Après huit années de diffusion, la série The Handmaid’s Tale tire sa révérence en ce mois de mai 2025. Six saisons auront été nécessaires pour amener les aventures de June Osborn à leur terme, bien plus que le roman dont la série tire son inspiration.
La Servante Écarlate rend son tablier, non sans un épisode final qui oscille entre le désir d’apposer un point final… avant d’y ajouter des suspensions à l’approche du lancement de The Testaments. On ne compte plus le nombre de séries ayant largement déçu au moment de faire leurs adieux, The Handmaid’s Tale a-t-elle réussi son épisode final ?
Deux faces d’une même pièce ?
Dans les romans, DeFred est la lucarne par laquelle Margaret Atwood décrit son monde totalitaire. C’est à travers son regard et ses pensées que la société théocratique fondée par les fils de Jacob est dépeinte, c’est entièrement elle qui guide le récit. L’autrice américaine a fait le choix de penser son récit comme une chronique décousue d’un quotidien à Gilead, d’en faire des cassettes retrouvées des décennies après la mort de celle dont on ne connaît d’ailleurs pas le nom.
Une approche qui pouvait difficilement être retranscrite sur le petit écran, alors que l’adaptation devait multiplier les points d’entrée pour captiver son audience. L’acariâtre et mystérieuse Serena Joy devenait ainsi un autre point d’ancrage de la narration, presque autant que June Osborn. Délestée de sa canne et de son passé de cantatrice religieuse, elle devenait une personnalité politique influente, ayant accéléré l’arrivée de Gilead au pouvoir.

C’était d’ailleurs l’une des réussites les plus notables de The Handmaid’s Tale, la série est parvenue à construire leur destin en parallèle pour raconter comment elles sont, malgré leur positionnement très différent au sein de la société, les victimes d’une masculinité écrasante et toxique. Cette dernière saison renoue avec la justesse de ses aînées, ne limitant plus les interactions entre les deux héroïnes à des allers-retours incessants entre la détestation et la complicité. Dans ses dernières minutes, la série semble touchée par la grâce d’une écriture plus nuancée et donc plus impactante.
Une chaise, une table, une lampe
Passé le choc du grand final de l’épisode précédent, qui avait finalement plus la position de conclusion que ce dixième chapitre, la série de Bruce Miller prend ainsi le temps de regarder en arrière pour mieux immortaliser la fin du voyage de June et ses comparses. La série se vautre dans les bons sentiments, retrouve ses ralentis sur des compositions de violons, mais, cette fois, juste cette fois, on se laisse emporter par cette nostalgie évidente.
La mièvrerie ambiante apparaît comme un réconfort bienvenu, après avoir vu les héroïnes en proie à tous les sévices moraux et physiques imaginables. Plus que jamais, la série s’attarde sur la sororité et rend hommage aux destins croisés de ses femmes victimes et vengeresses, de ces martyres et symboles d’émancipation.

Même celles que l’on a détestées, quand la série nous procurait encore des émotions viscérales, trouve grâce à nos yeux de spectateurs contentés par un semblant de résolution. Le tout manque parfois (souvent) de subtilité, au point que deux personnages invitent June à conter son histoire de Servante (ouais, car la série s’appelle le conte de la Servante en anglais pour ceux qui n’auraient pas suivi).
Dans le même temps, on ressasse les questionnements de June concernant son couple et son avenir… avant de revenir à l’essentiel : le monde qu’elle souhaite laisser à ses filles. Toujours à la recherche d’Hannah, elle se retrouve là où tout à commencé pour entamer un nouveau chapitre de sa rébellion. Une chaise, une table, une lampe… et de l’espoir.
Nouveau Testament
Ce dixième épisode n’a pas seulement l’ambition de refermer le livre The Handmaid’s Tale, il s’évertue à préparer le terrain pour le spin-off commandé par Hulu : The Testament. Car si Boston n’est plus entre les mains de Gilead, la dictature continue d’exister dans d’autres villes. Luke est en route pour New York et June pour le Colorado. Derrière les lignes ennemies, Lydia paraît prête à voir la théocratie sous un jour nouveau. Elle s’est insurgée contre les Hauts Commandants et a tout mis en œuvre pour que Janine et Charlotte soient réunies.
Les lecteurs de la saga de Margaret Atwood le savent, ce grand final prépare surtout le début de la prochaine série. Même son de cloche pour Hannah et Nicholle qui sont confortablement installées là où la série censée se dérouler 15 ans les verra revenir sur le devant de la scène. Une préparation paiement grossière, mais la série n’en est pas à son premier impair.
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