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Test de Sea of Thieves : La famine pirate

Notre avis
7 / 10
Jeux-Video

Par firoste le

En manque d’exclusivité salutaire pour sa marque, Microsoft mise désormais sur le studio Rare pour lui trouver la recette miracle. Une recette à base de bateaux pirates, de monde ouvert et de coopération d’un nouveau genre. Ouvrant ainsi le bal du Xbox Game Pass (il est d’ailleurs gratuit à l’essai, si vous voulez vous faire une idée), Sea of Thieves a ainsi une sacrée responsabilité sur les épaules. Lui qui vient de se lancer sous une forme incomplète, c’était sans doute trop lui demander.

Comme beaucoup de légendes pirates, Sea of Thieves commence à la table d’une auberge. C’est là où chaque joueur(se) atterrit, après avoir décidé la taille de son équipage/navire (en solo ou jusqu’à 4 joueurs). Une taverne située sur une petite île-hub perdue au milieu d’un océan regorgeant de possibilités, et qui s’accompagne toujours des mêmes cahutes de marchands et autres donneurs de quête. Aucun guide, aucune obligation : libre à chacun(e) de décider de son destin, qu’on préfère l’exploration libre ou l’enrichissement personnel, en suivant les missions qui nous sont proposées en ville.

Ces dernières se divisent (pour l’instant) en 3 spécialités : la chasse au trésor, qui consiste à trouver la position d’un coffre enfouie dans le sable d’une île alentours ; la collecte de denrées commerciales et enfin l’affrontement d’armées de squelettes qui hantent les quelques plages et bastions abandonnés du jeu.  Soyons honnêtes : mêmes si elles permettent de se faire la main sur les mécaniques de base, ces missions s’avèrent vite saoulantes, tant elles peinent à renouveler leurs objectifs (il s’agit de quêtes Fed-ex déguisées), malgré une difficulté croissante.

Une ode au voyage maritime et la camaraderie

En revanche, niveau free-roaming, les activités peuvent s’y avérer plus variées, pour peu qu’on se laisser à la flânerie : descente en apnée dans une épave immergée, jeu de piste à base d’énigmes trouvées dans des bouteilles à la mer, assaut de fort squelette armé jusqu’aux dents, et surtout : rencontres avec d’autres équipages, qui aboutissent la plupart du temps sur d’intenses duels au canon afin de récupérer le butin de l’adversaire. Pour réussir ces objectifs, la méthodologie reste la même : une communication et coordination sans failles entre les membres de l’équipage. Chaque poste (tenir la barre, orienter les voiles, tenir la vigie, observer la carte, écoper l’eau en soute…) occupe une importance capitale et dépend des autres pour exprimer son plein potentiel, sous peine de finir par le fond en se brisant sur un esquif ou en encaissant trop de boulets catapultés par l’ennemi sur notre coque.

Mais Sea of Thieves ne se résume pas à ses seules séquences d’action. C’est aussi une ode au voyage maritime et la camaraderie, qui sait ménager de purs moments contemplatifs, grâce à une esthétique unique en son genre. Qu’il s’agisse du rendu de l’eau (sans doute le plus beau vu dans un jeu vidéo), des sensations maritimes (roulis, tangage, houle…) des changements climatiques ou encore du design sonore, Rare a effectué un travail saisissant pour reproduire l’ambiance typique des fictions pirates, et qui donne souvent aux excursions un souvenir mémorable. Encore faut-il aimer se la jouer roleplay, et pardonner au jeu ses nombreux manquements aux impératifs du genre.

Ohé, ohé, capitaines esseulés 

La grande force de Sea of Thieves est aussi sa grande faiblesse : dans les mains d’un équipage inventif et libertaire, il ménage de grands moments. Mais si on se contente de suivre ses directives, il tourne vite à vide. On sent clairement que le jeu a dû se lancer coûte que coûte, quitte à limiter ses activités au strict minimum, en attendant que le contenu s’étoffe dans les prochains mois. D’autant que son approche du multijoueur, pour le moins radicale (16 joueurs connectés sur la même instance, sans aucune règle de conduite imposée), peut parfois décourager par son manque d’encadrement.

D’autant que l’interface du jeu et son ergonomie pêchent clairement par leur rigidité et leur aridité (aucune possibilité de personnaliser un minimum sa coop). Si bien que, en quelques jours, on tourne vite en rond à répéter les mêmes activités. Le jeu manque d’alternative, d’activités compétitives entre joueurs, d’événements quotidiens uniques et surtout : de end game, celui-ci étant tout bonnement absent pour l’instant.

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se lasse

Le plus grand ennemi du jeu reste finalement le temps lui-même : Rare n’a que quelques semaines pour convaincre les vieux loups de mer qui ont écumé ses environs à fond de balle de bien vouloir rester sur ses eaux territoriales, en leur fournissant de nouveaux challenges. En l’état, le jeu ressemble à un early access qui ne dit pas son nom, et faire du rêve de piraterie une parodie de travail fordiste, où l’on accomplit des missions à la chaîne comme les heures à l’usine. Mais ce rêve n’est pas loin d’être accompli : il lui manque juste de la variété pour nous retenir dans ses filets.

Notre avis

Cette note, plutôt surévaluée par rapport à l’état actuel du jeu, a valeur de note d’espoir. Dans l’absolu, Sea of Thieves a tout du jeu de pirate ultime, tant il donne à sa philosophie une forme et un sens, à base de sensations exceptionnelles et de mécaniques coop originales et ingénieuses. Mais son contenu de lancement est si rachitique qu’il peut vite s’avérer vain à force de passer beaucoup d’heures dessus. Rare a donc du pain sur la planche pour donner à ce potentiel inouï la plénitude qu’il mérite. Prenons donc notre mal en patience, et attendons de voir si ces eaux valent la peine d’être sondées sur le long terme.

7 / 10
Les plus
Les moins
  • Une approche originale de la piraterie
  • Coop très bien pensée
  • Ambiances saisissantes (décors, sensations, design sonore)
  • Des combats parfois dantesques, parfois hilarants, avec d’autres joueurs
  • Investissement collectif et roleplay indispensable pour en profiter au maximum
  • Une communauté mal encadrée
  • Des missions trop répétitives
  • Interface et ergonomie honteuses
  • Pas assez d’options de customisation des parties
  • Pas d’enjeu si ce n’est l’achat d’attributs cosmétiques
  • Contenu à renouveler au plus vite

5 réponses à “Test de Sea of Thieves : La famine pirate”

  1. Deux erreurs dans cet article ! On peut être 32 par serveur puisque la limite n’est pas en nombre de joueurs mais à 8 bateaux par instance. Et l’end game existe bel et bien, pour cela il faut être niveau 50 en réputation dans les trois catégories. Par contre personne ne l’a atteint pour l’instant car la quantité d’expérience qu’il faut pour atteindre le niveau 50 est conséquente. On ne connait donc pas encore le contenu de l’end game mais il existe ! 😀

  2. la direction artistique est superbe par contre et c’est l’un des gros points négatifs du jeu, c’est l’absence de vie marine. pas de méduse, de tortue, de raie, de baleine, de dauphin, de poisson volant, d’orque,   de phoques/morses/otarie, d’objets flottants (tronc, algue, filet), de pnj en mer (pêcheur, pirate abandonné sur un radeau, bâteau fantôme..
    j’avoue aussi que le jeu à plusieurs est obligatoire. seul, tu te fais harceler en boucle et certaines quêtes sont quasi impossible à réaliser sans compagnon.
    autres points négatifs, la custo impossible du personnage incarné, le prix exagéré de certains objets afin d’accroitre artificiellement la durée de vie, l’impossibilité de déplacer les coffres de ressources (munitions, planches, nourritures), les animaux (poules, cochons, serpents) qui ne servent à rien à part à accomplir des quêtes commerciales.
    bref, j’ai trop le sentiment d’avoir une bêta sous la main.

  3. Comment peut-on dire qu’on sait qu’il existe alors que personne ne l’a atteint ?
    Pour rappel ils avaient dit (le staff du jeu) que la rencontre avec le kraken serait incroyable et donnerait accès à d’énormes récompenses. Il s’avère que le Kraken ne rapporte rien, et c’est juste des tentacules hors de l’eau.

  4. ce serait effectivement cool de pouvoir nager à côté des tortues de mer (comme c’est un jeu "bac à sable" c’est la moindre des choses)

  5. Si qqn l’a atteint et c’est de la ***** t’as jsute un nouveau skin des missions légendaire qui sont en fait le regroupement des 3 types de missions en une.

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