Dossier

Les 10 films et séries à voir en avril sur Netflix

Cinéma

Par Julien Paillet le

Après un mois de mars marqué par de très bons films (Hercule, Spiderman) et par l’exclusivité Annihilation d’Alex Garland (critique ici), il est temps de faire un nouveau tour d’horizon des œuvres disponibles sur Netflix en avril.

Ce mois-ci encore, les abonnés de l’entreprise américaine pourront découvrir des métrages cultes (Sacré Graal ! The Blues Brothers,…) tout comme d’ambitieuses nouveautés exclusives au network (la relecture de la série des années 1960, Lost in Space).

Monty Python : Sacré Graal ! (1975)

Film culte par excellence, Sacré Graal est probablement l’oeuvre la plus populaire du collectif Monty Python. L’histoire suit le parcours du Roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde qui partent à la recherche du fameux Graal. Si quelques années plus tard John Boorman livrera la version terminale du mythe arthurien avec Excalibur (1981), les Monty Python en font de leur côté une sorte de farce grotesque et décomplexée. La scène avec le chevalier noir, totalement absurde, constitue à elle seule un des intérêts majeurs de voir ou revoir le film.

Il faut aussi se rappeler de la manière dont les réalisateurs Terry Jones et Terry Gilliam transcendent leur manque de moyen par des idées extrêmement inventives et surtout très drôles. Les chevaux sont ainsi ici remplacés par des montures fantômes. Un concept qui voit les acteurs mimer le fait de chevaucher l’animal, sans que ce dernier ne soit physiquement présent. L’une des meilleures comédies du genre.

 

The Blues Brothers (1980)

À sa sortie de prison, Jake Blues est emmené par son frère Elwood (également délinquant) à l’orphelinat de la Sœur Stigmata dans lequel ils ont été élevés. Ils apprennent ainsi que l’établissement catholique est surendetté et risque d’être rasé à moins de payer les arriérés de taxes foncières dans les onze jours.

Les deux frères Blues décident alors de partir en mission « pour le seigneur » et reconstituent leur ancien groupe de musique. Ils doivent avant cela retrouver la trace de chacun des musiciens. Leur quête de rédemption interpelle néanmoins la police et leur nouvelle tournée est truffée d’embuches.

Sur une idée plutôt simple, John Belushi et Dan Akroyd portent ce film plein d’énergie, bien épaulé par des stars de la musique comme Ray Charles, Aretha Franklin ou James Brown. L’occasion de profiter de scènes d’anthologie. Saupoudrez le tout d’humour et d’émotion, et vous vous retrouvez avec le film de toute une génération. John Landis nous fait ici voyager au cœur de la musique populaire américaine et rend hommage au Blues, au Rock, au Jazz et au Gospel. N’oubliez pas vos Ray-Ban !

 

Retour vers le futur (1989)

Le premier et le troisième épisode de la saga Retour vers le futur étaient déjà sur la plateforme, et le second vient de les rejoindre. Il s’agit certainement de l’opus le plus complexe en termes de narration, car il enchaine les voyages entre passé, présent (alternatif) et futur.

À peine remis de son premier voyage, la fine équipe doit repartir dans l’espace-temps pour sauver le fils de Marty, condamné à une lourde peine de prison. Mais une distorsion temporelle les propulse dans un présent où Biff Tanen… est le père de Marty (et une caricature non dissimulée de Donald Trump) !

En conservant une mise en scène inventive, Zemeckis offre à Michael J. Fox et Chistopher Loyd une aventure pleine de rebondissements. Malgré un scénario plus alambiqué, le réalisateur enchaine les trouvailles visuelles comme les Nike autolaçantes ou l’hoverboard via une scène mémorable et un humour bon enfant. Autant d’objets qui deviendront cultes par la suite et contribueront au succès de la série. Jetez-y un coup d’œil nom de Zeus !

[nextpage title= »Espionnage et drames »]

La mémoire dans la peau (2002)

Réalisé par Doug Liman en 2002, le premier volet de la trilogie Jason Bourne est un excellent film d’espionnage qui aura réussi à marquer le genre et la carrière de son interprète principal, à savoir Matt Damon. Avec son personnage amnésique poursuivi par une mystérieuse organisation, La mémoire dans la peau s’inspire tout autant du chef-d’oeuvre d’Alfred Hitchcock, La mort aux trousses, que des grandes icônes du cinéma d’action telles que John McClane et James Bond. Dans ce contexte, il est amusant de constater que, paradoxalement, la saga aura fortement influencé celle de l’espion anglais incarné par Daniel Craig. Cette dernière, qui abandonne la direction fantaisiste prise à partir de 2006 (période Pierce Brosnan), a ainsi vu son univers devenir bien plus réaliste.

Mais La mémoire dans la peau vaut également pour ses quelques scènes devenues plus ou moins cultes depuis sa sortie. Le fameux duel de sniper entre Clive Owen et Matt Damon prenant place en plein milieu de la campagne en est peut-être le meilleur exemple. La séquence est à elle seule un sommet de tension dramatique qui réussit à élever l’oeuvre au-dessus du simple tout-venant.

Cependant, c’est avec son second opus que le film ne deviendra véritablement un petit classique du cinéma d’action. Grâce à son nouveau réalisateur, un certain Paul Greengrass, alors inconnu du grand public à l’époque.


La mort dans la peau (2004)

Changement de réalisateur avec ce second opus, et changement radical de style. C’est donc Paul Greengrass qui ici succède à Doug Liman. Et impose le personnage de Jason Bourne comme l’une des nouvelles icônes du film d’action et de la culture populaire.

Au style très classique de son prédécesseur, Greengrass apporte une touche de réalisme directement héritée d’Une Journée en enfer (Die Hard 3) de John Mctiernan. Avec sa shaky-cam (caméra à l’épaule), le cinéaste dynamise ses courses poursuites et autres filatures en leur donnant une dimension que beaucoup de critiques de l’époque comparent à du “documentaire”. Une petite révolution.


La vengeance dans la peau (2007)

Paul Greengrass rempile derrière la caméra pour conclure la trilogie initiale. Forcément moins surprenante que La mort dans la peau, la mise en scène en reprend la formule gagnante en y appliquant la loi du bigger and louder.

Les morceaux de bravoure y sont donc plus spectaculaires, mais le film se montre dans sa globalité moins mémorable. Toutefois, le film restera dans l’histoire pour cette course poursuite où Bourne saute de toit en toit. Une référence instantanée qui sera reprise l’année suivante dans L’incroyable Hulk de Louis Leterrier jusqu’à la décennie suivante avec Fast and Furious 5 (2011) et Skyfall (2012).

Depuis La Vengeance dans la peau, la saga s’est déclinée au cinéma avec deux autres épisodes. Le moyen Jason Bourne : L’Héritage en 2012 et le médiocre Jason Bourne en 2016.


The Immigrant (2013)

Film le moins aimé (et le moins connu) du réalisateur James Gray, The Immigrant est pourtant un drame de très haut niveau. En 1921,  Ewa (Marion Cotillard) et sa sœur Magda arrivent à New York après avoir quitté leur Pologne natale. Mais une fois arrivée sur la terre promise, Magda est atteinte de tuberculose. De son côté, Ewa, seule et perdue dans la ville, rencontre Bruno (Joaquin Phoenix), un souteneur sans scrupule. Dans le but de sauver sa sœur, la jeune femme va alors accepter de se prostituer. Dans ce quotidien sombre et désespéré, l’arrivée d’Orlando (Jeremy Renner), un charmant illusionniste, va lui apporter un peu d’espoir. Mais très vite, un dangereux triangle amoureux va se mettre en place entre l’homme, Ewa et Bruno.

Avec son casting de stars, The Immigrant poursuit l’oeuvre de Gray avec une sensibilité et une maîtrise de la mise en scène “classique” impressionnante. Sans doute moins accessible que Two Lovers ou La Nuit nous appartient de par son rythme plus lent et son esthétique que certains jugeront trop “froide”, le métrage demeure pourtant une superbe tragédie sur la misère, l’être humain et l’amour. Marion Cotillard y trouve sans doute son meilleur rôle. Tandis que Joaquin Phoenix y est phénoménal comme à son habitude. Jeremy Renner, en magicien, se montre quant à lui exceptionnel de justesse. Un drame romanesque aussi précis qu’exigeant.

https://www.youtube.com/watch?v=EnmmI1NH5pQ

Ray (2005)

À la manière de BB King, Elvis, Hendrix, Ray Charles est une des personnalités qui a le plus profondément marqué la musique contemporaine américaine. Sorti en 2005, le film de Taylor Hackford retrace la vie de ce musicien (et chanteur) aveugle de génie, durant une carrière qui a duré plus de cinquante ans.

Sans tomber dans le pathos et la compassion facile, le long-métrage permet de découvrir la force phénoménale qui a animé l’artiste toute sa vie. L’occasion d’assister à la plus belle performance de Jamie Foxx (Django, Colateral), littéralement habité par le personnage. Sa prestation de très haut vol lui vaudra d’ailleurs l’oscar du meilleur acteur en 2005. On apprécie que l’œuvre se base avant tout sur la musique, en montrant comment ce dernier a réussi à la faire évoluer au travers des âges, de façon parfois assez visionnaire. La réalisation reste conventionnelle, mais Hackford n’omet pas non plus d’évoquer les côtés sombres de l’artiste. Une belle réussite.

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Lost in Space (2018)

Réécriture moderne de la série éponyme diffusée dans les années 60, Lost In Space fait son grand retour sur Netflix. Cette saga de science-fiction ambitieuse met en scène un monde où la colonisation de l’espace est devenue une réalité.

Sélectionnée pour avoir la possibilité de reconstruire leur vie, la famille Robinson y voit une opportunité en or. Mais confrontés à un environnement hostile à cause d’un accident spatial, ils vont devoir coopérer avec deux autres colons de fortune pour survivre. Cette aventure à des années-lumière de leur destination initiale va les mener à des rencontres inattendues.

Netflix semble avoir mis le paquet pour recréer un univers cohérent. La mis en scène qui lorgne vers Spielberg voire Scott laisse entrevoir des effets spéciaux de qualité. Sera-ce suffisant pour nous tenir en haleine pendant dix épisodes. Réponse le 13 avril prochain.


One Punch Man (2015)

Succès éclair de l’année 2015, le manga One Punch Man a également connu une adaptation en anime. Cette première saison arrive désormais sur Netflix et vaut vraiment le détour.

Jeune homme sans emploi, Saitama ne trouve aucun but à sa vie. Après avoir sauvé un enfant « à tête de cul » des pinces d’un homme crabe, il décide devenir un superhéros. Pour ce faire, il se force à faire 100 pompes, 100 squats, 100 abdos et 10 km de course au quotidien. Une méthode qui va lui permettre de devenir l’homme le plus fort du monde… Et lui faire perdre ses cheveux. Alors que l’archipel est sans cesse attaqué par des monstres géants, il lui suffit d’un coup de poing pour terrasser ses ennemis.

Sa puissance démesurée lui pose problème, car il n’arrive jamais à trouver un adversaire à sa taille. Une situation paradoxale qui fait baigner le show dans un humour vraiment original. La série bénéficie d’ailleurs d’une animation exemplaire, à faire pâlir d’autres œuvres de plus grande ampleur. Cette parodie de shonen japonais souffle un vent de fraîcheur sur le genre, et on vous la conseille fortement.

Quelques unes des sorties Netlifx pour le mois d’avril :