Romans graphiques
Vincent avant Van Gogh
De Sergio Salma et Amelia Navarro, 144 pages
Publié le 18 juin 2025 chez Glénat – 24€
Plonger dans Vincent avant Van Gogh, c’est découvrir la face cachée d’un génie créatif, bien avant la folie et la légende. Sergio Salma et Amelia Navarro s’attachent ici à raconter l’enfance, l’adolescence et les jeunes années de Vincent, loin des clichés du malade tourmenté. On suit un jeune homme hypersensible, fils de pasteur, qui cherche sa voie entre foi, amour, échecs et errances professionnelles. De La Haye à Londres, de Paris aux mines belges, le personnage tâtonne, se perd, se relève, avant de trouver sa vocation artistique à 27 ans, poussé par la correspondance et le soutien indéfectible de son frère Théo.
Ce roman graphique séduit par la finesse de sa documentation et la justesse de son regard sur la construction d’un destin hors du commun. Les auteurs évitent l’écueil du pathos pour dresser le portrait d’un homme en quête de sens, passionné d’art et de littérature, bien plus complexe que l’image du peintre fou. Le dessin d’Amelia Navarro, tout en nuances, accompagne à merveille ce récit d’apprentissage, où chaque page éclaire d’un jour nouveau la genèse d’un artiste universel. On aime la capacité de l’album à rendre accessible et touchant ce parcours semé d’embûches. Pas besoin d’être comme nous, de grands admirateurs de Van Gogh pour se laisser porter.

L’Amourante
De Pierre Alexandrine, 232 pages
Publié le 18 juin 2025 chez Glénat – 26€
Dans un Paris du XXIe siècle, Zayn cherche à comprendre pourquoi Louise l’a quitté. Il découvre alors qu’elle est une amourante, créature immortelle nourrie par les sentiments que les humains cultivent à son égard. En mélangeant romance, fantastique et réflexion sur l’immortalité, le récit nous transporte dans une ambiance originale, à la fois urbaine et poétique. L’Amourante séduit par son écriture sensible, son mythe de la muse revisité, ses personnages attachants et sa capacité à questionner la nature même de l’amour. Une très belle découverte pour cet été.

Tia et le monde enfoui
De Thomas Le Petit-Corps et Gabriele Bagnoli, 88 pages
Publié le 18 juin 2025 chez Bayard Éditions – 14,90€
Sous les rues de la ville, dans le septième niveau des catacombes, vit le peuple Taupe. Tia, adolescente de cette communauté souterraine, voit son univers menacé par un chantier destructeur. Pour sauver les siens, elle décide de braver l’interdit, et part à la découverte de la surface, affrontant dangers et préjugés. S’il ne dénote pas d’autres récits initiés par la littérature jeunesse, initiés ces dernières années, ce joli one-shot jeunesse est une ode à l’amitié, à la différence et à l’écologie. On aime la richesse de l’univers, la tension de la course contre-la-montre et la galerie de personnages, tous plus attachants les uns que les autres.

Mangas
Diamond Little Boy – Tome 1
De Victor Dermo, 256 pages
Publié le 20 juin 2025 chez Vega Dupuis – 14€
Digne héritier de la culture underground, Diamond Little Boy nous plonge dans un univers où hip-hop, délinquance et humour s’entremêlent. Victor Dermo, joue les touche-à-tout, pour nous proposer un récit nerveux et authentique, porté par un trait noir et blanc percutant. On suit le jeune Diamond, tiraillé entre la rue et ses rêves, dans une fresque urbaine qui ne fait aucune concession sur la réalité sociale. On aime la sincérité du propos, la justesse des dialogues et l’énergie brute qui se dégage de chaque page. Un manga français qui ose, qui bouscule, et qui s’impose comme une vraie claque pour qui cherche une lecture hors des sentiers battus.

Rooms
De Senbon Umishima, 128 pages
Publié le 11 juin 2025 chez Delcourt – 12,99€
Aart-book somptueux, signé par l’autrice du Jardin des illusions, Rooms est un OVNI. À travers neuf pièces, Senbon Umishima nous invite à pénétrer dans des intérieurs colorés, habités par des jeunes filles et leurs animaux, chacun racontant une histoire, un univers, une émotion. L’ouvrage séduit par la douceur de ses couleurs, la délicatesse de ses compositions et la poésie qui s’en dégage. C’est un livre à feuilleter lentement, pour s’imprégner de chaque ambiance, chaque détail. On aime la capacité de l’autrice à créer des atmosphères à la fois intimes et universelles, qui donnent envie de se réfugier dans un cocon de douceur imaginaire.

Berserk – Édition Prestige (1 et 2)
De Kentaro Miura, environ 450 pages par tome
Publié le 4 juin 2025 chez Glénat – 24,90€ par tome
La saga culte de Kentaro Miura revient dans une édition prestige, grand format, qui sublime la puissance graphique et narrative de Berserk. On redécouvre le parcours de Guts, guerrier solitaire au passé tragique, dans un univers médiéval-fantastique d’une noirceur inégalée. Cette édition double volume met en valeur la richesse des détails, la violence des combats et la profondeur psychologique des personnages. Plus qu’un manga culte, Berserk s’impose comme une expérience totale : une fresque épique, sombre, où la quête de vengeance et la lutte contre le destin prennent une dimension quasi mythologique. Un incontournable, à (re)découvrir dans les meilleures conditions possibles chez Glénat.

Black Paradox – Édition prestige
De Junji Ito, 256 pages
Publié le 24 octobre 2012 chez Delcourt/Tonkam – 19,99€
Avec Black Paradox, Junji Ito livre un récit d’horreur psychologique et métaphysique, aussi dérangeant que fascinant. L’histoire débute par la rencontre de quatre inconnus sur un forum dédié au suicide collectif. Chacun porte son fardeau : Marseau, l’infirmière hantée par l’avenir, Tableau, obsédé par son double maléfique, Pitan, ingénieur effrayé par son propre robot, et Baratchi, dont le reflet la pousse à la mort. Leur quête d’une mort parfaite les entraîne dans une spirale hallucinée où la frontière entre réalité et cauchemar s’efface, dans le plus pur des esprits lovecraftiens.
Fidèle à son art, Ito possède cette faculté à installer une atmosphère oppressante, à la fois clinique et surréaliste. Le trait précis, presque chirurgical, donne vie à des visions cauchemardesques et à des mutations corporelles glaçantes. Mais Black Paradox va plus loin que l’horreur graphique : il interroge la perte d’identité, la duplication, la fuite du réel, et propose une réflexion vertigineuse sur la mort, la technologie et l’angoisse existentielle. Un one-shot indispensable pour les amateurs de sensations fortes et de récits qui bousculent les certitudes.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.