sein de la capitale Islandaise mais également ses alentours. Les gens sont redevables à CCP Games et même le Président avoue qu’il doit beaucoup au jeu vidéo. Imaginez François Hollande à la Paris Games Week annoncer que la France est redevable à Ubisoft Montpellier. Les différents membres de CCP défilent après le discours du Président et remercient chaleureusement tous les fans et les journalistes de leur présence, appuyant leurs paroles par des photographies et vidéos sur l’écran derrière eux.

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Plusieurs salves d’applaudissements plus tard, le salle se vidait pour laisser place à la nostalgie et aux souvenirs de trois journées mémorables. Pour terminer en beauté, un concert était organisé au Harpa le soir même et un groupe de Metal Islandais assurait la première partie tandis qu’un DJ Electro s’occupait de faire danser les couches tard.

Le EVE Fanfest est donc, au delà d’un salon sur les jeux de CCP Games, une expérience unique, un moment doux et étrangement plaisant à vivre et la preuve que le jeu vidéo est un art qui surprend par sa puissance communautaire. Si vous doutiez que l’on pouvait se faire des amis à bord de son vaisseau en parcourant la galaxie, vous aviez tord. Rendez-vous en 2017 pour une seconde salve, aussi belle soit-elle.

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