Trois ans après l’affront technique des versions Écarlate et Violet sur Nintendo Switch, la franchise Pokémon est-elle capable de se faire pardonner ? La réputation des petits monstres de poche a pris un sacré coup, si bien que les attentes des joueurs sont plus élevées que jamais : de quoi faire du lancement de Légendes Pokémon Z-A un événement majeur. Pour beaucoup, c’est ici et maintenant que tout se joue.
Game Freak ne peut plus rater le coche au risque de perdre la confiance des joueurs une bonne fois pour toutes. Les développeurs ont donc mis toutes les chances de leur côté pour tenter de remonter la pente : entre une période de développement prolongée et le gain en puissance qu’offre la Switch 2, le nouveau titre cherche à tout prix à éviter les défauts d’optimisation de son aîné. Malheureusement, Légendes Pokémon Z-A s’alourdit malgré tout d’un lancement cross-gen en maintenant sa présence sur Switch 1.
Ce nouvel opus n’est donc pas le premier Pokémon next-gen, mais s’impose plutôt comme un avant-goût de ce que la licence aura à offrir sur Switch 2. Et quoi de mieux qu’une aventure inédite dans la région de la Méga-Évolution pour acter ce renouveau qu’on ne voyait plus venir. Le pari de Légendes Pokémon Z-A est-il réussi ? Voici notre verdict.
Découvrez Légendes Pokémon Z-A sur Switch 2
Alors, c’est moche ou pas ?
Dès sa première bande-annonce, Légendes Pokémon Z-A avait déjà fait preuve d’un faux pas graphique majeur : les fameuses textures plates sur l’ensemble des bâtiments. Il n’en fallait pas plus pour que les joueurs y voient un signe d’une catastrophe visuelle façon Écarlate et Violet. Sauf que, cette fois-ci, il ne faut pas se fier aux apparences. Sur Switch 2, le titre tourne avec une fluidité spectaculaire, tout en proposant des graphismes plutôt satisfaisants.

En extérieur, il est clair qu’Illumis est encore loin d’être à la hauteur des attentes des fans. On sent que la structure de la ville et le manque de détails ambiant répondent aux restrictions de puissance de la Switch 1, au détriment de la Switch 2. En ville, seuls la végétation, les squares et les différents stands de nourriture parviennent à sortir du lot. On notera également la présence de nombreux PNJ pour un ensemble plus vivant.

Toutefois, c’est en intérieur que la direction artistique de Légendes Pokémon Z-A parvient à briller. Les environnements regorgent de détails et d’effets lumineux du plus bel effet, de quoi nous offrir un meilleur aperçu de ce dont Game Freak sera capable sur Switch 2. Et si le jeu est loin de signer un sans faute côté world building, le design des créatures est véritable d’un autre ordre. Les modèles 3D des Pokémon n’ont jamais été aussi travaillés, et il en va de même pour leurs animations en combat et hors combat. Ainsi, si Légendes Pokémon Z-A est encore loin d’être parfait d’un point de vue technique, les efforts de Game Freak se ressentent et l’expérience de jeu est véritablement agréable.

Un gameplay d’action qui doit devenir la référence
Après une première expérimentation dans Légendes Pokémon Arceus, Z-A pousse l’innovation encore plus loin : les combats en temps réel sont une véritable révolution pour la franchise. Le RPG au tour par tour cède sa place à une boucle nerveuse où l’esquive et le timing sont aussi importants que les types ou les statistiques. Game Freak n’arrivait plus à offrir des combats suffisamment complexes avec l’ancienne recette, et cette nouvelle approche se montre particulièrement déroutante. Même les dresseurs les plus aguerris risquent de souffrir sur les plus petits combats, le temps de comprendre le système d’esquive.

À noter que ce passage au temps réel sert également à rendre les combats plus immersifs. On prendre plaisir à s’infiltrer lors du Royale Z-A, les Pokémon baron nous donnent du fil à retordre et les Méga-Evolution viennent pimenter le tout : que demander de plus ? Pokémon n’a jamais été aussi fun ou dynamique, si bien que Game Freak a tout intérêt à appliquer cette recette à la 10e génération, au risque d’effectuer un rétropédalage qui risque de mal passer auprès des joueurs. Aussi, comme nous l’avions pressenti dans nos previews, le cycle jour nuit et l’alternance du mode Royale Z-A se montre particulière addictive. Grimper les échelons la nuit pour faire progresser le scénario de jour impose un rythme soutenu, mais jamais épuisant, et résultat des courses, on ne veut jamais lâcher la manette.
Illumis : sympathique mais loin d’être mémorable
L’un des grands pari de cet épisode réside dans sa carte strictement urbaine, limitée à Illumis intra muros. La capitale de Kalos a été retravaillée afin d’offrir un environnement varié , avec des quartiers distincts, de nombreux biomes et reliefs, ainsi qu’un focus sur la verticalité grâce à l’exploration des toits de la ville. Et si l’on a vite fait le tour d’Illumis, la cité lumière propose néanmoins des boucles d’explorations variées : de la collecte, de l’infiltration, des quêtes secondaires, de la chasse aux Pokémon et des environnements destructibles grâce aux capacités des Pokémon. La structure du titre a été travaillée de façon à ce que de plus en plus d’éléments soient introduits au fil de l’aventure pour qu’il y ait toujours quelque chose à faire, peu importe que l’on poursuive l’histoire principale ou les quêtes secondaires en priorité.
Les Zones Sauvages deviennent rapidement plus élaborées, avec des passages secrets et autres mécaniques qui rendent la capture de Pokémon plus entraînante. Malheureusement, la ville souffre d’un manque d’identité flagrant. La plupart des quartiers se ressemblent, si bien qu’on ne les différencie jamais et qu’aucun environnement ne nous marque. Après un avoir terminé leur partie, les joueurs ne retiendront que l’ambiance parisienne et le Tour Prismatique, alors que les jeux Pokémon ont habituellement de nombreux lieux mémorables. C’est bien dommage.
Une personnalisation et une ergonomie modernisée
Le soin apporté à la personnalisation du dresseur ravira les fans : pour la première fois, les vêtements ne sont pas restreints au genre du personnage, de quoi proposer une véritable expérience fashion digne de Paris. Libre à chacun de s’exprimer à travers son avatar. La ville regorge de boutiques de vêtements dissimulées dans des passages et petites ruelles, de quoi rendre le shopping plus ludique par la même occasion, puisqu’il faudra jouer les touristes pour dénicher les pépites.

Côté expérience utilisateur au long de l’aventure, le système de gestion des équipes avec évolution sur demande et les boites accessibles à tout instant rendent la prise en main moins rébarbative. À noter que le système de quêtes secondaires s’intègre tout aussi naturellement dans la progression du scénario, qui est également l’un des atouts majeurs du titre.
Une aventure caractérisée par ses personnages et leur histoire
Légendes Pokémon Z-A tente une approche scénaristique plus approfondie qui ne manque pas de faire mouche. Outre les boucles de gameplay déjà addictives en elles même, le jeu nous pousse avant tout à revenir grâce aux personnages attachants qui ponctuent l’aventure. Leurs histoires, toutes plus efficaces les unes que les autres, permettent de proposer une expérience humaine qui vient combler au manque d’identité flagrant d’Illumis. Pour ce qui est du rythme de l’aventure et du développement du lore de Kalos, Légendes Pokémon Z-A est tout ce que l’on attendait, et plus encore.

Pour conclure, on ajoutera également que les combats Méga-Ferox (causés par le fameux phénomène de Méga-Evolution spontanée) sont une véritable réussite et viennent ponctuer le scénario d’une bonne dose d’adrénaline encore jamais vue dans l’histoire de la franchise. La lignée principale des jeux Pokémon s’offre ses premiers combats de boss et ce n’est pas pour déplaire. La licence avait désespérément besoin de se rafraîchir et Légendes Pokémon Z-A n’hésite pas à chambouler nos habitudes pour notre plus grand plaisir.
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