Dossier

Sélection : Les cinq BD qu’il ne fallait pas manquer en janvier

bande dessinée

Par Jules le

Tout un tas de nouvelles résolutions ont été prises cette année. Notamment celle de vous faire découvrir plus d’ouvrages graphiques pour étoffer votre bibliothèque et égayer vos soirées au coin du feu ou vous faire oublier quelques instants la froideur des transports en commun. Nous avons donc légèrement retouché nos sélections de bandes-dessinées et comics. Elles contiendront moins d’ouvrages, mais paraîtront désormais tous les mois. Ce qui au final fait plus de BD traitées durant une année, et donc plus d’idées pour vous.

The Golden Path (One Shot)

Difficile de ne pas voir un hommage vibrant au cinéma d’action hongkongais qui a envahi les rayons des vidéoclubs (pour les plus jeunes, imaginez Netflix mais en physique) dans les années 90 jusqu’à son déclin lors de la rétrocession de Hong-Kong à la Chine. Mais la force de l’ouvrage imaginé par Baptiste Pagani est qu’il ne met pas en scène un héros classique. En effet, l’auteur dépeint la dureté de cette tranche du 7e Art à travers les yeux et les muscles de Jin Ha, une jeune femme passionnée de kung-fu qui rêve de devenir cascadeuse. Un récit en deux temps, soufflant tour à tour le bonheur et le désespoir, la joie et la tristesse, qui dépeint les coulisses d’une industrie insatiable. Le tout sublimé par un superbe coup de crayon et une mise en scène intelligente.

The Golden Path, par Baptise Pagani (scénario et dessin), chez Ankama sous le Label 619. Sorti le 11 janvier, 19,90 euros.

The Old Guard (Tome 1)

Quel plaisir de retrouver Greg Rucka dans son nouvel univers bourrin à souhait. Surtout après un Black Magick somme toute sympathique mais plus calme. Pour The Old Guard, le scénariste du non moins bon Queen & Country s’est associé à Leandro Fernandez pour donner vie à une bande de mercenaires immortels. En effet, Nicky, Boocker, Andy et Joe parcourent les champs de bataille et le monde depuis des centaines, voire des milliers d’années sans jamais réussir à passer “de l’autre côté”. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé au fil des ans. Mais lorsqu’ils tombent dans une embuscade, ils découvrent l’existence d’un cinquième immortel et décident de prendre contact avec lui. Dans The Old Guard, l’immortalité n’est pas tant un ressort scénaristique qu’un prétexte pour Greg Rucka de laisser parler la poudre le long des 176 pages de ce premier tome. Une épopée bourrine, qui n’oublie pas de faire réfléchir le lecteur par moment, superbement mise en scène par le dessinateur argentin, qui a fait un travail incroyable sur la colorisation. Bref, de temps en temps, ça fait du bien.

The Old Guard, tome 1 par Greg Rucka (scénario) et Leandro Fernandez (dessin), chez Glénat. Sorti le 9 janvier, 16,95 euros.

Les Bêtes sauvages (One Shot)

Pour mettre en scène la vie d’adolescents désœuvrés, en constante quête de repères à un âge où règne l’incertitude, Loïc Godart a décidé de flirter avec l’onirique, le fantastique. Les Bêtes sauvages détonne aussi bien dans son propos que dans son dessin. Le choix d’un trait fin renforce l’humanité des personnages et leur offre une véritable crédibilité. Au départ, on voit avec une certaine mélancolie deux adolescents réfléchir, deviser et planifier leur première fois. Mais cet épisode de vie, qui reste l’un des plus marquants de cette période, va être troublé par une invasion soudaine d’animaux sauvages. Les deux tourtereaux vont devoir composer entre leurs propres sentiments, et la société environnante qui sombre un peu plus dans la violence et la folie à chaque instant. Une oeuvre poignante et intelligente qui ne vous laissera pas indifférent.

Les Bêtes sauvages, par Loïc Godart (scénario et dessin), chez Ankama. Sorti le 18 janvier, 15,90 euros.

White Spirit (One Shot)

White Spirit est un présage. Un indice sur le produit que vous allez utiliser comme nouvelle lotion oculaire après la lecture de l’ouvrage du même nom édité par Delcourt. Pas qu’il soit mauvais, loin de là. L’histoire imaginée par l’humoriste Dédo est drôle, emplie de cynisme et d’irrévérence. Mais on est là en face d’une plongée à pieds joints dans l’humour noir et gore. On est témoin de la descente aux enfers de Pascal, un trentenaire parisien qui à l’issue d’une séance de spiritisme se retrouve avec un “démon farceur” sur le dos. Attention, on ne parle pas d’un sidekick rigolo façon Luci dans Désenchantée. Non, Dédo met en scène une bête qui va se révéler être une véritable purge. Une noirceur appuyée par le coup de crayon en noir et blanc de Weldohnson, qui multiplie les traits arrondis, les visages cartoonesques et les cases sombres.

White Spirit, Dédo (scénario) et Weldohnson (dessin), chez Delcourt. Sorti le 9 janvier, 16,50 euros.

Spider (Tome 1)

L’ouvrage réalisé à six mains (!) par Christophe Bec, Giles Daoust et Stefano Raffaele aurait pu être un simple polar, tout ce qu’il y a de plus classique. Il faut dire qu’il est question de drogues, de meurtres sordides et de violence. On y suit les débuts de Charlie, jeune inspectrice fraîchement arrivée dans la police de Detroit, aux côtés de John, un flic qui n’en est pas à son premier tour de piste. Mais les auteurs ont mâtiné leur récit d’un brin de fantastique, ce qui donne une saveur plus appréciable à l’intrigue. En effet, les deux comparses doivent enquêter sur la Spider, une drogue aussi étrange qu’addictive qui à la fâcheuse tendance à provoquer de sales mutations chez les consommateurs (et les rendre particulièrement violents, sinon cela ne serait pas drôle). Le premier ouvrage d’un diptyque poisseux et prenant et à la mise en scène dynamique.

Spider, tome 1 par Christophe Bec et Giles Daoust (scénario), et Stefano Raffaele (dessin). Sorti le 23 janvier, 14,95 euros.