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[Test] Call of Duty : Infinite Warfare

Notre avis
5 / 10

Par firoste le

Même s’il continue à dominer les ventes hivernales, Call of Duty n’est pas au beau fixe. Précommandes en baisse, démarrage en berne, dérapages (le multi PC qui sépare les joueurs Windows Store des joueurs Steam), la licence phare d’Activision serait-elle en crise ?

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Si la remasterisation d’un Modern Warfare (considéré par beaucoup comme le meilleur de la série) atteste d’un opportunisme à capitaliser sur la nostalgie d’un Age d’or retrouvé, Infinite Warfare vise l’inverse : regarder vers le futur, planter les germes d’une évolution possible. Alors que les précédents Advanced Warfare et Black Ops III cherchaient, avec plus ou moins de réussite, à mâtiner le gameplay FPS traditionnel d’une nouvelle versatilité tactique, Infinity Ward s’envole pour conquérir les cieux du dogfight spatial. Sous couvert d’une guerre futuriste entre l’ONU de notre système solaire et une faction terroriste menée par un leader impassible (Keith « Jon Snow » Harrington, la plus grosse erreur de casting de tous les Call of), le jeu nous catapulte au commandement d’un cuirassé spatial, chargé de repousser l’ennemi à divers endroits stratégiques de la galaxie.

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En découle une structure plus ouverte, où il reste possible de remplir, entre deux chapitres de la campagne, des missions optionnelles. Plutôt efficaces, celles-ci se partagent entre phases d’infiltration de vaisseaux ou plateformes ennemis pour les saboter, ou baston aérienne contre des légions de chasseurs et croiseurs adverses. Simplifiés au maximum, ces dogfights n’en restent pas moins agréables par leur souplesse, et surtout, fidèles au principe originel : saturer l’écran d’effets spectaculaires et de sensations chocs pour masquer la linéarité de la progression. Si bien qu’il faut l’avouer : pendant les premières heures, on y croit.

Les cinématiques pyrotechniques s’intercalent idéalement entre deux phases de shoot, la variété des décors (on passe en quelques secondes d’une ville terrienne à un champ d’astéroïde, de la frénésie à l’apesanteur) donne une musicalité impeccable à l’ensemble. Et… ça ne dure pas longtemps. Rattrapée par ses vieux démons, la saga sombre vite au recyclage de ses premières idées, et multiplie les moments de patriotisme pesant, campé par une brochette d’endives en guise de héros et un final aberrant de ringardise. Alors qu’il tenait son sujet, Infinity Ward le transforme tragiquement en panouille de nanar, qui nous fait vite oublier son prestige premier.

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