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[Test] Diluvion – Salut ! On se fait l’abysse ? [PC]

Par Corentin le

Vu une première fois à la gamescom sur le stand de Gambitious – mais si, rappelez-vous, ceux qui avaient déjà édité RunGunJumpGun – je dois bien avouer que Diluvion m’avait tapé dans l’œil. Jeu d’exploration à la direction artistique en 3D d’apparence classique, le jeu se révèle bien plus charmant que prévu lorsqu’il se met à représenter l’intérieur des différents bâtiments en vue de tranche, dans une jolie 2D simple, un peu comme on représenterait une maison de poupée. Vous incarnez le capitaine d’un sous-marin qui tentera de sortir l’humanité des profondeurs abyssales, et pour ce faire, vous irez de quête en quête, d’abri en abri, tout en gardant un œil sur vos réserves d’oxygène, de nourriture, de munitions et sur l’état de la structure de votre navire. Bienvenue dans Diluvion moussaillon !

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Des hommes et des dieux

À un moment de son histoire, l’humanité a rendu les dieux chonchons. Ont-ils oublié de leur renvoyer un poke sur Facebook ? Ont-ils proposé de partager l’addition à la fin d’un repas durant lequel les dieux ont été invités ? Non, en réalité, ils ne faisaient rien qu’à se mettre sur la tronche et du coup, les dieux ont dit « Stop. Vous saoulez, puisque c’est comme ça, hop ! Tout le monde à la flotte et on recouvre la surface d’une immense couche de glace impénétrable. Ça devrait vous calmer. » L’humanité était bien embêtée, mais une déesse un poil moins énervée que ses congénères a décidé malgré tout de leur laisser une dernière chance en cachant tout au fond de l’océan une relique qui, si elle venait à être découverte, représenterait leur carte « sortie de prison ». C’est ainsi bien décidés à sortir du congélateur, que différents capitaines de sous-marins, dont vous, vont essayer de tout faire pour mettre la main sur l’artefact en question. Ce dernier serait au fond d’un certain « passage infini » et il représentera le MacGuffin de toute l’aventure.

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Le jeu démarre et on ne peut pas dire que votre submersible soit un foudre de guerre. Il n’y a que vous et votre fidèle second, Jay, qui gère la timonerie (les moteurs quoi) à l’intérieur d’un vaisseau même pas capable de descendre sous les 200 mètres avant d’imploser. Avant même de vous atteler aux quêtes des légendes, vous devrez donc recruter un équipage digne de ce nom et améliorer votre tas de ferraille pour qu’il puisse résister aux pressions des profondeurs. Lâché dans un monde ouvert, il vous incombera de faire escale dans différentes villes et abris encapsulés qui, déjà, vous permettront de vous réapprovisionner gratuitement en oxygène.

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La vie aquatique

C’est là que la magie de Diluvion opère. À chaque fois que vous aborderez un navire échoué, un abri ou même à chaque fois que vous voudrez regarder dans votre propre bâtiment, on vous affichera l’intérieur grâce à une vue de tranche en 2D où tout est dessiné de manière assez simple. Les personnages ont des bouilles adorables, le teint parfois rouge, ils tirent souvent de drôles de tronches. Au joueur de cliquer sur ceux qui souhaitent parler pour, par exemple, les recruter dans son équipage. Cependant, d’autres ne voudront pas vous rejoindre, mais simplement commercer, vous donner des quêtes ou vous dire à quel point le grog du bar n’est pas bon.

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Une fois à bord, il faudra assigner tout ce petit monde à un poste dans le sous-marin. Ils sont au nombre de quatre : timonerie (qui influe sur la puissance des moteurs), artillerie (pour tirer plus ou moins précisément et rapidement de petits morceaux de métal), torpilles et sonar. Chaque poste se focalise sur deux qualités, comme la force et l’endurance, ou bien la perception et l’intelligence, ou bien la perception et la force. À vous de trouver la bonne configuration en fonction des situations, des qualités des uns et des défauts des autres.

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Vous pouvez d’ailleurs changer les rôles à tout moment, mais attention, car en cas d’escarmouche avec un autre bâtiment, tout se fera en temps réel et votre adversaire continuera à vous canarder pendant que vous vous demandez qui de Pierre ou de Jacques devrait aller donner un coup de main aux torpilles. Heureusement, en cas d’urgence, on vous donne accès à une sorte de « bullet time » en maintenant une touche ce qui permet de réorganiser vos troupes en une fraction de seconde. Notez enfin qu’il est possible de laisser les marins dans leurs quartiers. Cela pourra se révéler utile quand le vaisseau est endommagé, car plus vous aurez de personnel oisif et plus les réparations iront vite.

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[nextpage title= »Au début, on est un peu dans les choux marins »]

Dans Diluvion, il y a une grande place laissée à l’exploration. Il y a bien une carte disponible, mais elle n’indique pas votre position. Vous devez donc vous repérer en fonction des lieux notables de la région et de votre boussole qui indique la direction de ceux que vous avez déjà visités. En cas de vrai pépin, il arrive souvent que des bancs de poissons rouges fluorescents vous indiquent le chemin. Ils n’apparaissent pas systématiquement et disparaissent au bout d’un moment. Ça sera alors à vous de garder le cap. Ce guide très bien intégré est couplé avec des bancs de poissons verts, proches des villes, que l’on peut traverser pour sauvegarder. C’est quand même mieux qu’une grosse indication « SAUVEGARDE » qui flotte dans les airs.

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D’ailleurs Diluvion est bourré de bonnes petites idées comme celle là. Elle sont cependant régulièrement gâchées par une finition globale qui laisse un peu à désirer. Certains éléments graphiques animés ne collent pas bien avec les images statiques, créant une petite rainure blanche. Il m’est également arrivé une fois de me retrouver coincé dans un mur. Enfin, si vous le pouvez, jouez en anglais car la traduction est assez scandaleuse. Certaines phrases ont même été oubliées et elles apparaissent malgré tout en français. Un patch récent semble avoir réglé un certain nombre de problèmes, mais ça reste dommage.

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Au début, on est un peu dans les choux marins

Le jeu reste dans l’ensemble assez impitoyable, notamment au début. On n’a qu’une seule bouteille d’oxygène, on court après l’argent pour acheter ne serait-ce que de quoi faire fonctionner le sous-marin (notamment la nourriture sans laquelle les marins refusent à juste titre de travailler) et l’un des premiers enjeux sera de trouver des cachettes et autres abris à piller afin de les revendre pour améliorer un peu sa situation pécuniaire. Il faudra vite prendre le pli de casser du pirate pour récupérer les trésors que renferment leurs esquifs avant de mourir de faim ou de se voir dans l’obligation de revendre les quelques torpilles que vous avez pour acheter des kits de réparations.

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Et puis, vers la moitié du jeu, tout s’accélère. Votre équipage est stable, vous trouvez régulièrement de quoi renflouer les caisses, vous augmentez vos capacités de contenance en oxygène, et en cas de problème, vous pouvez toujours revenir dans des zones précédemment visitées pour dépouiller quelques ennemis faibles. La courbe de difficulté n’est pas particulièrement bien gérée et nombreux seront les joueurs qui abandonneront dans les débuts, au moment où c’est bien galère, en se disant qu’ils n’arrivent à rien. Il manque parfois ce sentiment de montée en puissance qui donne envie de continuer et de se dépasser pour surmonter certaines difficultés. On atteint une forme de confiance en soi et en son bâtiment que vers le milieu du jeu. On n’a alors plus peur d’aller à l’aventure, le manque de nourriture et d’oxygène n’étant plus un problème permanent.

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Il est d’autant plus dur de mettre les pieds à l’étrier que manœuvrer le sous-marin n’est pas forcément une tâche aisée. En effet, le vaisseau se déplace sur trois axes : horizontal, vertical et en avant. L’assignation des touches initiale ne sera pas forcément idéale pour tout le monde et certains préféreront même jouer au pad – ce qui, en ce qui me concerne, n’a pas fonctionné du tout. Ceux qui voudront se lancer dans l’aventure auront donc tout intérêt à configurer avec soin leurs touches afin d’aborder cette petite épopée avec la plus grande sérénité. Ils en baveront suffisamment comme ça au début.

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Notre avis

Diluvion propose une petite aventure entre 8 et 10 heures tout à fait charmante. La gestion des ressources, de son équipage et l’exploration en fait une sorte de mélange étonnant entre Elite Dangerous et Faster Than Light assez difficile à aborder. Mais une fois son rythme de croisière trouvé, le tout fonctionne plutôt bien ! Diluvion ressemble un peu au premier Etrian Odyssey dans l’idée que chaque expédition doit rapporter plus d’argent qu’il ne doit en coûter. C’est extrêmement frustrant et on se sent réellement gringalet dans les premières heures de jeu, mais au fil du temps, celui qui s’accrochera verra son cuir se durcir et l’aventure devenir franchement palpitante. Le final assez grandiose saura également récompenser les efforts du joueur persévérant, qui pourra enfin, satisfait, se la couler douce.

Diluvion, c'est sur Steam et ça coûte 20 euros.

8 / 10