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Le Western est-il encore vivant ? De “Mort ou vif” aux “Huit Salopards”, retour sur les derniers nés du genre

Cinéma

Par Julien Paillet le

Le film événement Les Frères Sisters est sorti il y a peu. Un ambitieux projet mis au monde par le réalisateur français Jacques Audiard (De battre mon coeur s’est arrêté, Un Prophète). Tourné avec des acteurs américains, les grands Joaquin Phoenix, Rutger Hauer et Jake Gyllenhaal, le long métrage narre autant l’histoire d’une traque impitoyable qu’un somptueux voyage initiatique. Le tout en faisant le choix du western comme genre premier. Le Journal du Geek revient aujourd’hui sur quelques-unes des œuvres les plus récentes et marquantes de cette catégorie cinématographique presque aussi vieille que le cinéma lui même.

Le Vol du grand rapide ou, selon les historiens, le premier western de l’Histoire du cinéma en 1903

 

Très prolifique au XXe siècle, et quasiment morte au XXIe, la production de westerns trouve ses origines dès les premiers temps du cinéma muet. Composé à cette époque là de bandes aujourd’hui oubliées (Romance of the rails en 1903, La Caravane vers l’Ouest en 1923, Le Cheval de Fer en 1924), le genre doit traverser  près de trois décennies pour commencer à gagner ses jalons de mythe artistique et populaire.

Cripple Creek Bar Room en 1899, une production de Thomas Edison réalisée par James H. White.

C’est effectivement à partir de 1939 que l’on parle du début de l’âge d’or du western hollywoodien. Cette année impose aux yeux des spectateurs le célèbre La Chevauchée Fantastique de John Ford. Un chef d’œuvre signé par l’un des plus grands cinéastes de tous les temps, qui réussit à faire passer le genre de la série b méprisable au métrage respecté et respectable. Un exploit majoritairement dû à un scénario et un découpage à l’enchaînement rythmique captivant .

La Chevauchée Fantastique de John Ford, 1939.

Distingué par plusieurs nominations et prix prestigieux aux oscars, La Chevauchée Fantastique révèle au grand public John Wayne, l’une des futures icônes de l’Ouest américain. Un autre point capital dans la compréhension du tournant que représente le film.

Par la suite, et durant plus de vingt ans, Ford poursuit son travail et contribue presque à lui tout seul à l’élaboration de certains des meilleurs westerns jamais faits (La poursuite infernale en 1946, Rio Grande en 1950, L’homme qui tua Liberty Valance en 1962,…).

La Prisonnière du désert de John Ford, 1956. Un classique absolu et définitif du 7e Art.

A l’aide de plusieurs autres grands auteurs tels que Howard Hawks, Anthony Mann ou encore Raoul Walsh, et de la beauté procurée par le technicolor, le western acquiert au fil du temps une noblesse iconique. Dans des paysages désertiques magnifiés par la lumière du soleil où les hommes traversent des aventures âpres symbolisées par des thèmes tels que la vengeance et la survie, les histoires prennent une dimension plus complexe et universelle. Comme si l’Ouest sauvage se faisait l’écho des plus profonds tourments humains.

De cette période de western dit ‘‘classique’’, découlera par la suite au moins deux autres grandes catégories : le western crépusculaire et le western spaghetti.

La Horde Sauvage, 1969.

Le premier se veut le miroir désenchanté du genre et de la figure rayonnante du cowboy. Sam Peckinpah en réalisera l’un des meilleurs représentants avec La Horde Sauvage en 1969. Un monument à la violence paroxystique et aux anti-héros ambigus.

Le second, d’origine italienne, voit quant à lui ses codes établis par Sergio Leone avec sa trilogie du dollars et Il était une fois dans l’ouest. Des films cultes caractérisés par un style unique fait de gros plans, d’une musique souvent atypique et de duels caricaturaux.

Clint Eastwood dans Pour une poignée de dollars

Mais aujourd’hui, que reste-t-il du western ? Certains prétendent que le genre est mort. On constate pourtant occasionnellement sa présence sur les écrans. Très largement enclin aux hybridations sans nécessairement renier la représentation classique de ses débuts, le Far West américain continue en effet de vivre sous diverses formes audio-visuelles.

De Sam Raimi (Evil Dead) à Quentin Tarantino (Kill Bill), le journal du geek vous fait ainsi (re)découvrir quelques joyaux du western moderne, des années 1990 aux années 2010. Attention, sélection non exhaustive à suivre.