Test

[Test] Hatred : Pas vraiment une tuerie

Sang saveur ?

Notre avis
5 / 10

Par Henri le

Car c’est bien là le principal problème d’Hatred. Malgré des maps plutôt inspirées, l’objectif ne change jamais. Il consiste à massacrer une centaine de civils ou plus, puis un nombre donné d’officiers de police et de militaires. Et… c’est tout. Les objectifs secondaires n’apportent absolument rien (si, une vie en plus) puisqu’il faut juste tuer d’autres badauds.

Cette répétitivité enlève peu à peu l’aspect choquant tant vanté par le titre. On peut être outré de devoir égorger quelqu’un pour récupérer de la vie la première fois, mais ces saynètes perdent toute leur efficacité après une cinquantaine de visionnages. C’est l’aveu de faiblesse d’Hatred : pour véritablement choquer, la violence doit avoir du sens.

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Le jeu a beau avoir été comparé à GTA et consorts pour sa cruauté, il ne dérange jamais vraiment. Au travers de ses exécutions ultra brutales, un titre comme Manhunt donnait à voir, à jouer et même à réfléchir. Si l’on n’y tuait pas des innocents, le choix du degré de violence de chaque élimination nous poussait dans nos instincts les plus primaires. La tension et l’atmosphère poussaient au vice, et le gameplay tentait donc de nous dire quelque chose. Ce n’est pas le cas d’Hatred, dont le nihilisme ambiant cache surtout l’absence de scénario. Il y avait pourtant des choses à raconter ou, pourquoi pas, à dénoncer (accès aux armes, dérive psychologique du héros…).

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Est-il pour autant un produit dangereux, censé pervertir les jeunes les plus fragiles ? C’est ce que le design général du héros (une vision fantasmée d’un Rambo metalleux) ou les insinuations faites sur les développeurs laissaient penser. Mais ce n’est pas vraiment le cas. En effet, les cut-scenes qui segmentent les niveaux sont ridiculement drôles quand on les prend au second degré. Le titre nous gratifie même de la fin la plus absurde qui soit (attention spoiler). Et que dire de la lourde référence du prix de vente (16,66€) ? Ces stupidités font de Hatred un jeu comparable aux nanars ultra-gore « qu’il faut avoir vu ». Hormis les personnes les plus sensibles, personne ne s’en souviendra vraiment.

Notre avis

Alors qu’il disposait de véritables atouts, Hatred ne convainc jamais vraiment. La faute à un gameplay imprécis, mais surtout à un manque flagrant de diversité. La répétitivité de l’action finit par annuler l’aspect sulfureux du titre, qui aurait pu faire polémique s’il avait bénéficié d’une véritable écriture.

5 / 10