Dossier

Sélection : Quand les remakes sont meilleurs que les films originaux

... Dépasse le maître ?

Cinéma

Par Henri le

La chose d’un autre monde/The Thing (1951/1982)

Réalisée par Howard Hawks et Christian Nyby, La chose d’un autre monde suit l’histoire d’un petit groupe de scientifiques qui découvrent un vaisseau spatial prisonnier à l’intérieur de la banquise arctique. Après avoir réussi à en extraire un corps extraterrestre pris dans la glace, ils ramènent le spécimen à leur base.

Mais la situation va évidemment mal tourner lorsque la “chose” va se libérer et menacer ainsi la vie de tous les hommes présents. Une première version de haut niveau grâce à sa réalisation précise et son méchant insaisissable.

Chef d’oeuvre de John Carpenter avec New York 1997 et Halloween, The Thing passe inaperçu à sa sortie à cause d’un certain E.T de Steven Spielberg. Quelques années plus tard, le film devient culte. Il est aujourd’hui considéré comme l’une des œuvres majeures de la science-fiction.

La réussite du film réside d’abord dans le talent de conteur de Carpenter. Le cinéaste utilise ici une science du montage implacable alliée à des cadrages directement hérités du cinéma de… Howard Hawks ! La qualité des effets spéciaux saisissants de Rob Bottin permet également de magnifier les séquences gores du film. Peut-être la meilleure oeuvre d’horreur et de SF avec le Alien de Ridley Scott.

La Totale !/True Lies- (1991/1994)

Thierry Lhermite, Miou-Miou, Eddy Mitchell et Michel Boujenah figurent au casting de cette comédie d’espionnage à la française. Potache, le film suit le quotidien de François Voisin, un agent secret que son entourage pense être un cadre aux télécoms. Mais l’homme d’action ne se rend pas forcément compte que sa femme s’ennuie.

Il va alors découvrir que cette dernière fréquente un autre homme que lui. Le récit va alors se transformer en romance d’espionnage, où adultère et agents secrets font bon ménage. Éminemment sympathique, à défaut d’être brillant.

Insolite, mais vrai, James Cameron a réalisé un remake de film français. Après avoir mis en scène Abyss et Terminator 2 et avant Titanic et Avatar, le géant du cinéma américain a effectivement travaillé sur cette relecture de La Totale ! Forcément plus ambitieux que le métrage de Zidi, True Lies ressemble à une sorte de James Bond sous amphétamines.

Même s’il s’agit de l’oeuvre la plus mineure du cinéaste (Piranha 2 est hors concours), elle reste un sacré roller coaster dominée par la séquence culte de strip-tease de Jamie Lee Curtis. Chaud et iconique.

King Kong (1933/2005)

Film phare du cinéma de l’imaginaire, le King Kong de Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack est l’un de ces films capables de dépasser le simple cadre du cinéma. Mythe à part entière, le film narre l’histoire d’une île mystérieuse où vit un gigantesque singe.

Capturée par les hommes, la créature se verra exposée puis exécutée à New York dans la séquence vertigineuse de l’Empire State Building. Une tragédie aussi poétique que spectaculaire.

Après avoir signé la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson enchaîne sur l’un de ses plus grands fantasmes. Celui de signer une nouvelle version de King Kong. Avec une compréhension totale du mythe d’origine (celui de la nature humaine symbolisée par Kong) et une virtuosité de mise en scène n’ayant que peu d’égale aujourd’hui, Jackson réalise une fresque épique. Un superbe hommage autant qu’une réinterprétation intime du classique de Cooper et Schoedsack.

 

La Colline a des yeux (1977/2006)

Après avoir réalisé 5 ans plus tôt le sauvage et polémique La Dernière Maison sur la gauche, le défunt Wes Craven crée en 1977 avec La Colline a des yeux un survival dans la lignée du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper.

Le film est principalement connu pour sa séquence d’attaque dans une caravane où des cannibales fous s’en prennent à une famille américaine tombée en panne dans le désert du Nevada. Bien que le film a aujourd’hui vieilli, son horreur réaliste et “sale” reste une référence dans le domaine du cinéma d’épouvante.

Produit par Wes Craven, le remake de La Colline a des yeux possède pour particularité d’avoir été réalisé par le français Alexandre Aja (Haute Tension). Le cinéaste reprend dans un premier temps les 40 premières minutes du film originel, avant de radicalement bifurquer vers une vision plus personnelle.

Très violente, cette nouvelle version se transforme peu à peu en revenge movie mâtiné de western. Quelques séquences, notamment ce règlement de compte final au fusil à pompe, se caractérisent ainsi par une rage graphique peu ordinaire au sein du cinéma US. L’un des meilleurs remakes de film d’horreur des années 2000/2010 avec Evil Dead.