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[Test] Chase: Cold Case Investigations – Distant Memories – CING et police [3DS]

Notre avis
6.5 / 10

Par Kocobe le

Quand le studio japonais CING a mis la clef sous la porte en 2010, j’étais particulièrement attristé. Je venais tout juste de terminer Hotel Dusk: Room 215, jeu d’enquête à l’ambiance envoûtante digne d’un roman noir. J’avais également bien apprécié Another Code: Two Memories sur DS et, à mon grand regret, je n’ai jamais eu l’occasion de jouer à Last Window: The Secret of Cape West, le chant du cygne du studio.

La reformation des anciens de CING était presque inespérée, mais elle a pourtant eu lieu cette année. D’anciens membres du studio se sont regroupés autour de Taisuke Kanasaki, la principale force créatrice derrière tous ces jeux, portés par Arc System Works qui semble avoir eu envie de redonner sa chance à ce format si caractéristique de jeux d’enquêtes.

Avoir en tête ce contexte bien particulier permet de comprendre certaines choses quant au titre dont je vais vous parler rapidement, Chase : Cold Case Investigations – Distant Memories. Ce visual novel policier sorti le 13 octobre dernier sur l’eshop de la 3DS partage avec ses aînés spirituels un chara design lisse et arrondi reconnaissable à dix kilomètres ainsi qu’un amour du texte long.

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Debout les morts

Vous incarnerez deux inspecteurs affiliés aux affaires classées de leur commissariat, Shounosuke Nanase, le chef nonchalant, et Koto Amekura, sa jeune collègue qui s’ennuie ferme dans ce secteur où il ne se passe pas grand-chose. Jusqu’au jour où cette dernière reçoit un coup de téléphone anonyme lui conseillant de rouvrir l’affaire d’une explosion dans un hôpital qui a fait un mort, classée accidentelle. La possibilité que tout cela ne soit qu’une simple façade, ce qui va pousser les deux policiers à ressortir de vieux dossiers et rappeler de vieux témoins dans la salle d’interrogatoire.

Le joueur est invité à suivre l’histoire en faisant défiler le texte. Régulièrement, le jeu s’assurera qu’il est bien sur la même piste de réflexion que les deux protagonistes en lui posant une question à choix multiple. Si les deux collègues sont entre eux, une mauvaise réponse sera sans conséquence. Mais si vous répondez mal à une question qu’on vous pose alors que vous êtes en plein interrogatoire, c’est votre crédibilité qui en pâtira. Elle est représentée par une barre sur l’écran tactile et si elle arrive à zéro, c’est le game over.

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Des poulets pas élevés en plein air

Affaire classée oblige, vous ne bougerez jamais de votre bureau et il est possible que cette ambiance confinée et ce manque de variété des situations puissent déranger certains joueurs. D’autres par contre apprécieront l’aspect « délire d’archiviste » du titre. Les héros développent des conjonctures sur des photographies, sur des témoignages, sur des intuitions, sur des rapports d’autopsie vieux de plusieurs années… Pour apprécier Cold Case Investigations, il faut vraiment accepter l’idée de se se monter le bourrichon avec les héros que l’on incarne.

Vous aurez de surcroît assez peu d’illustrations pour vous aider à constituer des images mentales de l’affaire sur laquelle on travaille. Les dialogues soignés et les personnages intéressants aident cependant à entrer dans cette histoire qui peut paraître par moments austère, y compris dans la structure narrative. On n’est pas dans du Phoenix Wright et il n’y aura pas de retournement de situation rocambolesque en cours d’enquête. Au contraire, les motivations de chacun et les enjeux de l’affaire vont se dévoiler petit à petit, comme dans une véritable enquête. Tant pis pour le drame, mais les adeptes de la sobriété apprécieront.

Notre avis

La bonne nouvelle, c’est que Chase : Cold Case Investigations – Distant Memories porte clairement en lui l’ADN de CING dans son aspect mystérieux et zen. Si l’aventure n’est pas déplaisante, on reste tout de même un peu sur sa faim à l’issue des 2 petites heures nécessaires à la résolution de cette enquête unique. Le titre ne coûte cependant que 6 euros sur l’eShop et la volonté d’Arc System Works est claire en visant petit à tous les niveaux : petit contenu, petit prix, petits moyens. Une manière sécurisée de mettre un orteil dans le bain, de vérifier s’il existe un public sur lequel capitaliser pour un éventuel deuxième épisode. Car cela est tout à fait possible, le cliffhanger de l’épilogue laisse clairement la porte ouverte à une, voire plusieurs suites. Néanmoins, il est difficile de conseiller immédiatement le jeu à un public non averti, tant il ne représente pas grand-chose pour le moment. Si d’autres épisodes venaient à suivre, la donne serait changée et je serai prêt à vous recommander une aventure de 8 heures et quatre épisodes pour 15 ou 20 euros. À vous de voir si vous souhaitez encourager le studio dans sa démarche avec votre porte-monnaie. Au final, ça sera ce facteur qui déterminera si les aventures de ces deux sympathiques inspecteurs de police seront classées sans suite, ou non.

6.5 / 10

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