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[Test] Pocophone F1 : Vraiment un flagship killer ?

Notre avis
9 / 10
Smartphone

Par Henri le

Alors que OnePlus, Honor et consorts nous ont habitués à sortir des smartphones au rapport qualité/prix agressifs, voici que Xiaomi tente de s’immiscer sur le marché avec une nouvelle marque : Pocophone. Mais ce petit nouveau risque de faire parler de lui.

En quelques années, le marché des flagship killer s’est largement étoffé. Tant et si bien que certaines marques, comme OnePlus, Honor ou encore Xiaomi, se sont imposées dans le paysage en se spécialisant sur ces appareils performants, vendus moitié moins chers que leur concurrent plus prestigieux.

Mais une fois correctement installées, elles ont eu tendance à légèrement augmenter leur tarif en recréant une hiérarchisation des prix à l’intérieur du milieu de gamme. Conscient que de plus en plus de clients se tournaient vers ces modèles, Xiaomi a décidé d’utiliser sa puissance de frappe pour tenter de redistribuer une nouvelle fois les cartes. C’est via une toute nouvelle marque que le géant chinois lance son offensive : Pocophone.

Lancé sur le marché indien en août 2018, ce smartphone doté d’une fiche technique impressionnante a, sur le papier, tous les atouts pour bousculer le marché. Son tarif de 329 euros (369 -30€ d’ODR, mais beaucoup moins si l’on sait chercher) étant évidemment son plus grand atout.

Le Pocophone F1 au meilleur prix

Design et Écran

Le Pocophone F1 n’étonnera personne par son design et suit la tendance actuelle des smartphones milieu/ haut de gamme. Il n’est pas laid pour autant. La face avant est occupée à plus de 80 % pour un écran IPS de 6,18 pouces au format 18,7 :9. Sa luminosité est bonne, et rend possible la lecture même en plein soleil. La définition Full HD+ (2246 × 1080 pixels) est idéale pour ce type de dalle. Pocophone n’a certes pas choisi de dalle AMOLED, mais les contrastes et la colorimétrie restent maitrisés.

On remarque la présence d’une encoche plutôt large sur la partie supérieure. La face arrière est recouverte d’un gris plutôt solide qui ne marque pas excessivement les traces de doigt. Le nom de la marque est inscrit en bas. Une version en kevlar existe et lui confère un peu plus de style. Vous l’aurez compris, le design n’est pas la partie sur laquelle la firme a passé le plus de temps. Notons cependant que la coque en plastique fournie avec ce dernier est bien conçue et lui va particulièrement bien.

On apprécie la simplicité de la conception générale. Le lecteur d’empreinte placé sous le double APN tombe bien sous le doigt tandis que les boutons d’allumage et de volume sont idéalement placés. On retrouve un port USB type-C pour la recharge ainsi qu’un jack 3,5 mm (de bonne qualité) pour la musique. Le haut-parleur « stéréo » est efficace bien qu’une grosse partie du son provient des sorties de la tranche inférieure.

Si les 64 Go/128 Go de stockage ne vous suffisent pas, sachez qu’il est possible d’insérer une microSD à la place de la seconde carte SIM. La construction du téléphone ne lui confère toutefois pas de certification d’étanchéité. Une concession largement acceptable dans cette gamme de prix.

Hardware et performance

Ne tournons pas autour du pot. La fiche technique du Pocophone F1 est impressionnante pour le tarif affiché. Vous n’aurez donc aucun problème de performance, même sur les applications les plus lourdes. La combinaison du SoC Snadragon 845 et des 6 Go de RAM permet de profiter d’une fluidité a toute épreuve.

Mais ce n’est pas tout, la dernière puce de Qualcomm, qui embarque un GPU Adreno 630, contentera les gamers les plus exigeants. Aucun titre actuel ne lui résiste. Idéal pour des parties de PUBG, Mortal Kombat et autres titres gourmands, au plus haut niveau de détail. Ce F1 vous ouvre grand les portes du Play Store.

Cerise sur le gâteau, il chauffe peu. Une courte session de jeu ou un mitraillage photographique intense ne font pas monter la température à un niveau gênant. La marque en effet intégré un système de refroidissement liquide plutôt efficace. C’est du tout bon.

On déplore malgré tout l’absence d’une puce NFC, pourtant présente dans la majorité des smartphones milieu et haut de gamme française. Si son utilisation reste encore limitée, le paiement sans-fil (on pense aussi au prochain e-ticket de la RATP) se démocratise doucement.

Le Pocophone F1 avec le Honor Play (à gauche) et le OnePlus 6 (à droite). La luminosité est au niveau moyen.

L’appareil est compatible avec la 4G LTE sur la majorité des fréquences utilisées en France (B1 / B3 / B5/ B7 / B8 / B20) à l’exception de la bande B28 700 MHz. C’est dommage, mais cette dernière reste peu utilisée actuellement. Il faut également savoir que le smartphone ne prend pas en compte le DRM Widevine L1, ce qui signifie que vous ne pourrez pas profiter de la définition maximale sur des services de streaming comme Netflix ou Amazon Prime Video.

On le regrette, mais il faut se poser la question de l’utilisation intensive ou non de son smartphone sur ces plateformes. D’autant que la définition standard est parfaitement compatible et livre un résultat convaincant sur ces petites dalles (sur des séries animées, difficile de voir la différence).

Photo

La photo est-elle le point faible de ce smartphone qui remplit pour l’instant toutes les conditions du succès ? Pas tout à fait. S’il n’est certes pas équipé des mêmes capteurs que le très haut de gamme, le F1 dispose d’un double module 12 Mpx + 5 Mpx (f/1.9 et f/2.0) assez similaire au Xiaomi Mi 8. Il a effectivement une tendance générale à lisser un peu trop les images, mais le rendu global en journée est agréable et exploitable.

Les couleurs sont justes et le niveau de détail appréciable. Rassurez-vous, il est possible d’enlever le vilain watermark en désactivant le « filigrane double App.photo » dans les paramètres. On note malgré tout une tendance à la surexposition malgré un mode IA, censé s’adapter aux différentes situations. Il arrive parfois que les bords de l’image en pâtissent un peu. Comme chez beaucoup de ses concurrents, le contre-jour est difficile à gérer.

Une plus faible luminosité rend la mise au point plus compliquée. On s’en sort quand même avec une image finalement pas trop chargée en grain, car le module arrive à capter assez de lumière. Le F1 fait donc mieux que la majorité des smartphones vendus au même prix sans néanmoins atteindre le niveau des meilleurs photophones, comme le Galaxy S9, le HTC U12 ou encore le P20 Pro. C’est certes une concession qui une fois encore, vous demande de vous poser la question de l’utilisation intensive ou non de l’APN.

La bonne surprise vient du module frontal, qui délivre des selfies de très bonne qualité. L’effet bokeh qui s’applique au mode portrait est efficace et délimite bien les visages. Le rendu global manque un peu d’accentuation, mais le niveau de détail est bon et contentera les amateurs de réseaux sociaux. Bonne surprise, donc.

Interface

Le Pocophone F1 tourne sous Android 8.1 et dispose de sa propre surcouche qui s’inspire à la fois du MiUI de Xiaomi et d’Android Stock. On retrouve donc les applications de l’interface Mi mais aussi un tiroir d’application divisé en plusieurs catégories (Communication, Divertissement, Outils…). On apprécie notamment la présence d’un espace supplémentaire qui permet de dédoubler une session sur le même smartphone. C’est plutôt pratique d’autant plus que l’on peut cloner les applications.

Globalement, cette interface épurée est très agréable à utiliser. Le seul défaut provient de la gestion des notifications. L’encoche ne laisse en effet pas la place à leur affichage. Vous devrez donc surveiller qu’une pastille s’affiche sur les applications concernées à moins d’activer les notifications push-up sur certaines apps. Pocophone est au courant du problème et a assuré travailler dessus. Le constructeur pourrait notamment les afficher sur le côté gauche, là où se trouve actuellement l’heure. Android P devrait par ailleurs arriver vers la fin de l’année.

Autonomie

Le smartphone embarque une batterie de 4000 mAh qui épaule bien le Snapdragon 845. L’occasion de constater que l’appareil s’en sort une nouvelle fois extrêmement bien. Le F1 arrive à tenir deux jours en usage normal, voire plus ! Il dépasse ainsi une grande partie de la concurrence. Vous n’aurez donc pas à vous soucier de votre consommation multimédia (ou gaming) dans la journée si vous rentrez chez vous le soir. La sérénité qui en découle est très appréciable, surtout si vous venez d’un smartphone à l’autonomie plutôt faiblarde.

Le F1 est compatible avec Quick Charge 3.0 et il faudra un peu moins de deux heures pour le recharger complètement (30 minutes de charge lui permettent de récupérer 36% de batterie). La marque ne s’est donc pas moquée de nous. Comme pour tout le reste.

Le Pocophone F1 au meilleur prix

Notre avis

Le Pocophone F1 est-il le flagship killer qu’on n’attendait pas ? À bien des égards, oui. Alors que OnePlus est doucement monté en gamme avec un smartphone (réussi) proposé 500 euros, le petit dernier de Xiaomi donne l’impression de remettre les pendules à l’heure sur son segment. Vendu 329 euros avec ODR, mais facilement trouvable à moins, ce Pocophone F1 affiche des caractéristiques techniques ahurissantes pour son prix. Ce n’est certes pas le plus beau, ni le meilleur en photo, mais l’autonomie et les performances qu’il propose en font un appareil de choix pour ceux qui veulent profiter de tout sans se ruiner. Une des véritables surprises de l’année.

9 / 10
Les plus
Les moins
  • Un rapport qualité/prix imbattable
  • Une très grosse autonomie
  • Un écran de qualité
  • Un capteur photo frontal convaincant
  • Pas de NFC, ni de bande B28 700 mHz
  • Un double APN arrière dans la moyenne
  • Des soucis de DRM sur Netflix en HD