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[Test] Sony A7SIII : le nouveau Roi de la nuit

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Par Remi Lou le

On a eu l’occasion de mettre la main sur le dernier hybride mirrorless de Sony pendant une grosse semaine, le tant attendu Alpha 7SIII, pensé avant tout pour les vidéastes. Voilà nos impressions !

Après d’intenses rumeurs pendant des années, le Sony Alpha 7S III s’est finalement révélé au monde au cours de l’été. Il faut dire qu’il était attendu par les photographes et surtout vidéastes, tant le Sony Alpha 7SII avait fait l’effet d’une bombe sur le secteur, propulsant la popularité des hybrides mirrorless de Sony au niveau du Canon 5D Mark II, l’ancienne ultime référence. Mais si le successeur du Alpha 7SII, débarqué cinq ans plus tard, espère continuer de faire prospérer la marque au sommet, les concurrents ont mis les bouchées doubles pour rattraper Sony et même le dépasser, à l’image de Canon et de son R5, bête de course capable de shooter en 8K, et de Panasonic avec son Lumix S1H, plein format capable quant à lui d’enregistrer en 6K. C’est donc une défaite d’emblée pour Sony, dont l’Alpha 7SIII ne filme « qu’en » 4K, néanmoins vantée comme la meilleure du marché. Est-ce suffisant pour justifier les quelque 4 200 euros demandés pour acquérir ce boîtier ? C’est ce que nous allons voir au cours de ce test !

Prise en main et Ergonomie

Le Sony Alpha 7SIII s’inscrit dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Contrairement au Lumix S1H et autre Canon R5, Sony continue d’offrir un minuscule boîtier au look très épuré, sans pour autant lésiner sur son capteur, qui reste un plein format 24×36. La prise en main reste très bonne sur ce Sony A7SIII, très léger avec 614 grammes seulement sur la balance, même si la petite taille du boîtier peut le rendre un peu disproportionné suivant l’optique qu’on y accolera. Il n’empêche que cela fait du bien d’avoir un boîtier avec de telles capacités dans un format si compact, à la différence des lourds monstres que nous proposent parfois la concurrence.

L’objectif 12-24mm paraît monstrueux devant ce petit boîtier

Mais si le boîtier ressemble à celui d’un Alpha 7III, on note de nombreux changement notables, à commencer par cet écran orientable sur rotule (enfin !) qui fera le bonheur des vlogueurs. Il s’agit, à notre sens, d’un atout non-négligeable sur ce type d’appareil avant tout dédié à la vidéo, et c’est surtout le premier Alpha 7 à en être pourvu. Mais ce n’est pas pour autant que Sony a lésiné sur le viseur, qui se dote de pas moins de 9 millions de points à 120 Hz ! Une énorme montée en gamme qui fait du Sony A7SIII l’hybride avec le meilleur viseur en terme de résolution du marché.

Enfin, du côté des divers boutons placés sur le boîtier, là aussi Sony a entrepris un grand ménage et offre à ses fans des corrections très attendues. Trois boutons personnalisables – C1, C2 et C3 – une molette avec cran d’arrêt pour choisir son mode, plus diverses molettes pour régler, au choix, l’ouverture et la vitesse, ou encore une molette dédiée à l’exposition, joystick, bouton « AF ON »… Aussi, le bouton REC est désormais placé sur le haut du boîtier, plutôt qu’à l’arrière comme sur le A7III où il était assez pénible à atteindre rapidement. Enfin, on dispose d’un double slot SD sur la droite, compatible à la fois avec des cartes standards que des CFexpress Type-A, un nouveau format de carte mémoire capable d’atteindre des débits allant jusqu’à 700 Mo/s en écriture et 800 Mo/s en lecture, et taillées pour l’enregistrement en 4K à des débits extrêmes.

Et ce n’est pas tout, car Sony a également largement modifié ses menus, qui étaient auparavant très critiqués pour leur manque de clarté, a fortiori comparé à ce que proposent Canon et Panasonic. Cette fois, l’usine à gaz s’allège franchement et les menus de ce Sony A7SIII s’inspirent largement de ceux, très clairs, de Panasonic, ce qui n’est pas pour nous déplaire. S’il y a encore quelques sections mal agencées, c’est un très grand pas en avant et l’un des problèmes majeurs des anciens Alpha 7 vient d’être globalement corrigé.

Comme un air de Lumix…

Qualité d’image

Même s’il ressemble visuellement aux autres appareils de la gamme Alpha, Sony affirme avoir « tout changé » sur cette troisième itération du Alpha S, du capteur au processeur en passant par le viseur et les réglages. Le point principal reste ce fameux capteur vanté comme étant ultra-sensible. Il s’agit d’un capteur plein format 24×36 de « seulement » 12,1 millions de pixels, soit bien en-dessous de la plupart de ses concurrents qui tournent autour des 24 millions de pixels, et loin derrière les appareils plus orientés photos qui viennent chercher les 50 millions de pixels. Mais après tout, ces quelque 12 millions de pixels – s’ils s’avéreront justes pour les photographes – font partie de la stratégie de Sony afin d’offrir au Sony A7SIII une sensibilité extrême. L’appareil est en effet capable d’une montée jusqu’à… 409 600 ISO. Véritable petite prouesse, d’autant que les images restent largement exploitables au-delà des 12 800 ISO suivant la situation, avec une excellente gestion du bruit électronique. L’appareil est littéralement capable de voir dans le noir.

Sur ce Sony A7SII, point de 8K comme le Canon R5 ni même de 6K façon Lumix S1H, mais la meilleure 4K du marché, nous affirme Sony, et il faut bien l’avouer : on est là sur de l’excellence, si ce n’est plus. Non seulement ce capteur ultra-sensible nous permettra de shooter en 4K en (très) basse luminosité, mais l’appareil est capable d’enregistrer à cette résolution à un débit impressionnant de 600 Mbit/s à 60 i/s, en 4:2:2 10 bits en interne ! Le tout, sans même montrer le moindre signe de chauffe, et sans limite de temps. Nouveauté sur ce modèle : on pourra enfin filmer en 120 i/S en 4K 30 fps, mais aussi jusqu’à 240 i/s en Full HD, soit l’idéal pour des slo-mo réussis. Cela en fait un appareil de choix pour le tournage de clips musicaux, notamment. Enfin, on retrouve de nouveaux espaces colorimétriques S-Gamut3 et S-Gamut3.Cine améliorés et l’enregistrement en HDR peut désormais se faire en mode Hybrid Log-Gamma (HLG), venant parfaire l’expérience définitivement digne d’une caméra professionnelle. Enfin, un mot sur l’autofocus, que nous avons trouvé tout bonnement excellent (et disponible également en 120 i/s). Le suivi des visages ou des yeux est tout bonnement irréprochable, et cela fonctionne même sur les animaux. Même si les vidéastes professionnels s’orienteront plutôt vers la mise au point manuelle, cet autofocus particulièrement fiable, rapide et efficace pourrait bien venir les combler.

Et puisque des images valent mille mots, voici quelques clichés capturés à l’aide de ce Sony A7SIII, avec deux optiques : un Sony FE 12-24mm F4 de la série G (par ailleurs exceptionnel) ainsi qu’un Sony FR 24-70 GM. On vous laisse admirer les résultats, et on vous invite bien sûr à vous rendre sur YouTube pour voir les premières créations vidéos réalisées avec cet appareil.

Où l’acheter et à quel prix ?

Le Sony A7SIII sera disponible fin octobre au prix de 4199 euros.

Notre avis

Avec l’Alpha 7SIII, Sony offre enfin aux professionnels de la vidéo l’appareil dont ils ont rêvé pendant tant d’années. S’il ne met pas le pied dans le terrain - encore un brin expérimental - de la 8K ni même de la 6K, le Sony A7SIII offre une 4K absolument irréprochable. Surtout, il dispose vraiment de toutes les options dont pourraient avoir besoin les vidéastes au cours de leurs tournages. Le manque d’une résolution supérieure pourrait néanmoins venir changer la donne ces prochaines années lorsque la 8K commencera à se généraliser, et à 4 200 euros boîtier nu, sa longévité est évidemment très importante (le point manquant est dû à cette absence de prise de risque). Mais qu’importe, l’Alpha A7SIII est bien le messie tant attendu des vidéastes, donnant la sensation d’un hybride 4K définitivement abouti auquel rien ne manque, ou presque. Le nouveau Roi de la nuit, c’est lui.

9 / 10
Les plus
Les moins
  • Qualité d'image globale
  • Sa sensibilité en basse lumière
  • L'arrivée de la 4K à 120 i/s
  • L'écran orientable (enfin !)
  • L'autofocus
  • "Juste" de la 4K
  • Le prix (4 200€ boîtier nu)