Aux côtés des consoles de jeu et des jouets, les jeux de société ont animé les soirées d’hiver de notre enfance. Autour de la table du salon, il y avait toujours un drame qui se jouait : le cheval renvoyé à l’écurie à quelques cases de la ligne d’arrivée (Les Petits Chevaux), la case diabolique de la rue de la Paix, surmontée de son hôtel, sur laquelle on tombait avec trois sous en poche (Monopoly), sans parler de ce dernier camembert inatteignable (Trivial Pursuit). Enfant, on a passé des heures à s’accrocher à ces pions, et chacun avait son préféré : la voiture de course, le haut-de-forme, le chien, la couleur de son cheval ou le Colonel Moutarde. Les pions ont fait partie de notre existence, mais ils restaient figés. Tout l’inverse des Pions imaginés par Capcom pour son jeu Dragon’s Dogma 2. Dans cet action-RPG, les Pions parlent, se battent, apprennent et passent, par l’intermédiaire des serveurs du jeu, d’une partie à l’autre.
Dragon’s Dogma 2 n’est pas un petit nouveau. Sorti le 22 mars 2024, il avait pour objectif de gommer les imperfections de son aîné, tout en remettant en lumière des idées remisées au placard lors du développement du premier volet. Bien que salué par la critique et plébiscité par le public (2,5 millions d’exemplaires écoulés en quelques semaines), le titre de Capcom s’est fait dévorer par son ambition, et la partie technique a sérieusement souffert au lancement. La raison ? Dragon’s Dogma 2 simule en permanence le comportement de très nombreux PNJ (routines, déplacements, réactions aux événements), auquel vient se greffer l’intelligence artificielle des Pions, particulièrement gourmande en ressources. Les créatures, de leur côté, interagissent entre elles et s’adaptent à leur environnement proche. Un peu comme un Shenmue sur Dreamcast, mais décuplé. Autant dire que dans la capitale de Vermund (fief des humains), la charge du processeur explosait. Au fil des mois, les développeurs ont déployé des mises à jour pour optimiser le jeu, et l’expérience s’est nettement améliorée. À l’heure de Dark Arisen, Dragon’s Dogma 2 affiche enfin des performances à la hauteur de ses ambitions.
Dans Dragon’s Dogma 2, le joueur incarne l’Insurgé, un élu dont le cœur a été dérobé par le Dragon. Selon la tradition, l’Insurgé est appelé à monter sur le trône de Vermund. Oui, mais voilà, la reine régente Disa en a décidé autrement. Elle nourrit l’ambition d’installer son fils à la tête du royaume et a fait couronner un imposteur, un faux Insurgé qui lui permet de gouverner dans l’ombre. L’Insurgé, le vrai, est amnésique et se retrouve à errer dans un monde qu’il doit apprendre à appréhender. Après une évasion musclée, il débarque dans la contrée de Vermund pour tenter de retrouver la mémoire. En parallèle, le jeu met face à face deux peuples qui se regardent en chiens de faïence. D’un côté, Vermund, le royaume des humains, où l’Insurgé est vénéré. De l’autre, Battahl, la nation des hommes-bêtes, bâtie sur des terres arides et hostiles. Entre complots de palais, révélations choc et créatures légendaires, la route vers la vérité est longue.
Les Pions sont essentiels dans la série Dragon’s Dogma. Provenant de la Faille, une dimension parallèle, ils servent les Insurgés en combattant à leurs côtés et en leur prodiguant des conseils. Ce sont des compagnons de route qui apprennent et gagnent en assurance au fil des parties. Derrière ce concept se cache une frustration du créateur de la saga : Hideaki Itsuno. Celui qui est resté trente ans chez Capcom (il dirige depuis 2024 LightSpeed Japan Studio, une filiale de Tencent) était lassé par les contraintes des jeux en ligne : se caler sur les horaires des copains, supporter les remarques désobligeantes dans les salons de discussion et prier pour ne pas avoir à s’absenter au petit coin pendant l’exploration d’un grand donjon. Les Pions sont sa réponse : ils donnent l’illusion d’évoluer dans un monde totalement connecté, mais sans les contraintes du jeu online. En réalité, les Pions qui accompagnent le joueur sont ceux d’autres joueurs, qui les ont façonnés, entraînés, puis laissés partir dans d’autres mondes que le leur. Le principe est génial, car il permet d’avoir des compagnons très différents en cours de partie. En adoptant ce multijoueur dit asynchrone, popularisé par Demon’s Souls et Dark Souls, Dragon’s Dogma s’est inscrit dans une veine que d’autres œuvres ont prolongée par la suite, comme Death Stranding et Elden Ring.
Comment jouer à Dragon’s Dogma 2 ?
Si vous aimez les univers médiévaux fantastiques, peuplés de gobelins, de griffons, de dragons ou encore de cyclopes, vous allez être servis. Dragon’s Dogma 2 est un action-RPG de Capcom en monde ouvert, jouable en vue à la troisième personne. Considéré comme un Skyrim à la japonaise, le jeu vous met dans la peau d’un Insurgé amnésique qui doit reprendre sa place en affrontant le Dragon qui lui a ôté le cœur. Pour parvenir à cet objectif, le joueur est libre d’explorer, d’accepter des quêtes et de traquer des créatures gigantesques et hostiles.
En début de partie, le jeu vous invite à créer votre avatar. L’éditeur de personnages est très complet, et le jeu repose sur un système de classes, appelées vocations, à choisir parmi les quatre disponibles au départ : Combattant, Archer, Mage et Voleur. Il est possible de changer de vocation auprès d’une guilde dédiée en cours de partie. Depuis les dernières mises à jour, six compétences d’armes peuvent être équipées au lieu de quatre, ce qui démultiplie le potentiel tactique de chaque style. Les combats, quant à eux, sont le cœur battant de l’aventure. Outre les attaques légères et lourdes, l’Insurgé peut s’agripper aux créatures les plus imposantes pour escalader leur dos, à la manière de Shadow of the Colossus, et frapper leur point faible. Attention toutefois, une jauge d’endurance, comme dans The Legend of Zelda : Breath of the Wild, conditionne les performances du personnage, que ce soit en matière de sprint ou d’escalade.
Vient ensuite la grande spécificité de Dragon’s Dogma : les Pions. En début de partie, on crée un Pion principal, un compagnon dirigé par l’IA, qui progresse avec nous tout au long du voyage. À ses côtés, on recrute jusqu’à deux Pions auxiliaires, qui sont les Pions principaux d’autres joueurs venus vous prêter main-forte. Il est toutefois nécessaire de prendre garde à la peste draconique. En effet, cette maladie peut contaminer les Pions, qui deviennent alors agressifs. Laissée sans soins, elle peut transformer votre fidèle compagnon en un fléau capable de décimer une ville entière. Heureusement, Capcom a depuis rendu la mécanique moins punitive, mais elle participe toujours à cette impression de monde imprévisible.
Ce qui fait le charme de Dragon’s Dogma 2, c’est que la progression ne repose pas uniquement sur des événements scriptés. Le jeu pose des règles (comportement des monstres, physique, cycle jour-nuit) et les laisse interagir entre elles. Aucune partie ne ressemble à une autre. Il n’est ainsi pas rare de se faire attaquer en chemin alors qu’on voyage en char à bœufs, ou d’être surpris par un ogre pendant qu’on s’occupe de bandits. Cette part d’imprévu reste l’une des grandes forces du titre.
Comme expliqué auparavant, à sa sortie, le jeu avait essuyé de sérieuses critiques : chutes de framerate, microtransactions mal accueillies, voyages interminables. Les mises à jour de 2026 ont largement changé la donne. Désormais, grâce à la Transpierre éternelle, vous pouvez vous téléporter à volonté. Les emplacements de sauvegarde ont été multipliés, la gestion de l’inventaire est enfin agréable et le mode Performance atteint les 60 images par seconde sur PS5 et Xbox Series. Les développeurs ont même intégré un mode Difficile pour les amatrices et amateurs de challenge. Autant dire qu’il y a de quoi faire.
Un mot enfin sur Dark Arisen, la nouvelle extension. Elle vous invite à visiter la région septentrionale de Norgan, une zone enneigée et hostile. La particularité de cet environnement réside dans une météo capricieuse, avec des blizzards qui réduisent la visibilité à néant. Le froid glaçant affecte votre endurance, ce qui vous oblige à vous couvrir chaudement. En contrepartie, cet environnement peut aussi être exploité en combat, notamment en faisant tomber des stalactites sur les ennemis. Dark Arisen met également en avant une nouveauté très appréciée de la communauté : la chasse aux reliques. Une fois rapportées à Jiera, la doyenne du village, celles-ci sont expertisées et permettent d’obtenir des armes et armures spécifiques. Cela rappelle le concept du butin de Diablo, et c’est une manière originale de redécouvrir le monde de Dragon’s Dogma 2. En parallèle, douze donjons inédits, les Rites oubliés, sont disséminés dans Vermund et Battahl.
Sur quels appareils peut-on installer Dragon’s Dogma 2 ?
Dragon's Dogma 2 est à télécharger sur PC Windows via Steam, PlayStation 5, Xbox Series X, Xbox Series S et également Nintendo Switch 2. Sur cette dernière, le jeu est proposé avec son extension Dark Arisen, tandis que sur les autres supports, vous pouvez télécharger l'extension uniquement.
Dragon’s Dogma 2 est-il payant ?
Dragon’s Dogma 2 est un jeu payant. Que vous le téléchargiez sur PC Windows, PS5, Xbox Series X, Xbox Series S ou Nintendo Switch 2, il faudra passer à la caisse. L’extension Dark Arisen peut être achetée séparément par les possesseurs du jeu de base, à l’exception de la version Nintendo Switch 2, qui réunit le jeu complet et son contenu additionnel.
Quels sont les jeux équivalents à Dragon’s Dogma 2 ?
Dans l’exploration des grands espaces, Capcom n’en est pas à son coup d’essai. Autre grande saga de l’éditeur japonais, Monster Hunter est revenu en 2025 avec Monster Hunter Wilds, un jeu qui vous invite à explorer les Terres interdites. Dans la peau d’un chasseur, vous devez arpenter cette contrée sauvage aux écosystèmes vivants, où la météo bouleverse le comportement de la faune. Observation, traque, affrontement… Chaque créature est un adversaire à part entière. Les matériaux et les ressources permettent de forger de nouvelles armes et armures pour résister à des monstres toujours plus puissants. Pour se déplacer plus rapidement, on peut compter sur le Seikret, une monture agile, et le fameux Palico, le petit félin espiègle, est également de la partie. Comme dans Dragon’s Dogma 2, l’essentiel se joue face à des créatures colossales, à la différence près que la chasse peut se partager jusqu’à quatre joueurs.
Si les grands espaces vous font vibrer, Crimson Desert est un jeu à ne surtout pas manquer. Développée par les concepteurs de Black Desert Online, cette aventure vous place dans la peau de Kliff, capitaine des Crinières Grises, une troupe de mercenaires lancée à travers le continent de Pywel. Doté d’un monde ouvert impressionnant par son échelle et sa diversité, Crimson Desert place l’immersion à son summum. Les combats, très physiques, mêlent coups d’épée, prises de lutte et environnements interactifs. Pour vous faciliter l’exploration, grappin, planeur et montures sont de la partie. Truffé d’activités annexes et doté d’une réalisation impressionnante, Crimson Desert est un jeu à l’ambition démesurée.
On termine avec un grand classique de l’heroic fantasy : Elden Ring. Devenu l’un des plus grands succès de la décennie, ce titre a été imaginé par Hidetaka Miyazaki, avec la complicité de George R. R. Martin, l’auteur du Trône de fer, la saga littéraire à l’origine de la série Game of Thrones. Le jeu vous place dans la peau d’un Sans-éclat parcourant l’Entre-terre, un royaume brisé et mystérieux. À pied ou en selle sur Torrent, vous explorez châteaux, catacombes et ruines hantées, en affrontant des boss et des ennemis d’une démesure rare. On y retrouve d’ailleurs un multijoueur asynchrone proche de celui de Dragon’s Dogma 2, dans le sens où les autres joueurs peuvent laisser une trace de leur passage à travers des messages au sol. Il est même possible d’invoquer d’autres joueurs au cœur des combats les plus redoutables. Beau, immersif et exigeant, Elden Ring est l’un des meilleurs dans son domaine.