Le vidéoprojecteur a toujours eu un problème d’image. Pour profiter d’un écran géant dans son salon, il fallait généralement accepter tout un écosystème autour : une toile à fixer, une barre de son à brancher et une clé Fire TV ou Chromecast pour contourner les OS maison franchement douteux des modèles existants. Depuis quelques années, une nouvelle catégorie tente de casser ce schéma. Anker s’y est mis avec ses excellents modèles Nebula, Samsung avec son Freestyle, XGIMI avec ses modèles nomades. Epson, numéro un mondial des ventes de projecteurs depuis près de 25 ans, arrivait avec un retard un peu gênant. Il a décidé de le combler en s’offrant un partenaire bruyant : Bose.

Un projecteur très design, et un affichage XXL
Le Lifestudio Flex Plus EF-72 est le modèle haut de gamme de la gamme lancée par Epson à la rentrée 2025. Avec sa finition en chêne clair, sa base habillée de tissu gris, l’appareil ne boude pas ses finitions premiums. A le regarder de plus près, il évoque davantage une enceinte design qu’un vidéoprojecteur. On apprécie aussi le fait que son bloc optique pivote sur 180° à l’horizontale et s’incline jusqu’à 90° à la verticale, ce qui permet de projeter sur un mur comme au plafond, sans aucun support, tout en s’adaptant parfaitement à notre environnement. Pour 3,9 kg et un encombrement restreint (il tient facilement dans un cube de rangement KALAX), l’objet multiplie décidément les bons points.

Côté installation, la promesse d’Epson est largement tenue. Posé à un peu plus de deux mètres du mur de projection, le vidéoprojecteur à longue focale s’occupe de tout : mise au point, correction trapézoïdale, ajustement de l’image… il suffit de quelques secondes au démarrage pour que l’image s’ajuste automatiquement. Au quotidien, c’est franchement bluffant. Même lorsqu’il est déplacé ou réajusté en pleine utilisation, l’appareil n’a besoin que de quelques secondes pour repositionner son image, et c’est toujours parfait.
À cette distance, on obtient une image d’environ 2 m de diagonale, soit l’équivalent d’un téléviseur de près de 80 pouces. Le projecteur peut grimper jusqu’à 150 pouces en reculant à quatre mètre du mur. Bon courage pour trouver une télé de cette taille au même prix.

Une image nette, même en journée
Epson a misé sur sa technologie maison pour parfaire son image, avec le 3LCD, soit trois panneaux LCD (un par couleur primaire) éclairés par des LED rouges, vertes et bleues. L’intérêt est double. D’abord, la luminosité annoncée de 1 000 lumens vaut autant pour le blanc que pour les couleurs. Ensuite, contrairement aux projecteurs DLP à puce unique, il n’y a pas de roue chromatique, donc pas d’effet arc-en-ciel, ces petits éclairs colorés sur les contours de l’image.
Dans les faits, l’image est excellente. Couleurs éclatantes, résolution : on est loin du rendu délavé des projecteurs d’entrée de gamme. Mieux, elle reste parfaitement regardable en journée, volets ouverts. Le noir complet lui réussit évidemment davantage, mais le EF-72 n’a pas besoin d’une pièce transformée en grotte sombre pour faire le travaiL Au quotidien, c’est un avantage certain : celles et ceux qui hésitaient encore à bouder leur téléviseurs n’ont plus d’excuse.

Un bémol toutefois sur la mention « 4K PRO-UHD » qui s’affiche fièrement sur la boîte. Il ne s’agit pas de 4K native : les panneaux sont en Full HD, et Epson recourt au décalage de pixels (chaque pixel est projeté deux fois, très légèrement décalé, à grande vitesse) pour approcher la finesse d’une image 4K. À 2 m de diagonale, l’œil n’y voit que du feu.

Bose dans la boîte, mais pas n’importe où
C’est l’autre argument massue du EF-72 : le son. Epson a confié l’audio à Bose, qui a conçu deux haut-parleurs de 5 W chacun, logés directement dans le corps de l’appareil. Sur le papier, 10 W au total, ça ne fait pas rêver. À l’usage, ça suffit largement pour regarder la télé, enchaîner les épisodes ou lancer un film le dimanche soir. Les puristes qui rêvent d’une vraie installation home cinéma passeront par le port HDMI ou par une connexion Bluetooth pour ajouter une barre de son. Les autres pourront s’en passer sans trop de problème.

On a installé le projecteur dans un meuble ouvert à l’arrière. Résultat : le son a tendance à s’échapper vers l’arrière plutôt que vers le canapé. Mieux vaut donc le poser dans un meuble fermé, ou sur une table basse, pour qu’il file dans la bonne direction. Chez Epson, le son reste prisonnier du châssis. Rien de très handicapant au quotidien : le vidéoprojecteur est relativement silencieux, et lorsqu’il était positionné derrière nous, aucun souci pour profiter de notre bande-son.
Côté logiciel, en revanche, c’est un san-faute. Le EF-72 tourne sous Google TV, et l’interface est d’une fluidité exemplaire. Netflix, Disney+, Prime Video : tout fonctionne nativement, vite et bien. C’est loin d’être un détail, quand on sait que nombre de projecteurs d’entrée de gamme ne disposent toujours pas d’un OS digne de ce nom, nous obligeant à brancher une clé à côté. Ici, ni Chromecast ni Fire TV Stick.


Côté jeu vidéo, il faudra jongler entre nos différentes consoles pour occuper l’unique port HDMI du vidéoprojecteur. A condition de bénéficier d’une connexion stable, on peut jouer sereinement tant qu’on ne vise pas l’e-sport. Le projecteur gère l’ALLM, qui bascule automatiquement en mode faible latence quand une console est détectée. Pour ce prix, la qualité est au rendez-vous, mais c’est franchement dommage. On aurait apprécié plus de connectique vu le positionnement du vidéoprojecteur.

Prix et disponibilité
L’Epson Lifestudio Flex Plus EF-72 est disponible en finition chêne à 1350 €. Pour un budget plus serré, le Flex EF-71 reprend le même design en blanc, mais en Full HD, avec 700 lumens et sans éclairage d’ambiance.





