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Impressions : Frostpunk – La haine et les glaçons

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Par Jules le

Toujours prompt à nous proposer de vivre des aventures remplies de joies, de douceur et d’autres sucreries, tel que ce fut le cas avec This War of Mine, les développeurs de 11 Bit studio nous ont demandé de venir jeter un petit coup d’oeil à Frostpunk. Une expérience qui comme d’habitude suinte la gaudriole et la bonne humeur par tous les pores, mais qui ne nous a pas laissé en froid.  

Journal du Gouverneur, entrée n°1 : Cette fin du XIXe siècle aurait pu marquer celle de l’humanité tout entière. Une nouvelle ère glaciaire s’est abattue sur la planète, décimant les hommes, femmes et enfants par centaines de millions.

Londres n’a évidemment pas été épargnée par ce cataclysme. Heureusement pour le salut de l’humanité, je suis parvenu à réunir 80 survivants, et nous sommes partis braver les terres désormais gelées en quête d’un avenir meilleur.

Working day on Ice

Journal du Gouverneur, entrée n°2 : Après une épopée qui nous a paru durer des jours, le futur, loin d’être radieux, s’est matérialisé devant nous sous la forme d’un cratère au centre duquel trône un gigantesque générateur à charbon. Silencieux et à l’arrêt, ce dernier semble en état de marche. Parfait, c’est ici que nous établirons notre ville.

Notre premier objectif est de remettre en marche le fourneau. Il faut dire que la température est de -20 C° et que le froid risque de faire ses premières victimes dans mes rangs. Coup de chance, des stocks de charbon, bois et aciers se trouvent dans le cratère, dernières traces d’une civilisation qui n’existe désormais plus. Ces réserves devraient nous permettre de tenir quelques jours, le temps de trouver un moyen de percer la glace et la croûte terrestre pour obtenir plus de ressources.

Un nouveau départ.

 

Pour cette tâche primordiale, j’ai à ma disposition de simples travailleurs qui se chargeront de récolter des ressources, et plus tard de la construction des bâtiments, ainsi que des ingénieurs. Ces derniers, en attendant de jouir d’un atelier pour y effectuer des recherches et développer de nouvelles technologies, vont également mettre la main à la pâte. En revanche, pas question de faire travailler les enfants. Pour le moment du moins.

Fraîcheur de vivre

Journal du Gouverneur, entrée n°3 : Ça y est ! Malgré une récolte des ressources ralentie par l’épaisse neige, le générateur fonctionne. Et déjà, les habitants font part de leurs revendications. La plupart réclament un toit au-dessus de la tête. J’ordonne donc l’érection de suffisamment d’abris pour la moitié de la population, ainsi qu’un atelier pour faire progresser mon arbre de recherche et une aire de lancement pour ballon-balise. Le but de cet aérostat est de faire du repérage au-delà des falaises du cratère et de lancer des expéditions.

Et tant pis pour ceux qui dormiront dehors, ils devront prendre leur mal en patience. Il est en effet impératif d’économiser nos ressources pour aborder sereinement l’avenir. D’autant que mes météorologues m’avertissent d’une chute drastique de la température dans les jours qui viennent.

“Il est temps de voir au-delà du cratère.”

Le taux de mécontentement de la population grimpe un peu, mais l’espoir reste intact. Les gens ont foi en mes décisions et savent que les temps sont durs. Il faut cependant que je fasse attention à ne pas me mettre la populace à dos, elle aurait vite fait de me destituer, voire pire.

Il est également temps pour moi de faire passer mon premier décret officiel. Mes citoyens, encore habitués par leur ancienne vie, travaillent de 9h à 18h. Pour compenser l’emploi de la moitié de mes travailleurs sur les divers chantiers de la cité, j’opte pour la mise en place d’un “service d’urgence”. Dorénavant, les hommes et femmes chargés de collecter les ressources travailleront 24 heures durant, mais ce de manière exceptionnelle. Là encore, la grogne s’est un peu accrue, mais l’espoir est stable.

L’arène de neige

Journal du Gouverneur, entrée n°6 : Deux jours ont passé. Désormais, toute ma population possède un abri. Une loge de chasseur et une cantine publique sont sorties de la glace pour enrayer le début de famine qui sévissait au sein de la ville.

La vague de froid a fait chuter la température sous la barre des -40 C°. L’absence de tours à vapeurs dans les quartiers les plus éloignés de la ville m’a empêché de diffuser la chaleur fournie par le générateur à charbon. Mes ingénieurs étaient en effet occupé à créer de nouveaux moyens de forage pour récupérer le charbon et l’acier planqués sous terre.

Extrait de l’arbre des technologies.

Résultat : la liste des malades s’allonge de jour en jour. Les citoyens me réclament un hôpital, mais l’état de nos ressources ne me permet pas d’ordonner la construction d’un tel établissement. Qu’ils prennent leur mal en patience !

Surtout qu’on a frôlé la catastrophe ! Décision a été prise de pousser le générateur au maximum pour compenser un peu la baisse drastique du mercure. Sûrement trop occupés à se plaindre ou essayer de ne pas avoir de gelures aux mains, les responsables du générateur ont oublié de surveiller la pression. Heureusement que je passais par là, car nous avions atteint les 90 %. Un peu plus, et le fourneau explosait, signant la fin de notre petite communauté.

Une expédition a également été lancée. Après avoir accompli la demande d’une famille, à savoir retrouver un père et son fils, mes éclaireurs sont revenus avec une flopée de bouches à nourrir supplémentaire. Décision est donc prise d’orienter la recherche vers de nouvelles techniques d’agriculture.

“Allez au boulot les flemmards.”

 

J’ai dû user une nouvelle fois du Livre des Lois. L’augmentation des invalides m’a forcé à décréter le travail infantile. De même, l’instauration de journée de travail de 14 heures est apparue comme une nécessité. Inutile de dire que le mécontentement à grimpé d’un coup, et que pour une fois, l’espoir a fondu comme neige au soleil. Mais que voulez-vous, à temps exceptionnels, mesures exceptionnelles.

Gel de la diplomatie

Journal du Leader suprême, entrée n°9 : Bande d’ingrats ! Je me plie en quatre pour vous faire survivre et vous trouvez le moyen de vous plaindre. Oui, il y a des morts, mais il fait -30 C° dehors, vous vous attendiez à quoi ? Et vous croyez que choisir une médecine expéditive à été une partie de plaisir ? C’est triste, mais on n’a pas le temps ni la nourriture suffisante pour permettre aux malades de jouir d’une longue convalescence.

Une décision écologique.

Eh oui, il n’y a pas de cimetière, et il n’y en aura pas. Même dans la mort, les citoyens doivent servir la cité. Leurs corps sont donc utilisés comme engrais pour les cultures. L’espoir est un peu remonté, mais le mécontentement est à un stade élevé. Hors de question de mettre en place des lieux de divertissement pour ces fainéants. Je vais durcir la présence policière pour maintenir l’ordre et… Ah, on me tape sur l’épaule pour me dire que ma session de jeu touche à sa fin.

 

Notre avis

Il est toujours difficile de juger un jeu après une prise en main d'une demi-heure. Pourtant, en plus d'être fort beau, Frostpunk se veut plein de promesses. Au jeu de gestion, il ajoute une dimension de survie fort bien pensée, et surtout pléthore de choix cornéliens dans la droite lignée de This War of Mine. Bien que l'on ne contrôle qu'une seule ville, on prend plaisir à relancer une partie pour voir comment les choses évoluent lorsque l'on adopte une politique différente. Notre session de jeu ne couvrant qu'une dizaine de jours, il nous est impossible de savoir si la recette si particulière de Frostpunk tient sur la durée. Mais connaissant 11 Bit, on a du mal à en douter.

Frostpunk sortira sur PC le 24 avril prochain.