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[Test] Resident Evil 3 Remake : un glauque-buster hollywoodien

Jeux Vidéo

Par Remi Lou le

C’est en cette période bien particulière de confinement généralisé que Capcom lance Resident Evil 3, remake de l’opus culte paru sur PSOne en 1999, un bon moyen pour relativiser sur la pandémie qui gagne le monde.

Crédits : Capcom

Si le dernier Animal Crossing : New Horizons sur Nintendo Switch s’est rapidement imposé comme le jeu de référence pour s’évader durant le confinement, ceux qui cherchent davantage d’action et de frissons se tourneront très volontiers vers le remake de Resident Evil 3, fraîchement débarqué sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Cet opus fait suite au remake très réussi de Resident Evil 2, paru il y a seulement un an. Ce Resident Evil 3 est-il, lui aussi, un digne rafraîchissement de l’opus culte de 1999, celui qui nous avait fait tant frissonner de part la menace constante du Nemesis ?

Comme un air de déjà-vu ?

Dès les premières secondes, le rythme est donné. Le titre s’ouvre avec une cinématique d’introduction qui n’est pas sans nous rappeler la situation actuelle. C’est ainsi qu’on peut voir différentes chaînes d’informations parler d’un nouveau virus apparu soudainement et se répandant comme une traînée de poudre, jusqu’à pousser le Président des États-Unis a décréter la quarantaine de la population du Midwest pour stopper sa progression. Heureusement pour nous, joueurs, la suite des événements n’est pas de remplir des attestations pour sortir faire ses courses, mais s’avère bien plus dramatique. Des émeutes commencent à se déclencher un peu partout dans le pays, et la ville de Raccoon City, épicentre de l’épidémie, devient rapidement le lieu de tous les maux. C’est dans un appartement lugubre qu’on retrouve Jill Valentine, héroïne de ce second volet, et personnage emblématique de la franchise après avoir survécu au premier épisode de la saga, et au fameux manoir d’Umbrella, où tout a commencé.

Umbrella Corp. reste sans doute l’un des fils narratifs les plus intéressants de la franchise

Tout comme le deuxième volet de la franchise, qui a eu droit à son remake l’an passé, on se retrouve donc à Raccoon City, ville de laquelle on devra tenter tant bien que mal de s’échapper avant que les événements ne s’enveniment encore plus. Mais là où Resident Evil 2 nous enfermait dans un commissariat dès le début, vous aurez un peu plus le loisir de parcourir la ville dans ce volet, sauf que vous ne pourrez pas vraiment la visiter, en raison du Nemesis. Cette créature mythique de la saga, monstre façonné dans les laboratoires obscurs d’Umbrella Corp, elle-même à l’origine du virus, avait fait frissonner bien des joueurs à la sortie de l’opus original de 1999. Indestructible, celui-ci a une dent contre vous et vous poursuivra tout au long de l’aventure, où que vous soyez. Une dose de stress en plus qui vient s’ajouter à des zombies et un bestiaire varié bien plus résistant qu’il n’y parait. Mais, avec cette nouvelle vue à l’épaule introduite avec le remake de Resident Evil 2, le titre est-il toujours aussi stressant que l’original, où les décors en pré-calculés nous faisaient lâcher une petite goutte de sueur à chaque changement de plan ? La réponse est oui.

Les confrontations avec le Nemesis sont particulièrement stressantes

Même avec sa vue TPS, RE3 maintient la peur

Bien que ce Resident Evil 3 reprenne pratiquement à l’identique le jeu d’origine (même s’il y a quelques subtilités, nous y reviendrons), il inaugure une nouvelle vue à l’épaule, laquelle a été introduite dans la saga avec le cultissime Resident Evil 4. Mais si ce dernier abandonnait clairement ses racines de survival-horror pour faire basculer la franchise vers de l’action pure, ce remake de Resident Evil 3 parvient à conserver le côté horrifique qui le définissait à l’époque. Tout comme dans le remake de Resident Evil 2 paru l’an dernier, le gameplay a été entièrement repensé pour devenir bien plus fluide et maniable. Afin de compenser cette agilité nouvellement acquise, Capcom a rendu les fameux zombies largement plus résistants. Ainsi, il n’est pas rare de devoir vider un chargeur entier sur un mort-vivant avant de le voir tomber au sol… jusqu’à ce qu’il ne se relève. Le reste du bestiaire reste également plutôt coriace, et cela, malgré l’inventaire bien fourni de nos héros et qu’on acquière au fil de l’aventure, du simple pistolet au fusil à pompe en passant par le bazooka ou le fusil d’assaut. Ces armes peuvent par ailleurs être améliorées au court du jeu, au moyen de petites caisses que laisse le Nemesis lorsqu’on parvient à l’immobiliser temporairement. Si cet opus laisse davantage la place à l’action qu’à la peur, on note quand même quelques grands moments de frayeur particulièrement savoureux.

Les héros du titre disposent d’un arsenal conséquent à disposition

Si vous aviez déjà joué au remake de Resident Evil 2, ce gameplay ne vous dépaysera pas, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de la même configuration. On note toutefois un ajout dans cet opus : la possibilité d’esquiver rapidement un ennemi avec la touche R1, mouvement impossible dans son prédécesseur direct, et qui se révèle bien pratique lorsqu’une vague d’ennemi vous assaille, ou alors lorsque le Nemesis s’approche dangereusement de vous.

Toujours aussi bluffant visuellement

Côté graphisme, pas vraiment de surprise, puisque Resident Evil 3 reprend le RE Engine utilisé l’an dernier sur le remake de Resident Evil 2, mais aussi sur Devil May Cry 5, notamment. À vrai dire, un an après, ce moteur se révèle toujours aussi impressionnant graphiquement. Le titre bénéficie de textures parfaitement modélisées, avec un haut niveau de détails, et surtout une fluidité sans faille. Bref, un sans-faute, mais l’exploit n’est pas tant du côté de cet opus que de son prédécesseur, Resident Evil 2, dont il reprend simplement l’excellent moteur graphique. Notons que nous avons testé ce titre sur une PlayStation 4 Pro, et que nous ne pouvons donc pas nous exprimer sur ses graphismes sur Xbox One, ou sur PC, lequel est généralement avantagé à ce niveau.

Les personnages sont particulièrement bien modélisés, bien qu’un peu inexpressifs

Malheureusement pour les amateurs, ce Resident Evil 3 se révèle un peu moins gore que le précédent opus. Puisque cet épisode est davantage tourné vers l’action que la peur, Capcom a fait le choix de « censurer » (sans doute involontairement) certaines animations, comme celles de démembrement. Cela est d’autant plus visible lorsque les zombies apparaissent par vague et que certains, une fois éliminés, finissent tout simplement par disparaître. Capcom a sans doute souhaité ici maintenir à tout prix la fluidité du titre au détriment de certaines animations chères au coeur des amateurs de survival horror. Un mal pour un bien, donc.

Du côté de la bande-son, et de la voix off, il convient également de noter que Capcom a fait du très bon travail. Les musiques collent parfaitement à l’action, et s’accélèrent comme il faut à l’approche d’une menace (coucou, Nemesis). Il convient également de noter que même la version française de la voix off, généralement cheap, se révèle ici très bonne. C’est parfait pour apprécier comme il se doit ce titre et se laisser imbiber de son ambiance si particulière.

Inégal et un brin trop court

Hélas, puisque cela semblait être un peu trop beau pour être vrai, ce remake de Resident Evil 3 n’est pas exempt de tout défaut. Le principal d’entre eux provient de sa durée de vie ridiculement courte. En tout et pour tout, nous avons mis environ sept heures à venir à bout du titre, tout cela en prenant abusivement notre temps, ce qui amènerait sa durée de vie à plus ou mois 6 heures pour un joueur lambda. Cela reste bien trop court pour un titre de cette envergure, un brin moins long que son prédécesseur, mais aussi moins long que le titre d’origine, paru sur PSOne. En cause, la suppression de certains passages, dont notamment celui dans le beffroi, instant culte du titre d’origine et portée disparut dans ce remake. D’autres passages, imaginés pour l’occasion, viennent aussi s’ajouter à l’ensemble, avec plus ou moins de réussite. Aussi, on note que le jeu se montre assez inégal dans l’ensemble. Si la première partie du titre est tout bonnement excellente, sans aucun temps mort et avec un level-design très inspiré, la seconde manque quant à elle de panache, et dénote franchement avec le rythme de l’ensemble. Heureusement, le titre retrouve son rythme sur la fin, mais peut-être un peu trop tard. Ce n’est pas non plus le mode multijoueur, Resistance, offert avec Resident Evil 3, qui viendra rehausser cette durée de vie trop faible, puisqu’il est en réalité bien mal fichu et clairement anecdotique.

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  • Moteur re engine, utilisé pour les jeux d'horreur resident evil 2 et resident evil 7

Notre avis

Avec des graphismes à couper le souffle, une fluidité sans égale et un rythme effréné, le remake de Resident Evil 3 sur PS4, Xbox One et PC se montre diablement efficace. S’il ne s’avère pas aussi réussi que son prédécesseur, Resident Evil 2, notamment à cause de quelques passages à vide et d’une durée de vie bien trop courte, la balade de Jill Valentine dans les rues de Raccoon City s’avère suffisamment intense et jouissive pour procurer au joueur l’effroi recherché. Et après tout, n’est-ce pas cela qu’on recherche en jouant à un Resident Evil ? Pari réussi, donc, et une belle claque visuelle comme on en fait peu. On se rêve maintenant à imaginer un remake d’autres excellents opus de la franchise avec ce moteur RE Engine, dont Resident Evil premier du nom, déjà remanié sur GameCube fut un temps, ou encore Resident Evil : Code Veronica, l’un des opus les moins connus de la franchise, et pourtant l’un des meilleurs.

En bref, foncez sur ce Resident Evil 3, d’autant plus en ces temps de pandémie, offrant de nombreuses références à mettre en perspective. De l’épouvante pure.

8 / 10
Les plus
Les moins
  • Modernise l'opus original, sans le dénaturer
  • Graphismes à couper le souffle
  • Rythme effréné
  • Le Nemesis est toujours aussi flippant
  • Trop court
  • Un peu trop porté sur l'action